Tous plaident le “consentement”… Mais…

« Quand des conditions structurelles d'inégalité qui forcent au consentement restent inexaminées et non incluses dans la loi, cela revient à dire qu'un “oui” ne peut pas être contraint par un rapport d'inégalité. Cela revient à dire qu'on peut être libre sans être à égalité. […]
Les inégalités de statut, de classe, d'origine, d'âge ou de genre, toutes avec leur propre dynamique, peuvent forcer un “oui”. […]
Tant que le consentement, dans le contexte social de la sexualisation des femmes, signifie — comme c'est presque toujours le cas — la conformité docile à la pression, souvent rationalisée comme étant un choix, céder, accepter, accéder ou acquiescer à la volonté du pouvoir, ajouter “affirmatif” au consentement ne le rendra pas égal. »
(Catharine A. MacKinnon, Le viol redéfini, Vers l'égalité, contre le consentement, Climats 2023, p. 10‑11)
« Le consentement, comme le principe d'autonomie de la volonté sur lequel il se fonde, implique un sujet rationnel, volontaire et non vulnérable, un sujet conscient à chaque instant de sa volonté et de ce qui la fonde. Or la psychanalyse, par exemple (mais plus largement les sciences sociales dans leur ensemble), met en doute la validité d'une telle représentation de la personne en agent libre, rationnel et volontaire. »
(Manon Garcia, La conversation des sexes, philosophie du consentement, Climats Flammarion 2021, p. 106-107)
« Non, un homme ça s’empêche. Voilà ce qu'est un homme, ou sinon… »
(Albert Camus, Le Premier Homme, nrf 1994 p. 66)
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