samedi 24 décembre 2011

Noël...



Et la lumière est... (Genèse 1, 3)




samedi 26 novembre 2011

Sacrés portraits



Que ce soit le Christ, tel ou tel prophète, ou a fortiori Dieu, le commandement biblique interdisant de les représenter fait précisément, et de celui qui s’en prend à des images et de celui qui s’en offusque, un idolâtre lui-même, que ces images soient caricaturales, souillantes ou tout ce qu’on voudra.



« Tu ne te feras point d’image, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, en bas sur la terre, et dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces choses-là et tu ne les serviras pas ; je suis le Seigneur ton Dieu » (Exode 20, 4-5).

Le Christ, Dieu, ou quelque personnage religieux que ce soit n’est en aucun cas atteint par la caricature : ce n’est là jamais qu’un bout de papier, un bout de bois, une figure virtuelle, ou que sais-je...

Ésaïe se moquant des idolâtres l’avait bien compris. Gageons qu’aujourd’hui, il risquerait toujours sa peau ! « Blasphème » ! pour avoir dit que l'objet de vénération de l’idolâtre est un morceau de bois. « Il brûle au feu la moitié de son morceau de bois, avec cette moitié il cuit de la viande, Il apprête un rôti, et se rassasie ; il se chauffe aussi, et dit : Ha ! Ha ! Je me chauffe, je vois la flamme ! Et avec le reste il fait un dieu, son idole, il se prosterne devant elle, il l’adore, il l’invoque, Et s’écrie : Sauve-moi ! Car tu es mon dieu ! Ils n’ont ni intelligence, ni entendement » (Ésaïe 44, 16-18).

Après, il y a une marge entre se ridiculiser par une manifestation inutile à propos d’images profanées et l’acte violent, la menace physique ou son exécution !… Passage où l’idolâtre devient meurtrier…

RP



jeudi 24 novembre 2011

Psaumes. Relectures et transpositions




I

Entre joie et silence


D’abord, il y a la sortie d’Égypte. Et un chant de triomphe à la gloire de Dieu…

Exode 15
1 Alors, avec les fils d'Israël, Moïse chanta ce cantique au SEIGNEUR. Ils dirent :
« Je veux chanter le SEIGNEUR,
il a fait un coup d'éclat.
Cheval et cavalier,
en mer il les jeta.
2 Ma force et mon chant, c'est le SEIGNEUR.
Il a été pour moi le salut.
C'est lui mon Dieu, je le louerai ;
le Dieu de mon père, je l'exalterai.
3 Le SEIGNEUR est un guerrier.
Le SEIGNEUR, c'est son nom.
4 Chars et forces du Pharaon,
à la mer il les lança.
La fleur de ses écuyers
sombra dans la mer des Joncs.
5 Les abîmes les recouvrent,
ils descendirent au gouffre comme une pierre.
6 Ta droite, SEIGNEUR,
éclatante de puissance,
ta droite, SEIGNEUR,
fracasse l'ennemi.

[…]


Un Psaume d’Exode — à l’inverse des Psaumes d’exil (cf. Ps 137).

Aucune institution des chantres au livre de l’Exode.


L’institution des chantres, parmi les lévites — relève du temps de la royauté :

1 Chroniques 6
31 Voici ceux que David établit pour la direction du chant dans la maison de l’Eternel, depuis que l’arche eut un lieu de repos:
32 ils remplirent les fonctions de chantres devant le tabernacle, devant la tente d’assignation, jusqu’à ce que Salomon eût bâti la maison de l’Eternel à Jérusalem, et ils faisaient leur service d’après la règle qui leur était prescrite.


1 Chroniques 15:16 Et David dit aux chefs des Lévites de disposer leurs frères les chantres avec des instruments de musique, des luths, des harpes et des cymbales, qu’ils devaient faire retentir de sons éclatants en signe de réjouissance.


En revanche, l’exil est d’abord le temps du deuil : s’il y a des chants, ce sont des complaintes… Cf. Ps 137 :

1 Auprès des fleuves de Babylone,
Là nous étions assis et nous pleurions En nous souvenant de Sion.
2 Aux saules de la contrée
Nous avions suspendu nos harpes.
3 Là, nos vainqueurs nous demandaient des cantiques, Et nos bourreaux de la joie :
Chantez-nous quelques-uns des cantiques de Sion !
4 Comment chanterions-nous le cantique du SEIGNEUR
Sur un sol étranger ?
5 Si je t'oublie, Jérusalem, Que ma droite m'oublie !

[…]


Selon la tradition juive, le chant de triomphe de la sortie d’Egypte (Exode 15) est mal venu : Dieu le déplore : mes créatures viennent d’être englouties et vous chantez !

S’il y a musique, elle est portée à être aussi empreinte de nostalgie.

Aux temps modernes, cela se traduit du gospel au blues et inversement…


II

Royauté messianique et nostalgie


Si l’institution des chantres et le recueil des Psaumes relève de la royauté — les Psaumes de David —, on se trouve avec une royauté chargée d’une visée eschatologique — messianique.

Le roi est messie/oint et vise un roi à la fois juste et incontesté. Le Messie attendu. Où les Psaumes royaux sont aussi empreints de nostalgie.

Apparaît un autre sens des chants guerriers, des chants de triomphe, où du cœur de la faiblesse du roi jaillit la marque nostalgique d’un autre combat, d’autres victoires que celle qui engloutit les Égyptiens…



Lutte avec Dieu et combat contre le mal
« Ce n’est pas contre la chair et le sang
que nous avons à lutter » (Ep 6, 12)

Les Psaumes – Louanges
Livre de prières communes et de lutte avec Dieu

(2) 24 novembre 2011 - Relectures et transpositions

R.P., KT Adultes, Antibes 2011-2012



lundi 21 novembre 2011

Communion luthérienne et réformée



Extrait du rapport du synode Sud-Ouest 2011 de l'Eglise réformée de France...

L’un des événements-clés de l’histoire contemporaine ayant abouti, en 1973, au texte fondamental de la Concorde de Leuenberg sur lequel s’appuient largement les justifications théologiques et ecclésiologiques du processus d’union entre nos deux Églises actuelles :

"Face à la montée du nazisme, en 1933 et la mise en place, par le régime hitlérien des « chrétiens allemands », une Église nationale qui lui est inféodée...


... plusieurs pasteurs et laïcs protestants s’organisent en une « Église confessante ». Des séminaires clandestins ont lieu pour contrer l’enseignement théologique officiel, et, le 29 mai 1934, le synode adopte ce qui sera appelé la « confession de Barmen » pour servir de base doctrinale à l’Église confessante. Ses principales orientations se retrouveront en France en 1941 dans « les thèses de Pomeyrol ». C’est donc dans ces circonstances sociopolitiques tragiques que l’unité entre luthériens et réformés s’est imposée comme un impératif, reléguant au second plan les désaccords théologiques jugés non comme dépassés, mais secondaires, eu égard à la mission de l’Église de proclamer l’Évangile dans le monde. Ainsi, l’un des principes majeurs énoncés dans la Confession de Barmen est de reconnaître « la souveraineté de son seul Seigneur, l’Église une, et l’unité fondamentale de sa foi… nonobstant ses origines luthériennes, réformées ou unies ». L’idée majeure énoncée ici, et qui nous concerne encore directement quelques quatre-vingts ans plus tard, consiste à affirmer qu’il peut légitimement y avoir une communion entre les Églises malgré une expression de la foi différente, médiatisée par des confessions de foi différentes, principalement la Confession d’Augsbourg pour les luthériens et la Confession de La Rochelle pour les réformés.

Après la Seconde Guerre mondiale, ce principe ne sera pas mis en cause, même si d’autres questions, notamment le lien entre communion ecclésiale et communion eucharistique continueront, jusqu’à nos jours, de susciter le débat. C’est sur cette base de la communion ecclésiale que la Communion de Leuenberg peut postuler la pleine reconnaissance des ministères entre nos Églises aujourd’hui avec, en corollaire, la nécessité pour elles de traduire ces avancées théologiques sur le plan institutionnel."



mardi 8 novembre 2011

Du « non » de Jonas, un « oui » est-il possible ?




Le livre de Jonas est proposé à nos méditations de ce mois de novembre. Jonas ressemble au premier fils de la parabole des deux fils (Matt 21:28-32). Comme lui, il dit « non », puis, non sans traîner les pieds, finit par obéir…

Ce « non » qui précède l’acceptation quand même et malgré tout, fait écho au livre de l’Ecclésiaste : « Moi, je déclare les morts plus heureux d’être déjà morts que les vivants d’être encore vivants, mais mieux encore que les uns et les autres celui qui n’a pas encore existé et qui n’a pas vu l’œuvre mauvaise qui se fait sous le soleil. » (Ecc 4, 2-3)

Selon une tradition juive, lorsque, avant sa venue à l’être, Dieu envoie une âme dans le monde, celle-ci trépigne, résiste, supplie, bref, fait tout pour éviter de s’incarner. Un non semblable à celui de Jonas ou du fils aîné.

En regard de la sagesse de l’Ecclésiaste, donc, le second fils de la parabole, celui qui dit « oui » d’emblée, serait ou un naïf, ou un inconscient, ou un distrait – quelqu’un qui n’a pas pris la mesure des choses. Pardonnons-lui, car il ne sait pas ce qu’il dit ! – et du coup, son « oui » apparemment enthousiaste, est d’emblée voué à tourner court.

Jonas, au fond plus… sérieux, y est allé finalement, et, fût-ce à son désarroi !, Ninive a été sauvée...

Si l’on en croit la tradition nous enseignant la réticence de l’âme à venir en ce monde, nous avons tous dit « non » : Jonas est au fond notre représentant. Tous avons dit « non » ? Il y en a toutefois bien un qui a dit « oui » en connaissance de cause : celui qui nous a rejoints dans notre humanité. C’est ici que tout est renversé, ici que tout devient possible.

Nous voici donc tous avec notre « non » appelés à un acte de confiance à la suite de celui-là seul qui a dit « oui » en connaissance de cause.

Pour nous aussi, quoiqu’il en ressorte, il est alors temps, au-delà de nos refus, d’accepter de répondre à l’appel qui nous est confié.

RP



Jonas 2
1Alors le SEIGNEUR dépêcha un grand poisson pour engloutir Jonas. Et Jonas demeura dans les entrailles du poisson, trois jours et trois nuits.2Des entrailles du poisson, il pria le SEIGNEUR, son Dieu.
3Il dit :
Dans l'angoisse qui m'étreint, j'implore le SEIGNEUR :
il me répond ;
du ventre de la Mort, j'appelle au secours :
tu entends ma voix.
4Tu m'as jeté dans le gouffre au cœur des mers
où le courant m'encercle ;
toutes tes vagues et tes lames
déferlent sur moi.
5Si bien que je me dis : Je suis chassé de devant tes yeux.
Mais pourtant je continue à regarder vers ton temple saint.
6Les eaux m'arrivent à la gorge
tandis que les flots de l'abîme m'encerclent ;
les algues sont entrelacées autour de ma tête.
7Je suis descendu jusqu'à la matrice des montagnes ;
à jamais les verrous du pays — de la Mort — sont tirés sur moi.
Mais de la Fosse tu m'as fait remonter vivant,
ô SEIGNEUR, mon Dieu !
8Alors que je suis à bout de souffle,
je me souviens et je dis : « SEIGNEUR ».
Et ma prière parvient jusqu'à toi,
jusqu'à ton temple saint.
9Les fanatiques des vaines idoles,
qu'ils renoncent à leur dévotion !
10Pour moi, au chant d'actions de grâce,
je veux t'offrir des sacrifices,
et accomplir les vœux que je fais.
Au SEIGNEUR appartient le salut !
11Alors le SEIGNEUR commanda au poisson, et aussitôt le poisson vomit Jonas sur la terre ferme. 




lundi 31 octobre 2011

«Et les morts ? Ça rapporte les morts ?»



... C'est la question que pose — dans Manon des Sources — un interlocuteur d’Ugolin qui vient de dire que les œillets rapportent surtout pour les fêtes : Noël, Mardi gras, Pâques…


« C’est pas mal les morts, c’est pas mauvais, ça rapporte bien », lui répond Ugolin. L’allusion ambiguë de son interlocuteur au « bossu » dont Ugolin a repris la terre après son décès malheureux n’échappe pas à celui-ci…

Mais « Les morts » c’est bien sûr aussi la fête des défunts, célébrée le 2 novembre…

« Ça rapporte les morts ? » aurait pu demander Luther à Tetzel, le célèbre prédicateur d’indulgences qu’il confronte en 1517. Ils « prêchent des inventions humaines, [et] prétendent qu’aussitôt que l’argent résonne dans leur caisse, l’âme s’envole du Purgatoire » (95 thèses de Luther, thèse 27).

Et si, cinq siècles après, au moment où se constitue notre Église unie, nos difficultés financières nous ramenaient la vieille tentation ? De quoi s’agissait-il en effet ? On cite communément le cas de l’indulgence accordée en 1506 — pour abréger les souffrance post-mortem des défunts ! — à quiconque financerait ainsi la construction de la nouvelle basilique Saint-Pierre !

Où l’on trouve non pas l’annonce de l’Évangile, la vie qui triomphe de la mort, mais le service des pierres !

Pierre, lui, confessait La pierre sur laquelle serait bâtie l’Eglise, confession appelée à fonder tout à nouveau notre Eglise, bientôt « Eglise Unie », au-delà des inquiétudes de tous ordres. « Approchez-vous de lui, le Christ, pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu ; et vous-mêmes, comme pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle » (1 Pi 2, 4-5).

RP
Echanges, novembre 2011



vendredi 21 octobre 2011

Psaumes. Prières communes et lutte avec Dieu




« Le livre des Psaumes a été ainsi dénommé en raison d’une traduction trop littérale du grec Biblos Psalmôn et du latin Liber Psalmorum. En grec, psalmos désigne un air joué sur l’instrument à cordes appelé psaltérion. Ainsi les versions ont-elles donné au contenu du recueil dont nous parlons un nom évoquant la manière dont ses éléments peuvent être chantés, plutôt que la nature même de ceux-ci. L’hébreu, lui, dit Tehilîm, mot qui dérive de la racine hll, louanger ; d’où le titre que nous avons adopté : Louanges, mot splendide, mot rempli d’un contenu émotionnel certain, bien fait pour désigner des poèmes tout orientés vers la louange de IHVH-Adonaï » (A. Chouraqui).


Voir la suite ICI.



Lutte avec Dieu et combat contre le mal
« Ce n’est pas contre la chair et le sang
que nous avons à lutter » (Ep 6, 12)

Les Psaumes – Louanges
Livre de prières communes et de lutte avec Dieu

(1) 20 octobre 2011 - Introduction – prières communes et lutte avec Dieu

R.P., KT Adultes, Antibes 2011-2012


samedi 10 septembre 2011

Cioran et sans étoiles



"Si l'on pouvait se voir avec les yeux des autres, on disparaîtrait sur-le-champ." (Cioran, De l'inconvénient d'être né)



Sundown dazzling day
Gold through my eyes
But my eyes turned within
Only see
Starless and bible black
(*)

Old friend charity
Cruel twisted smile
And the smile signals emptiness
For me
Starless and bible black

Ice blue silver sky
Fades into grey
To a grey hope that oh yearns to be
Starless and bible black


(King Crimson, Starless)

>


(*) Phrase tirée d'une pièce radiophonique poétique de Dylan Thomas intitulée "Under Milk Wood".



jeudi 8 septembre 2011

Cioran et grosse fatigue



Voilà que je trouve un courrier commentant un texte publié sur un de mes blogs, où je tentais de défendre Cioran face à ses juges l’attaquant sur son passé fasciste.

Et oh surprise, ce courrier me fait le grief de « faire un peu vite le procès de Cioran » (sic) !

Où je me sens fatigué, et par là plus proche de Cioran que jamais. Mon commentateur, pressé de faire valoir son « humble avis », pense apparemment un tel bien dudit « humble avis » que l’urgence de le promouvoir semble le dispenser de lire ce pourquoi il se met à son clavier...


Et puisqu'il me renvoie à Sylvie Jaudeau, je ne peux résister au besoin de citer à ce propos ce que lui confiait Cioran (Entretiens avec Sylvie Jaudeau, José Corti 1990) sur les gens « obstinés à produire », à se produire — et sur ce qui en sépare Cioran, la fatigue : « si je n’écris plus c’est parce que j’en ai assez de calomnier l’univers ! Je suis victime d’une sorte d’usure. La lucidité et la fatigue ont eu raison de moi – j’entends une fatigue philosophique autant que biologique – quelque chose en moi s’est détraqué. On écrit par nécessité et la lassitude fait disparaître cette nécessité. Il vient un temps où cela ne nous intéresse plus. En outre, j’ai fréquenté trop de gens qui ont écrit plus qu’il n’aurait fallu, qui se sont obstinés à produire […] ».

Car ainsi se clôt une œuvre de Cioran : « On en est tellement excédé, qu’on n’a plus le courage d’y ajouter une seule virgule, fût-elle indispensable. Ce qui décide du degré d’achèvement d’une œuvre, ce n’est nullement une exigence d’art ou de vérité, c'est la fatigue et, plus encore, le dégoût » (De l’inconvénient d’être né).

Au-delà de ma réponse fatiguée… Pourquoi tant de commentateurs frénétiques, pressés de placer leur mot après une lecture rapide ? Un autre, sur les cathares cette fois, que je découvre le même jour, me reproche de ne pas avoir redit assez fort ce que j’ai dit cent fois (y compris dans l’article qu'il commente !), avec tant d’autres, et qui est devenu un lieu commun : les « cathares » ne s’appelaient pas eux-mêmes ainsi…

Se produire à tout prix, fût-ce au prix de contresens ! Comme cet autre, historien, écrivant un article-pamphlet dans lequel il me reprochait de soutenir ce contre quoi je mettais en garde ! (Précisions ici.)

On se prend à rêver de silence… Quitte à être là aussi interprété de travers. Cioran tenait alors à préciser : « le nirvâna, oui, mais pas sans café » (Aveux et anathèmes).



jeudi 21 juillet 2011

L’Origine de l'Homme selon les grandes religions




Considérant l’évolution de l’Homme, le Pr De Lumley décèle des « grands sauts culturels » ; dont le langage articulé, la pensée symbolique, l’angoisse métaphysique, l’art, etc.

Voilà qui nous situe en des zones-frontières, aux frontières du religieux, l’homme apparaissant dès lors comme — j’allais dire — animal religieux, dans un des sens étymologiques du terme « religion » : ce qui relie (avec un e — traduisant religare, « relier », en latin — étymologie donnée au début du IVe siècle par Lactance) relie par une quête de sens ; et, autre sens étymologique : ce qui relit (avec un t — traduisant relegere, « relire », en latin, ou « recueillir à nouveau » — étymologie donnée par Cicéron dans le traité De la nature de dieux rédigé en 44 av. J.-C ).

Or, en des zones-frontières, devant des interrogations-frontières, il s’agit de ne pas glisser aux confusions. Pour poser les choses clairement, pour bien situer les domaines — foi et science —, il me semble falloir recevoir d’emblée sans hésiter, méthodologiquement, l'homme comme fruit du hasard — et non comme aboutissement d'un projet — auquel cas, on n'est plus dans le factuel, mais déjà dans la relecture, dans le récit. On en passe forcément par le récit, mais on est alors déjà au-delà de ce que l'on sait !... qui est autre chose que ce que l’on croit.

Nous sommes d’abord aux prises avec un donné — l’univers, le monde, l’homme — offert, pour la science, à la réflexion, à l’étude. Il n’y a pas lieu d’en supposer un sens, même éventuel ! Sauf à confondre la tension religieuse, la quête religieuse, et l’enquête factuelle.

Poser un sens, quel que soit ce sens, nous place dans le domaine du croire. Et la notion de Création relève de la foi — ainsi le premier point des credo chrétiens. Le Symbole des Apôtres pose : « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre » — « des choses visibles et invisibles », précise le Symbole de Nicée-Constantinople — question de foi : « je crois ». Et les Symboles de foi chrétiens répondent à l’affirmation a priori de la Bible hébraïque, dans la Genèse : « Au comment Dieu créa. » Affirmation sans explication. Question de foi, que la notion de Création !

De quelque façon qu’on le fasse, quand on parle de sens, on est dans la tension religieuse, ou dans l’intuition d’un donateur du « donné ». Quand on s’attache à la description du donné, on n’est plus, ou pas encore, dans cette quête religieuse.

Reste que l’homme semble bien se caractériser aussi par sa recherche de sens, dès les temps les plus reculés. Et dans cette recherche de sens, de ce qui relie (du verbe relier), de ce qui fait sens, l’homme est celui qui relit (du verbe relire). L’homme comme relecteur, et donc chercheur de sens, transposant à un autre plan ce qui est donné a priori comme hasard. Les deux plans sont indépassables, à mon sens : hasard, et recherche de sens.

Pour le redire avec les propos de la Bible, et avant même d’en venir au récit, à la relecture, de la Genèse, je partirai d’un autre texte biblique : « Dieu a mis dans le cœur de l’homme la pensée de l’éternité. » (dans L’Ecclésiaste, ch. 3, v. 11) — la pensée du « ‘olam » en hébreu : quelque chose comme la totalité du temps…

Les premières sépultures disent quelque chose de cet ordre. Encore faut-il préciser quoi. Quid des animaux, en effet ? L’Ecclésiaste à nouveau (ch. 3, v. 21) demande : « Qui sait si le souffle [l’esprit donc] des humains s'élève vers le haut, et si le souffle des bêtes descend vers le bas, vers la terre ? »

Corroborant une telle question, il y a bien quelque chose de troublant chez certains grands singes préoccupés du corps d’un des leurs après sa mort — comme l’ont signalé des éthologues contemporains. C’est donc, parlant de l’homme, au signe dont est investie la sépulture qu’il faut être attentifs.

Chez l’homme, on est, suite à la mort d’un semblable, dans une relecture comme quête de sens, avec par exemple rangement dans le sépulcre, avec le corps, d’objets, outils, parures, etc., qui aux yeux des endeuillés, ont caractérisé la vie du défunt. Une quête du sens d’une vie trépassée… Et de là, du sens de toute vie, et du sens tout court.

Où l’on approche le récit de la Genèse, donnant une orientation, qui nous met dans la perspective du sens, posant un Créateur et un débouché ; en l’occurrence, en débouché, le repos, le retrait de Dieu, comme ouverture pour la croissance de l’humain comme humain, le re-lecteur de ce récit. Avec comme particularité la radicalité de la notion de Création.

Ce récit est aussi un raccourci (le récit de la Genèse est très bref) de ce qu’on retrouve d’une autre façon dans diverses traditions, plus largement que l’on ne le pense parfois — le récit de la Genèse offrant, en très bref une relecture ouverte de ce que l’on retrouve souvent, sous forme différente, ou avec une plus grande profusion d’images, dans d’autres traditions.

À titre d’exemple — puisque j’ai mentionné le retrait de Dieu comme ouverture pour l’humain —, je citerai un mythe ôdjoukrou (du sud de la Côte d’Ivoire) — d’après M.-B. Y. Poupin, Mémoires d’Afrique : le dynamisme de Kpass, un village ôdjoukrou, à paraître aux éditions L’Harmattan :
« Pourquoi le ciel est éloigné de la terre ? […] :
Jadis, le ciel et la terre étaient proches. En certains lieux si proches qu’ils se touchaient comme un plat et son couvercle. A ces endroits, ni homme, ni animaux ni arbres ne pouvaient exister à défaut de place.
Mais même aux endroits où habitaient les hommes, le rapprochement du ciel et de la terre était devenu très gênant surtout pour les grandes personnes qui devaient se courber dans leurs déplacements pour éviter de bousculer le ciel avec leur tête. Quant aux femmes, elles ne pouvaient plus piler le manioc convenablement tant elles avaient peur de blesser le ciel avec leurs pilons.
[…] C’est que chaque levée de pilons faisait reculer le ciel de la terre, sans que les hommes et les femmes ne s’en rendent comptent. […] Et le ciel a fini par s’éloigner de la terre. Un matin, en se réveillant, on s’est aperçu qu’il était parti très très loin.
Pris de panique et de remords, [...] on a prié le ciel de […] se rapprocher à nouveau de la terre, car on s’est aperçu alors que de par sa proximité d’avec la terre, le ciel nous couvrait et nous protégeait des dangers […]. Mais le ciel a refusé. À présent, avec son éloignement, nous sommes laissés à nous même, sans force et sans protection. »
Sans force et sans protection, mais appelés par là-même, par cette ouverture ainsi opérée, à la liberté et à la responsabilité, tâche de relecteurs du monde.

Autre exemple de jonction avec le récit biblique, Ovide, Les Métamorphoses — dans l’Introduction : on passe du chaos à sa structuration, selon une séquence de la description qui recoupe, avec une plus grande profusion, le déroulement du récit de la Genèse.

Ou encore, dans une perspective d’observation, le développement de Lucrèce, De natura rerum, liv. V, 307-351 (trad. Clouard) :
« Ne vois-tu pas que les pierres elles-mêmes subissent le triomphe du temps ? Les hautes tours s'écroulent, les rochers volent en poussière ; les temples, les statues des dieux, s'affaissent trahis par l'âge […]. S'il n'y a pas eu de commencement pour la terre et le ciel, s'ils ont existé de toute éternité, d'où vient qu'au delà de la guerre des Sept Chefs contre Thèbes et de la mort de Troie on ne connaisse point d'autres événements chantés par d'autres poètes ? Où se sont donc engloutis tant de fois les exploits de tant de héros, et pourquoi les monuments éternels de la renommée n'ont-ils pas recueilli et fait fleurir leur gloire ? Mais, je le pense, l'ensemble du monde est dans sa fraîche nouveauté, il ne fait guère que de naître […].»

Un début et une fin… Pourquoi tous ces exemples, et leurs points communs avec le récit de la Genèse ? C’est que cette quête du sens, ramassée en bref dans la Genèse, n’est pas sans lien avec la future quête, scientifique celle-là, d’un récit (il y a du récit ici aussi) des origines.

Pourquoi la Genèse ? Pour une raison simple. C’est la Bible, largement diffusée, notamment via la Réforme qui en multiplie les traductions, qui fera « manuel de base » pour les premiers récits philosophiques du XVIIIe siècle, avec des « corrections » de plus en plus importantes, via des découvertes (avec bien les fossiles et ossements).

J’ai parlé de « corrections » à l’aune des découvertes incontournables qui se feront jour. Il faut toutefois corriger le mot « correction ». Relecture serait mieux. Avec la Renaissance, la lecture dite « naturelle » (1er des « 4 sens » médiévaux de l’Écriture, distinct des 3 autres, symboliques) prend plus de poids.

Or en tout cela, on est encore dans de la relecture… Relecture dans une quête d’un récit des origines. Question de récits, toujours et à nouveau. Des récits qui font pivot de datation, pivots d’une histoire. En christianisme, dans l’histoire, on a deux récits qui font pivot : les évangiles, sur le récit de la naissance de Jésus — on dit : 2011 après Jésus-Christ — / et le récit de la Création — nous sommes en 5771 après la Création (selon la date du judaïsme). Et par la suite on reçoit un récit « corrigé » de plus en plus autonome par rapport au récit de la Genèse au fur et à mesure des découvertes et de leur relation.

On en est comme on sait, selon les découvertes actuelles, à 13,7 milliards d’années environ pour le Big-Bang… Dès lors, juifs et chrétiens, ou issus d’une de ces deux religions, fussent-ils athées, oscillent soit entre deux « dates » pivots, 2011 (par convention) et 13,7 milliards. Soit, pour d’autres, trois dates (5771 et 2011, retenues par convention, et 13,7 milliards) — certains pouvant aller jusqu’à quatre dates, les trois dates précédentes, plus l’Hégire (an 1432),… ou d’autres possibilités encore. (Quant à la seule Europe, nous sommes en 2764 ab Urbe condita, pour le calendrier romain, ou, plus précis : nous sommes aujourd’hui le Tridi 3 du mois de Thermidor, an 219 de l'ère républicaine. Et tant d’autres possibilités.)

Nous voilà quoiqu’il en soit avec des récits qui font pivots de datations, pivots dotés de sens, c’est-à-dire, ici, orientés, avec chaque fois, un avant et un après (comme chacun parle d’avant et d’après Jésus-Christ). Donner une date pivot suppose toujours en sous-entendu un avant et un après, même si parfois on ne peut pas dire grand-chose de l’avant (je pense bien sûr notamment au Big-Bang). On est de toute façon, quand on pose des dates, dans le temps, et c’est pour cela qu’on doit parler de pivots dans le temps, faisant origine dans le temps — tandis que la religion, elle, nous place ultimement face à l’au-delà du temps. Et cela, puisqu’on n’a pas accès à l’au-delà du temps, à l’occasion de récits nécessairement tissés de temps et qui veulent trouver un sens au donné qui se déroule dans le temps, ou qui reçoivent un Donateur de ce donné — un donné qui sans cela, a priori, se trouve sans réponse au « pourquoi ? », un donné qui a priori n’a pas de sens, en dehors de la relecture que l’on en fait, et par laquelle on ouvre sur du sens.

Un sens toujours à réécrire, qui engage toujours à nouveau. C’est cette leçon que reçoivent les disciples de leur rencontre du Ressuscité, qui les fonde tout à nouveau — comme pivot entre temps et éternité cette fois. Ce qui permet d’avancer que pour le christianisme l’origine de l’Homme est ultimement le Christ ressuscité ! Ainsi pour l’Épître aux Colossiens (ch. 1 v. 15-16) : « Il est l'image du Dieu invisible, premier-né de toute créature, car en lui tout a été créé, dans les cieux et sur la terre. […] Tout est créé par lui et pour lui. »

À ce point, pour répondre, en terminant, à la question du thème de notre rencontre : l’ « Origine de l'Homme selon les grandes religions », je proposerai donc la formule suivante :

L’Origine de l'Homme serait au fond dans le récit — toujours renouvelé, toujours à renouveler — qu’il fait de son origine.

jeudi 14 juillet 2011

Au bord de l'abîme



C'est là que nous en serions..."Le cinquième ange sonna de la trompette. Et je vis une étoile qui était tombée du ciel sur la terre. La clef du puits de l’abîme lui fut donnée, et elle ouvrit le puits de l’abîme. Et il monta du puits une fumée, comme la fumée d’une grande fournaise ; et le soleil et l’air furent obscurcis par la fumée du puits." (Apocalypse 9, 1 & 2)

"La terre était tohu et bohu, et la ténèbre à la surface de l'abîme, et l’Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux." (Genèse 1, 2)

Yes, Close to the edge...


Oui, juste au bord....



jeudi 23 juin 2011

Paul. Récapitulation




Parlant de récapitulation à propos de Paul, on n’est pas simplement dans la récapitulation de l’année, mais dans la récapitulation tout court !

« Récapituler tout dans le Christ » (Ep 1, 10)

Tel est le projet éternel de Dieu, le mystère dévoilé dans le Christ. Le propos, explicité dans l’Epître aux Ephésiens, parcourt les épîtres de Paul.

Ce thème de la récapitulation (anakephalaiosis) de toutes choses en Christ peut être abordé, pour récapituler notre parcours sur Paul, comme rassemblant en un mot le projet et le motif de sa mission.

Ainsi la parole finale, la doxologie, de l’Epître aux Romains :
« A celui qui a le pouvoir de vous affermir selon l'Evangile que j'annonce en prêchant Jésus Christ, selon la révélation d'un mystère gardé dans le silence durant des temps éternels, mais maintenant manifesté et porté à la connaissance de tous les peuples païens par des écrits prophétiques, selon l'ordre du Dieu éternel, pour les conduire à l'obéissance de la foi, à Dieu, seul sage, gloire, par Jésus Christ, aux siècles des siècles ! Amen. » (Ro 16, 25-27).

Un passage difficile à traduire ! On y retrouve le « mystère », cœur de la fameuse récapitulation, qui consiste à « restituer » au(x) monde(s) (si tant est qu’il l’ait jamais eue) sa tête — le Christ ressuscité.

On trouve ici trois fois le mot traduit selon les cas par « monde(s) » ou par « siècle(s) », voire par éternité. Le même mot traduit ici par (temps) éternels (v. 25), (Dieu) éternel (v. 26), et siècles (des siècles) (v. 27).

La récapitulation (le mot n’est pas dans Romains) des siècles, des mondes, est un mystère tenu dans le silence (v. 25) et à présent dévoilé.

Là se fonde, depuis la rencontre fondatrice du Ressuscité, la conviction, la mission et la proclamation de Paul, « son » évangile, proclamation de Jésus Christ (v. 25).

Une mission qui se déploie à travers les thèmes (non exhaustifs) que nous avons parcourus :


Le Crucifié-Ressuscité. Quelle sagesse ?

L’Alliance universelle. Vers les nations

Juifs et Grecs. La question de la loi

Le salut par la foi

Le « mystère » et la « plénitude »

L’Esprit et l’Église

Les derniers jours



Paul (9) - Récapitulation
R.P., KT Adultes / Enregistrements ici.
Antibes 23.06.2011



mercredi 25 mai 2011

Paul. Les derniers jours




Les derniers jours sont advenus avec la résurrection du Christ. Depuis nous sommes dans « le déjà et le pas encore du Royaume » (expression d’O. Cullmann).

L’espérance de la résurrection est un préalable, relevant de la foi pharisienne de Paul, et en retenant tous les symboles (cf. par ex. 1 Th 4, 15-17). La résurrection du Christ en marque l’avènement. L’entrée dans le monde à venir s’opère par la foi au Ressuscité.

Ce tournant, qui fait de ce temps un « déjà et pas encore », scinde jusqu’au cœur de nos êtres, entre ce qui se voit, et qui s’use — symbole : nos êtres temporels qui s’usent et vieillissent et que Paul appelle « le vieil homme » (Ro 6, 6 ; Ep 4, 22 ; Col 3, 9), et ce qui est déjà là sans se voir encore : l’être nouveau, le Ressuscité, déjà semé en nous, a commencé sa croissance jusqu’au jour de l’avènement du Royaume comme clôture du « pas encore ».

Sa présence comme vie de l’Esprit est prémisse du Royaume en nous.

La clôture du « pas encore » est un événement critique, une crise encore à venir, mais imminente, et déjà commencée dans les douleurs du temps… Il y a tout lieu d’attendre qu’elles s’accroissent, jusqu’à un climax, un déchaînement qui est encore retenu (2 Th 2, 7).

Le terme de cette crise est la libération finale, celle-là même qui a déjà commencé en arrhes, en Esprit, la délivrance de la mort.

Ce pourquoi Paul fait, dans son propos, si peu cas de sa mort-même, vécue comme signe de délivrance de ce temps douloureux, signe du jour glorieux de la plénitude de la vie de résurrection, par la pleine présence de Dieu, « tout en tous ».

*

1 Corinthiens 15
12 Si l'on proclame que Christ est ressuscité des morts, comment certains d'entre vous disent-ils qu'il n'y a pas de résurrection des morts ? 13 S'il n'y a pas de résurrection des morts, Christ non plus n'est pas ressuscité, 14 et si Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est vide, et vide aussi votre foi. 15 Il se trouve même que nous sommes de faux témoins de Dieu, car nous avons porté un contre-témoignage en affirmant que Dieu a ressuscité le Christ alors qu'il ne l'a pas ressuscité, s'il est vrai que les morts ne ressuscitent pas. 16 Si les morts ne ressuscitent pas, Christ non plus n'est pas ressuscité. 17 Et si Christ n'est pas ressuscité, votre foi est illusoire, vous êtes encore dans vos péchés. 18 Dès lors, même ceux qui sont morts en Christ sont perdus. 19 Si nous avons mis notre espérance en Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes.
20 Mais non ; Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui sont morts. 21 En effet, puisque la mort est venue par un homme, c'est par un homme aussi que vient la résurrection des morts : 22 comme tous meurent en Adam, en Christ tous recevront la vie ; 23 mais chacun à son rang : d'abord les prémices, Christ, puis ceux qui appartiennent au Christ, lors de sa venue ; 24 ensuite viendra la fin, quand il remettra la royauté à Dieu le Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité, toute puissance. 25 Car il faut qu'il règne, jusqu'à ce qu'il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds. 26 Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort, 27car il a tout mis sous ses pieds. Mais quand il dira : « Tout est soumis », c'est évidemment à l'exclusion de celui qui lui a tout soumis. 28 Et quand toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a tout soumis, pour que Dieu soit tout en tous.

35 Mais, dira-t-on, comment les morts ressuscitent-ils ? Avec quel corps reviennent-ils ? 36 Insensé ! Toi, ce que tu sèmes ne prend vie qu'à condition de mourir.
37 Et ce que tu sèmes n'est pas la plante qui doit naître, mais un grain nu, de blé ou d'autre chose. 38 Puis Dieu lui donne corps, comme il le veut et à chaque semence de façon particulière. 39 Aucune chair n'est identique à une autre : il y a une différence entre celle des hommes, des bêtes, des oiseaux, des poissons. 40 Il y a des corps célestes et des corps terrestres, et ils n'ont pas le même éclat ; 41 autre est l'éclat du soleil, autre celui de la lune, autre celui des étoiles ; une étoile même diffère en éclat d'une autre étoile.
42 Il en est ainsi pour la résurrection des morts : semé corruptible, on ressuscite incorruptible ; 43 semé méprisable, on ressuscite dans la gloire ; semé dans la faiblesse, on ressuscite plein de force ; 44 semé corps animal, on ressuscite corps spirituel. S'il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel. 45 C'est ainsi qu'il est écrit : le premier homme Adam fut un être animal doué de vie, le dernier Adam est un être spirituel donnant la vie. 46 Mais ce qui est premier, c'est l'être animal, ce n'est pas l'être spirituel ; il vient ensuite. 47 Le premier homme tiré de la terre est terrestre. Le second homme, lui, vient du ciel. 48 Tel a été l'homme terrestre, tels sont aussi les terrestres, et tel est l'homme céleste, tels seront les célestes.
49 Et de même que nous avons été à l'image de l'homme terrestre, nous serons aussi à l'image de l'homme céleste. 50 Voici ce que j'affirme, frères : la chair et le sang ne peuvent hériter du Royaume de Dieu, ni la corruption hériter de l'incorruptibilité.
51 Je vais vous faire connaître un mystère. Nous ne mourrons pas tous, mais tous, nous serons transformés, 52 en un instant, en un clin d'œil, au son de la trompette finale. Car la trompette sonnera, les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons transformés. 53 Il faut en effet que cet être corruptible revête l'incorruptibilité, et que cet être mortel revête l'immortalité.
54 Quand donc cet être corruptible aura revêtu l'incorruptibilité et que cet être mortel aura revêtu l'immortalité, alors se réalisera la parole de l'Ecriture : La mort a été engloutie dans la victoire. 55 Mort, où est ta victoire ? Mort, où est ton aiguillon ? 56 L'aiguillon de la mort, c'est le péché, et la puissance du péché, c'est la loi.
57 Rendons grâce à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ.


2 Corinthiens 5
1 Nous le savons, si notre demeure terrestre, qui n'est qu'une tente, se détruit, nous avons un édifice, œuvre de Dieu, une demeure éternelle dans les cieux, qui n'est pas faite de main d'homme. 2 Et nous gémissons, dans le désir ardent de revêtir, par-dessus l'autre, notre habitation céleste, 3 pourvu que nous soyons trouvés vêtus et non pas nus. 4 Car nous qui sommes dans cette tente, nous gémissons, accablés ; c'est un fait : nous ne voulons pas nous dévêtir, mais revêtir un vêtement sur l'autre afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie. 5 Celui qui nous a formés pour cet avenir, c'est Dieu, qui nous a donné les arrhes de l'Esprit. 6 Ainsi donc, nous sommes toujours pleins de confiance, tout en sachant que, tant que nous habitons dans ce corps, nous sommes hors de notre demeure, loin du Seigneur, 7 car nous cheminons par la foi, non par la vue... 8 Oui, nous sommes pleins de confiance et nous préférons quitter la demeure de ce corps pour aller demeurer auprès du Seigneur. 9 Aussi notre ambition — que nous conservions notre demeure ou que nous la quittions — est-elle de lui plaire. 10 Car il nous faudra tous comparaître à découvert devant le tribunal du Christ afin que chacun recueille le prix de ce qu'il aura fait durant sa vie corporelle, soit en bien, soit en mal.


1 Thessaloniciens 4
13 Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l'ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort, afin que vous ne vous attristiez pas comme les autres, qui n'ont pas d'espérance. 14 En effet, si, comme nous le croyons, Jésus est mort et s'est relevé, alors, par Jésus, Dieu réunira aussi avec lui ceux qui se sont endormis. 15 Voici en effet ce que nous vous disons — c'est une parole du Seigneur : nous, les vivants qui restons jusqu'à l'avènement du Seigneur, nous ne devancerons en aucun cas ceux qui se sont endormis. 16 Car le Seigneur lui-même, avec un cri de commandement, avec la voix d'un archange, avec le son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et ceux qui sont morts dans le Christ se relèveront d'abord. 17 Ensuite, nous, les vivants qui restons, nous serons enlevés ensemble avec eux, dans les nuées, à la rencontre du Seigneur, dans les airs ; et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur.


2 Thessaloniciens 2
1 Au sujet de la venue de notre Seigneur Jésus Christ et de notre rassemblement auprès de lui, nous vous le demandons, frères : 2 n'allez pas trop vite perdre la tête ni vous effrayer à cause d'une révélation prophétique, d'un propos ou d'une lettre présentés comme venant de nous, et qui vous feraient croire que le jour du Seigneur est arrivé. 3 Que personne ne vous séduise d'aucune manière. Il faut que vienne d'abord l'apostasie et que se révèle l'Homme de l'impiété, le Fils de la perdition, 4 celui qui se dresse et s'élève contre tout ce qu'on appelle dieu ou qu'on adore, au point de s'asseoir en personne dans le temple de Dieu et de proclamer qu'il est Dieu.
5 Ne vous rappelez-vous pas que je vous parlais de cela quand j'étais encore près de vous ? 6 Et maintenant, vous savez ce qui le retient, pour qu'il ne soit révélé qu'en son temps. 7 Car le mystère de l'impiété est déjà à l'œuvre ; il suffit que soit écarté celui qui le retient à présent. 8 Alors se révélera l'Impie, que le Seigneur Jésus détruira du souffle de sa bouche et anéantira par l'éclat de sa venue. 9 Quant à la venue de l'Impie, marquée par l'activité de Satan, elle se manifestera par toutes sortes d'œuvres puissantes, de miracles, de prodiges trompeurs 10 et par toutes les séductions de l'injustice pour ceux qui se perdent, faute d'avoir accueilli l'amour de la vérité qui les aurait sauvés. 11 C'est pourquoi Dieu leur envoie une puissance d'égarement qui les fait croire au mensonge, 12 afin que soient jugés tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité mais ont pris plaisir à l'injustice.


Philippiens 1
21 Pour moi, vivre, c'est Christ, et mourir m'est un gain. 22 Mais si vivre ici-bas doit me permettre un travail fécond, je ne sais que choisir. 23 Je suis pris dans ce dilemme : j'ai le désir de m'en aller et d'être avec Christ, et c'est de beaucoup préférable, 24 mais demeurer ici-bas est plus nécessaire à cause de vous. 25 Aussi, je suis convaincu, je sais que je resterai, que je demeurerai près de vous tous, pour votre progrès et la joie de votre foi, 26 afin que grandisse grâce à moi, par mon retour auprès de vous, la gloire que vous avez en Jésus Christ.


Romains 8
18 J'estime en effet que les souffrances du temps présent sont sans proportion avec la gloire qui doit être révélée en nous. 19 Car la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu : 20 livrée au pouvoir du néant — non de son propre gré, mais par l'autorité de celui qui l'a livrée —, elle garde l'espérance, 21 car elle aussi sera libérée de l'esclavage de la corruption, pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu.
22 Nous le savons en effet : la création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l'enfantement. 23 Elle n'est pas la seule : nous aussi, qui possédons les prémices de l'Esprit, nous gémissons intérieurement, attendant l'adoption, la délivrance pour notre corps. 24 Car nous avons été sauvés, mais c'est en espérance. Or, voir ce qu'on espère n'est plus espérer : ce que l'on voit, comment l'espérer encore ? 25 Mais espérer ce que nous ne voyons pas, c'est l'attendre avec persévérance. 



Paul (8) - Les derniers jours
R.P., KT Adultes / Enregistrements ici.
Antibes 26.05.2011



dimanche 22 mai 2011

Le sens olfactif et la symbolique du parfum



"Marie, ayant pris une livre d'un parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus, et elle lui essuya les pieds avec ses cheveux; et la maison fut remplie de l'odeur du parfum." (Jean 12, 3)


Le nard — le mot est le même dans le grec de l’évangile — est l’un des plus anciens parfums orientaux connus. Il s’agit, sous sa forme d’huile, d’un liquide de couleur ambrée. Il vient d’Inde. L’huile de nard est extraite d’une plante, qui pousse dans les montagnes himalayennes — en Inde, au Népal et au Tibet. Une variété proche, est appelée nard chinois. Il vient donc de loin, d’autant plus rare et coûteux.

Le nard est, en dehors de ses applications comme huile, utilisé aussi pour fabriquer de l’encens. Son utilisation est très ancienne. Elle fait partie intégrante de la tradition indienne ; et elle était considérée en l’Égypte ancienne, au Moyen-Orient et dans la Rome antique, comme un parfum de luxe. Pline, dans son Histoire Naturelle, en dénombre douze espèces. Bref, et selon de nombreux textes anciens, le nard considéré comme un produit de grande valeur, monétaire — et spirituelle, d’où son usage dans de nombreux rites religieux.

Et on le trouve donc mentionné dans la Bible : dans le Cantique des Cantiques (1:12 et 4:13), en Marc, ou dans le texte qui en est proche, de Jean (12, 3) — où la femme versant le nard est nommée : c’est Marie de Béthanie, sœur de Marthe et Lazare.

Voilà qui met un peu en lumière le geste de cette femme, et de son geste devenu geste d’Évangile, relaté, comme a dit Jésus, dans le monde entier. On a là, avec la mention du nard, parfum rare et venant de loin, et de son grand prix, qui parle de sa qualité unique, un écho du Cantique des Cantiques :

Mon nard exhale son parfum.
Mon bien-aimé est pour moi un bouquet de myrrhe. (Cantique 1, 12-13)

Moi, je me lève pour ouvrir à mon bien-aimé !
Et mes mains distillent de la myrrhe,
et mes doigts de la myrrhe fluide,
sur les paumelles du verrou (Cantique 5, 5)


Apparaît ici un second parfum, la myrrhe, ce qui donne, avec les autres parfums mentionnés par le Cantique — l'aloès, le safran, le roseau aromatique, le cinnamome (qui serait la canelle) importé aussi d’Orient, … — autant d’essences d’une composition, qui souligne, comme le grand prix du flacon de nard de l’Evangile, ce que le parfum a d’unique.

La myrrhe, elle, est une gomme-résine extraite des arbustes. L'arbuste, de la famille des térébinthacées, n'existait pas en Palestine. Il était importé d'Arabie, moins loin que l’Inde, mais en qualifiant de coût tout de même.

La myrrhe était utilisée chez les Égyptiens (notamment pour l'embaumement des défunts).
L'essence de myrrhe était souvent associée à d'autres parfums.

La myrrhe provient de la sève qui découle, soit librement, soit des blessures faites à l’écorce d’un arbrisseau, comme des larmes. Une fois à l’air libre, celles-ci se dessèchent et donnent une résine bien connue sous le nom de myrrhe. Cette résine répand une odeur agréable. Celle qui s’écoule librement de l’arbre est appelée myrrhe franche ou découlante (Ex. 30:23). C’est probablement la même qui est appelée la myrrhe limpide, fluide (Cant. 5:5) du Cantique des Cantiques, qui cite la myrrhe plusieurs fois.

Enfin les mages venus de l’orient apportaient parmi leurs trésors de la myrrhe.

Avant cela, la myrrhe est souvent mentionnée dans les Écritures. Elle est mentionnée en premier parmi les aromates entrant dans la composition de l’huile de l’onction qui était répandue sur le sanctuaire, sur ses ustensiles et sur les sacrificateurs.

*

Depuis l’épisode des mages, la myrrhe symbolise, avec l’encens, un autre parfum — non olfactif —, celui du nom de Jésus ; le futur parfum qui s’exhalera de ses souffrances ; des larmes qu’il versera, de ses blessures, de ses meurtrissures… Puisqu’à l’autre terme de sa vie, c’est dans une mixtion de myrrhe et d’aloès (produit d’un arbre — cf. les arbres d’aloès dans Nb 24:6, plantés par le Seigneur) — que Joseph d’Arimathée et Nicodème ont enveloppé le corps de Jésus lorsqu’ils l’eurent déposé dans le sépulcre neuf ; sépulcre qui n’a pas connu la corruption et duquel n’est monté qu’un parfum précieux, une bonne odeur ; sépulcre qui n’aura rien à rendre au jour de la résurrection de ceux qui se sont endormis.

Une huile parfumée, huile, image de l’Esprit donc… Comme l’huile de l’onction qui était répandue sur le tabernacle, sur tous ses ustensiles et sur la tête d’Aaron et de ses fils… Auxquels font écho les parfums que le Christ trouve dans son jardin, chez les siens, comme ceux qui sont mentionnés dans le Cantique des cantiques. Mais concernant le Christ, la référence nous a fait passer au-delà des sens. Où le parfum devient symbole. Car le parfum du Christ est au-delà même du sens olfactif : « Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ, et qui répand par nous en tout lieu l'odeur de sa connaissance ! » (2 Co 2, 14.) Symbole que les aromates et les encens, d’un parfum qui est au-delà de tout parfum, d’un encens qui répand sa fumée au-delà de nos sens.

Quelques-uns de ces aromates du Cantique, signe du tabernacle céleste sont ainsi aussi mentionnés dans l’Exode, ch. 30, décrivant le tabernacle construit selon le modèle céleste contemplé par Moïse.

Exode 30, 22-33
22 Le SEIGNEUR adressa la parole à Moïse :
23 « Procure-toi aussi des aromates de première qualité : — de la myrrhe fluide : cinq cents sicles ; — du cinnamome aromatique : la moitié, soit deux cent cinquante ; — du roseau aromatique : deux cent cinquante ; —
24 de la casse : cinq cents, en sicles du sanctuaire, avec un hîn d'huile d'olive.
25 Tu en feras l'huile d'onction sainte, mélange parfumé — travail de parfumeur ; ce sera l'huile d'onction sainte.
26 Tu en oindras la tente de la rencontre, l'arche de la charte,
27 la table et tous ses accessoires, le chandelier et ses accessoires, l'autel du parfum,
28 l'autel de l'holocauste et tous ses accessoires, la cuve et son support.
29 Tu les consacreras, et ils seront très saints ; tout ce qui y touchera sera saint.
30 Aaron et ses fils, tu les oindras aussi et tu les consacreras pour qu'ils exercent mon sacerdoce.
31 Tu parleras ainsi aux fils d'Israël : Ceci est l'huile d'onction sainte ; d'âge en âge, elle est pour moi.
32 On n'en mettra sur le corps de personne ; vous n'imiterez pas sa recette, car elle est sacrée et elle restera sacrée pour vous.
33 Celui qui imitera ce mélange et en mettra sur un profane sera retranché de sa parenté. »


*

Pourquoi cette rigueur quant à l’unicité ? On le sait : un parfum a toujours quelque chose d’unique, désignant celui ou celle, qui, par son parfum particulièrement, est perçu comme unique. On connaît la fonction mémorielle du sens olfactif. À un parfum, une odeur, remonte, de notre mémoire, un lieu que l’on avait quitté il y a des années, une personne que l’on avait perdue de vue. Un effluve, et tout remonte à la surface. C’est bien lui, c’est bien elle, c’est bien cette terre là, ce pays là, ce village là.

*

Souvenez-vous, dans la Genèse… « Jacob s'approcha et l’embrassa. Et Isaac sentit l'odeur de ses vêtements et il le bénit en disant: "Voici, l'odeur de mon fils est comme l'odeur d'un champ qu'a béni le Seigneur !" » (Genèse 27, 27.) Quand Isaac, aveugle, demande à Jacob de l'embrasser avant de lui accorder la bénédiction qui revenait à Esaü, c'est pour le reconnaître à son odeur. Et Jacob trompe le flair d'Isaac en revêtant les vêtements d'Esaü.

Il sera prescrit que l’on ne reproduise pas pour un autre usage le parfum consacré au culte biblique. Il y a là quelque chose d’unique, qui doit rester unique, comme, en écho, se révèle unique celui ou celle qui est fait selon l’image de Dieu.

Unicité que l’on retrouve dans le parfum de l’encens qui fume devant Dieu, donnant son nom même au mot parfum, enraciné par son étymologie dans la fumée de l’encens, ce mélange unique parfumant le culte de sa fumée, ne se trouvait que dans le sanctuaire.

Exode 30, 34 & 1-9
34 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Procure-toi des essences parfumées : storax, ambre, galbanum parfumé, encens pur, en parties égales.
35 Tu en feras un parfum mélangé — travail de parfumeur — salé, pur, sacré.
36 Tu en réduiras un morceau en poudre pour en mettre un peu devant la charte dans la tente de la rencontre, là où je te rencontrerai. Pour vous, il sera très saint.
37 Et ce parfum que tu feras, vous n'utiliserez pas sa recette à votre usage ; tu le tiendras pour consacré au SEIGNEUR.
38 Celui qui en fera une imitation pour jouir de son odeur sera retranché de sa parenté. »


1 « Tu feras un autel où faire fumer le parfum ; tu le feras en bois d'acacia.
2 Une coudée pour sa longueur, une coudée pour sa largeur — il sera carré — deux coudées pour sa hauteur. Ses cornes feront corps avec lui.
3 Tu le plaqueras d'or pur — le dessus, les parois tout autour et les cornes — et tu l'entoureras d'une moulure en or.
4 Tu lui feras des anneaux d'or, au-dessous de la moulure, sur ses deux côtés — tu en feras sur ses deux flancs — pour loger les barres servant à le lever.
5 Tu feras les barres en bois d'acacia et tu les plaqueras d'or.
6 Tu le placeras devant le voile qui abrite l'arche de la charte — devant le propitiatoire qui est sur la charte — là où je te rencontrerai.
7 Aaron y fera fumer le parfum à brûler ; matin après matin, quand il arrangera les lampes, il le fera fumer.
8 Et quand Aaron allumera les lampes au crépuscule, il le fera fumer. C'est un parfum perpétuel devant le SEIGNEUR, d'âge en âge. 9Vous n'y offrirez pas de parfum profane.


Unique devant Dieu (Cantiques des Cantiques — extraits) :

Ton amour vaut mieux que le vin,
tes parfums ont une odeur suave ;
ton nom est un parfum qui se répand ;
c'est pourquoi les jeunes filles t'aiment. (1, 2-3)

Mon nard exhale son parfum.
Mon bien-aimé est pour moi un bouquet de myrrhe,
Qui repose entre mes seins. (1, 12-13)

Le figuier embaume ses fruits,
et les vignes en fleur exhalent leur parfum. (2, 13)

Qui est celle qui monte du désert,
comme des colonnes de fumée,
au milieu des vapeurs de myrrhe et d'encens
et de tous les aromates des marchands ? (3, 6)

Avant que le jour se rafraîchisse,
et que les ombres fuient,
j'irai à la montagne de la myrrhe
et à la colline de l'encens. (4, 6)

Comme ton amour vaut mieux que le vin,
et combien tes parfums sont plus suaves que tous les aromates ! (4, 10)

Les troènes avec le nard ;
Le nard et le safran, le roseau aromatique et le cinnamome,
avec tous les arbres qui donnent l'encens ;
la myrrhe et l'aloès… (4, 13-14)

Lève-toi, aquilon ! viens, autan !
Soufflez sur mon jardin, et que les parfums s'en exhalent ! (4, 16)

J'entre dans mon jardin, ma sœur, ma fiancée ;
je cueille ma myrrhe avec mes aromates, (5, 1)

Ses joues sont comme un parterre d'aromates,
une couche de plantes odorantes ;
ses lèvres sont des lis, d'où découle la myrrhe. (5, 13)

Mon bien-aimé est descendu à son jardin,
au parterre d'aromates. (6, 2)

Les mandragores répandent leur parfum, (7, 13)

et je te ferai boire du vin parfumé,
du moût de mes grenades. (8, 2)

Sois semblable à la gazelle ou au faon des biches,
sur les montagnes des aromates ! (8, 14)


Unique parfum de vie : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14, 6) — le texte de ce jour : — « Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé Jésus-Christ. » (Jean 17, 3). Effluve unique de l’Unique devant Dieu… Qui nous dévoile à notre tour comme autant d’uniques au parfum unique devant Dieu déployant la richesse de sa création.

R.P.
Fête de printemps,
Vence 22.05.11
Antibes 5.06.11