mercredi 28 janvier 2026

Message d'une Iranienne (à méditer)



Probablement plus de 30000 morts : sacs mortuaires, lors d’un reportage à Ispahan, 24 janvier 2026. (Photo AKASBASHI/SIPA)


« Les médias libéraux occidentaux ignorent le soulèvement iranien car l’expliquer reviendrait à admettre une chose qu'ils cherchent désespérément à éviter : le peuple iranien se rebelle contre l’islam lui-même, et ce fait ébranle le cadre moral à travers lequel ces institutions appréhendent le monde. Idéalement, couvrir un soulèvement ne se limite pas à montrer des foules et des slogans. Il faut répondre à une question fondamentale : pourquoi des gens risquent-ils leur vie ? En Iran, la réponse est simple et incontournable. Le peuple se soulève parce que la République islamique d’Iran étouffe depuis des décennies tous les aspects de la vie — la liberté d'expression, le travail, la famille, l’art, les femmes et la survie économique — sous un système clérical qui criminalise la liberté. Il est impossible de raconter cette histoire sans affronter la nature du régime. Les médias occidentaux refusent de le faire car ils ont fondamentalement mal compris l’islam. Pire encore, ils ont choisi de ne pas le comprendre. Dans le discours progressiste occidental, l’islam est racialisé. Il n’est pas considéré comme un système de croyances ou une idéologie politique, mais comme un substitut à la race ou à l’ethnicité. Critiquer l’islam est souvent perçu comme une attaque contre les “personnes de couleur”, les Arabes ou le “Moyen-Orient”, comme si l’islam était une couleur de peau plutôt qu’une doctrine. Cette confusion est ancrée dans une méconnaissance de l’histoire. […] »

… Suite et source ICI — avec un message : « Le peuple iranien mène l’un des mouvements anti-tyrannie les plus courageux de notre époque contre la République islamique.
Le silence des médias est honteux.
Ce régime tombera, et l’histoire se souviendra de ceux qui ont défendu la liberté et de ceux qui ont détourné le regard. » (Tahmineh Dehbozorgi)

1 commentaire:

  1. Jean-Paul Sanfourche31 janvier 2026 à 16:22

    Merci de nous faire connaître et partager ces informations. J’avoue ne pas fréquenter Facebook, mais je constate avec douleur et honte que nos médias (pas tous. Si Lemonde fut juste informatif et…réservé, Le Point a toujours été précis, documenté et engagé) n’ont parlé des événements iraniens avec des œillères limitant leur regard. Sous une apparence d’objectivité, leurs récits gomment la complexité politique, historique du mouvement. Bien sûr cela n’est pas neutre.Le discours médiatique crée des réalités partielles en cadrant ce qui est visible et pensable. Ainsi la révolte iranienne (journaux télévisés) est réduite à des manifestations de colère, ou de frustration. Alors que c’est une révolte contre un système de domination religieuse (Islam), de contrôle moral, de surveillance sociale. Mais ce silence médiatique est un choix. Et je crois qu’au-delà des prudences ou des non-dits inacceptables, il traduit une crise contemporaine plus large : celle de la pensée critique. En préférant quelques images susceptibles d’éveiller une compassion superficielle, les médias nous privent de toute possibilité de jugement. Nous plongeant dans un aveuglement collectif. Cette représentation tronquée empêche sciemment de saisir le cœur du conflit : le refus d’un ordre idéologique répressif qui centralise le pouvoir et restreint sévèrement les libertés fondamentales. Les manifestants ne dénoncent pas seulement des dérives économiques ou administratives ; ils contestent un régime théologico-politique qui criminalise la liberté, entrave le développement personnel et étouffe l’expression culturelle (si riche en Iran) et sociale. Occulter ces dimensions revient à vider le soulèvement de son sens moral, politique et intellectuel. Reconnaître la rébellion iranienne comme une remise en cause de l’islam politique et du contrôle étatique centralisé impliquerait, sur le plan moral et intellectuel, de questionner certaines certitudes occidentales. Cela mettrait en lumière les dérives possibles d’un pouvoir idéologisé, et ouvrirait un débat sensible mais combien nécessaire sur la relation entre islam, société et liberté de critique. Une telle lucidité ébranlerait aussi certaines conceptions du multiculturalisme et de la solidarité, rappelant que la fidélité culturelle ou religieuse ne rime pas toujours avec soumission politique !

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