lundi 31 octobre 2011

«Et les morts ? Ça rapporte les morts ?»



... C'est la question que pose — dans Manon des Sources — un interlocuteur d’Ugolin qui vient de dire que les œillets rapportent surtout pour les fêtes : Noël, Mardi gras, Pâques…


« C’est pas mal les morts, c’est pas mauvais, ça rapporte bien », lui répond Ugolin. L’allusion ambiguë de son interlocuteur au « bossu » dont Ugolin a repris la terre après son décès malheureux n’échappe pas à celui-ci…

Mais « Les morts » c’est bien sûr aussi la fête des défunts, célébrée le 2 novembre…

« Ça rapporte les morts ? » aurait pu demander Luther à Tetzel, le célèbre prédicateur d’indulgences qu’il confronte en 1517. Ils « prêchent des inventions humaines, [et] prétendent qu’aussitôt que l’argent résonne dans leur caisse, l’âme s’envole du Purgatoire » (95 thèses de Luther, thèse 27).

Et si, cinq siècles après, au moment où se constitue notre Église unie, nos difficultés financières nous ramenaient la vieille tentation ? De quoi s’agissait-il en effet ? On cite communément le cas de l’indulgence accordée en 1506 — pour abréger les souffrance post-mortem des défunts ! — à quiconque financerait ainsi la construction de la nouvelle basilique Saint-Pierre !

Où l’on trouve non pas l’annonce de l’Évangile, la vie qui triomphe de la mort, mais le service des pierres !

Pierre, lui, confessait La pierre sur laquelle serait bâtie l’Eglise, confession appelée à fonder tout à nouveau notre Eglise, bientôt « Eglise Unie », au-delà des inquiétudes de tous ordres. « Approchez-vous de lui, le Christ, pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu ; et vous-mêmes, comme pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle » (1 Pi 2, 4-5).

RP
Echanges, novembre 2011



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