vendredi 6 décembre 2019

Évangile selon Matthieu - Le Sermon sur la montagne




Lire Matthieu ch. 5 à 7
Le Sermon sur la montagne (PDF ici)

(Voir ICI, tableau des citations de la Bible des Septante dans l’Évangile de Matthieu)


• Les Béatitudes (Mt 5, 1-12)
• Sel de la terre et lumière du monde (Mt 5, 13-15)
• Pérennité de la Loi et des Prophètes (Mt 5, 17-48)

• Observance du cœur (Mt 6, 1-18)
• Notre Père (Mt 6, 9-13)
• Servir Dieu ou Mammon (Mt 6, 19-33)

• Ne jugez pas (Mt 7, 1-6)
• Demandez et vous obtiendrez (Mt 7, 7-12)
• La porte étroite (Mt 7, 13-23)
• Sur le roc (Mt 7, 24-29)


RP
Évangile selon Matthieu

Église protestante unie de France / Poitiers
Étude biblique / catéchisme adultes 2019-2020
– 1ère part. Chaque 2e mardi du mois à 14 h 30
& chaque jeudi qui suit le 3e mardi à 20 h 30
– 2ème part. Chaque 3e mardi du mois à 14 h 30
& chaque jeudi qui suit le 2e mardi à 20 h 30
3 — Le Sermon sur la montagne (Mt ch. 5-7)
(Poitiers : 10 & 12 + 17 & 19 décembre / Châtellerault : vendredi 20 décembre) (PDF)



jeudi 7 novembre 2019

Évangile selon Matthieu - Début du ministère de Jésus




Lire Matthieu ch. 3 et 4
Prédication de Jean et début du ministère de Jésus (PDF ici)

(Voir ICI, tableau des citations de la Bible des Septante dans l’Évangile de Matthieu)


• Prédication de Jean le Baptiste
Ésaïe 40 (LXX)
Cf. Ézéchiel 36
(Cf. 2 Rois 1, 2-8)
Cf. Engeance de vipères et poils de chameau

• Baptême de Jésus
Cf. Accomplir toute justice

• Jésus au désert et tentations/épreuves
Deutéronome (LXX)
Dt 8, 3
  Psaume 90, 11 (LXX)
Dt 6, 16
Dt 6, 13 (cf. Lc 4, 6 ; Jn 12, 31 & 16, 11 ; 2 Co 4, 4)
Cf. Épreuve au désert

• Arrestation de Jean le Baptiste et retour de Jésus en Galilée
Ésaïe 8, 23 – 9, 1 (mixte LXX / Bible hébraïque)

• Appel des disciples et début de ministère
Cf. La vocation des disciples


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Évangile selon Matthieu

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2 — Début du ministère de Jésus (Mt ch. 3-4) — (Poitiers : 12 & 14 + 19 & 21 novembre / Châtellerault : 26 novembre) (PDF)


vendredi 4 octobre 2019

Évangile selon Matthieu - L'enfance de Jésus




Lire Matthieu ch. 1 et 2
L'enfance de Jésus (PDF ici)

Généalogie (cf. Genèse 2, 4)
Depuis Abraham – 3 fois 14 générations :
Abraham → David / David → exil / exil → Jésus.
4 femmes – Tamar, Rahab, Ruth, « la femme d’Urie » : un seul point commun, 4 femmes des nations, étrangères d’une façon ou d’une autre selon la Bible et/ou (Tamar) selon la traduction juive. Cf. Genèse 38 ; Josué 2 ; Ruth (notamment 4, 12) ; 2 Samuel 11-12 : Bath-Shéva référée à son mari Urie (le Hittite) est ainsi désignée comme femme des nations.
Cf. envoi aux nations. Derniers mots de Matthieu (28, 19-20).
(Voir ICI, tableau des citations de la Bible des Septante dans l’Évangile de Matthieu)

L'annonce à Joseph
Cf. Ésaïe 7, 14 (LXX)
Cf. Noël, un presque rien pour le salut du monde

Venue des mages (prêtres des nations)
Cf. Nombres 24
Cf. Cheminement de Mages
À Bethléem. Cf. Michée 5, 1

Fuite en Égypte
Exil et retour.
Cf. Osée 11, 1

Massacre des innocents
Cf. Jérémie 31, 15
Cf. Exode / Hérode // Pharaon

Installation à Nazareth
Nazoréen – cf. Nombres 6, 1-8 ; Psaume 132 (131), 18 (LXX) ; Juges 13, 5 ; Ésaïe 11, 1 ; Zacharie 6, 12, etc. ?


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1 — Introduction. Origines et Promesse (Mt ch. 1-2) - (Poitiers : 8 & 10 + 15 & 17 octobre / Châtellerault : 22 octobre) (PDF)


vendredi 7 juin 2019

Aux Galates - Post-scriptum




Galates 6, 11-18 | TOB 2010
11 Voyez ces grosses lettres : je vous écris de ma propre main !
12 Des gens désireux de se faire remarquer dans l’ordre de la chair, voilà les gens qui vous imposent la circoncision. Leur seul but est de ne pas être persécutés à cause de la croix du Christ ;
13 car, ceux-là mêmes qui se font circoncire n’observent pas la loi ; ils veulent néanmoins que vous soyez circoncis, afin de tirer fierté de votre chair.
14 Pour moi, non, jamais d’autre fierté que la croix de notre Seigneur Jésus Christ ; par elle, le monde est crucifié pour moi, comme moi pour le monde.
15 Car, ce qui importe, ce n’est ni la circoncision, ni l’incirconcision, mais la nouvelle création.
16 Sur ceux qui se conduisent selon cette règle, paix et miséricorde, ainsi que sur l’Israël de Dieu.
17 Dès lors, que personne ne me cause de tourments ; car moi, je porte en mon corps les marques de Jésus.
18 Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit, frères. Amen.

* * *

(11) - « Grosses lettres » ? / post scriptum entier sans secrétaire ?

(12) - « Persécution » ? De la part des strict-observants ? Ou référence au fait que Rome veut des appartenances religieuses bien tranchées ? — Les juifs sont dotés par Rome de droits spécifiques que les chrétiens non-juifs n’ont pas, étant dès lors classés parmi les « superstitieux », adeptes d’une religion illégale pour Rome. D’où la tentation d’entrer dans les cadres romains en faisant circoncire les prosélytes, entrant par là dans le cadre légal ; tandis que la prédication de Paul ouvre sur une réalité en frontière, ipso facto en risque d’illégalité et donc de persécution ?

(13) - Ce qui importe n’est pas de l’ordre des identités de ce temps (la « chair »), mais est précisément en frontière, signe de ce qu’il est un autre temps, déjà là dans la foi, bien que, relevant de l’invisible, pas encore là…

(14) - Le point d’insertion en ce temps de l’autre temps, l’autre « éon », le temps éternel, est la croix ; qui ôte toute légitimité à se glorifier d’identités temporelles (« le monde crucifié pour moi, comme moi pour le monde »).

(15) - Circoncision ou incirconcision deviennent deux façons d’identités temporelles, relevant de cette (désormais ancienne) création.

(16) - L’Israël historique, relève, jusqu’à la fin du temps, de cette création-ci, Israël parfaitement légitime jusqu’à la fin du temps. L’Église en train de naître relève aussi, comme réalité visible, de cette création temporelle. Ainsi, l’ « Israël de Dieu » n’est pas l’Église, relevant elle aussi du temps, mais le peuple spirituel transcendant les identités temporelles, Israël éternel que signifie et symbolise l’Israël temporel dont l’Alliance s’ouvre, via l’Église, aussi aux nations ; le rôle d’Israël vaut donc ainsi jusqu’à la fin du temps (en total accord avec Matthieu / 5, 18).

(17) - « Marques » : litt. « stigmates ». Pas à la façon de François d’Assise ! Mais façon de dire à nouveau la « crucifixion » au monde, avec le Christ, via une allusion probable aux coups que Paul rappelle à plusieurs reprises avoir reçus au cours de sa mission.

(18) - Bénédiction : « avec votre esprit » — façon de souligner la participation des Galates au monde futur.


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Épître de Paul aux Galates

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9) 11 & 13 juin — Post-scriptum. Ch. 6, 11-18 (PDF)


vendredi 10 mai 2019

Paul aux Galates - Éléments d’éthique




Galates 6, 1-10 | TOB 2010
1 Frères, s’il arrive à quelqu’un d’être pris en faute, c’est à vous, les spirituels, de le redresser dans un esprit de douceur ; prends garde à toi : ne peux-tu pas être tenté, toi aussi ?
2 Portez les fardeaux les uns des autres ; accomplissez ainsi la loi du Christ.
3 Car, si quelqu’un se prend pour un personnage, lui qui n’est rien, il est sa propre dupe.
4 Mais que chacun examine son œuvre à lui ; alors, s’il y trouve un motif de fierté, ce sera par rapport à lui-même et non par comparaison à un autre.
5 Car c’est sa propre charge que chacun portera.
6 Que celui qui reçoit l’enseignement de la Parole fasse une part dans tous ses biens en faveur de celui qui l’instruit.
7 Ne vous faites pas d’illusions : Dieu ne se laisse pas narguer ; car ce que l’homme sème, il le récoltera.
8 Celui qui sème pour sa propre chair récoltera ce que produit la chair : la corruption. Celui qui sème pour l’Esprit récoltera ce que produit l’Esprit : la vie éternelle.
9 Faisons le bien sans défaillance ; car, au temps voulu, nous récolterons si nous ne nous relâchons pas.
10 Donc, tant que nous disposons de temps, travaillons pour le bien de tous, surtout celui de nos proches dans la foi.

* * *

« Vous, les spirituels » (Ga 6, 1). Indice, après « si vous vous mordez les uns les autres » (Ga 5, 15), de ce que Paul use de l’ironie.

Cf. Ps 143 / Ga 2, 16. Personne n’étant juste devant Dieu, Paul, avec le Psalmiste, enseigne de s’en tenir à la seule fidélité de Dieu. Appliqué au Christ crucifié, le Psaume le révèle comme celui qui a traversé la violence de la croix dans cette seule confiance. Nous voilà donc sauvés, en lui, par sa seule confiance : sauvés par la foi du Christ, confiant en la foi/fidélité de Dieu. Est-ce à dire que sous cet angle « chacun fait fait fait, ce qui lui plaît… », selon la chanson ? C’est ce qui a été reproché à nombre de pauliniens, y compris à Luther et aux protestants en général…

Luther n’a pas manqué de s’en amuser : « Il y a des fois où il faut boire un bon coup et prendre ses ébats et s'amuser, bref, commettre quelques péchés, en haine et mépris du diable… Je boirai donc parce que tu le défends et même je boirai un bon coup ! Il faut toujours faire ce que Satan défend ! Oh ! Si je pouvais enfin imaginer quelque énorme péché pour décevoir le diable et qu'il comprenne que je ne reconnais aucun péché, que ma conscience ne m'en reproche aucun. » (Martin Luther, Correspondance) Apparemment loin de Paul décrivant « les œuvres de la chair » (Ga 5, 19-21) ! Luther marcionite (antinomiste / ennemi de la Loi) ? C’est ce dont on l’a accusé dans sa lecture de Paul. En fait une façon de dire (avec Paul !) que la loi n’a pas pour fonction de lier les consciences libérées par la foi de Dieu / du Christ, que ce soit au plan identitaire qu’elle induit, ou en regard de pratiques pénitentielles au XVIe siècle. La loi n’est pas rejetée pour autant. Chaque épître paulinienne, y compris Galates, se termine par des conseils de comportement renvoyant… à la loi (cf. Ga 5, 14).

Contradiction de Paul ? Car la question de l’observance de ce qu’enseigne la Bible en matière de comportement demeure ! (cf. Ga 6, 2-5.) Où apparaît le fameux et réformateur « 3e usage de la loi », formalisé par Calvin et dans sa lignée : trois usages de la loi — pédagogique, politique et normatif, selon une distinction appuyée sur la distinction de trois aspects de la loi : judiciaire, cérémoniel et moral.

L’aspect judiciaire est cet aspect de la loi qui, selon sa primauté par rapport aux pouvoirs, se concrétise dans une vie de la Cité gérée de façon jurisprudentielle, donc souple — correspondant à l’usage politique. Cet aspect est perçu, quant à la lettre de la loi, comme correspondant à des temps et à une culture donnée : par exemple les formes de gouvernements, qui sont variables selon les lieux (on n'est plus avant l’exil de 586 av. JC !). On en dira la même chose quant à l’aspect cérémoniel (les cérémonies religieuses de la loi) perçu lui aussi, quant à sa lettre, comme correspondant à un temps et/ou à une culture donnée. Où l’on retrouve le propos de Paul aux Galates : la pratique des rites varie selon les lieux, les temps et les circonstances. Ainsi, quant à l’aspect cérémoniel, on ne pratique pas aujourd’hui de sacrifices d’animaux dans le Temple de Jérusalem — de toute façon détruit (on est après l'an 70) ; les sacrifices correspondant pourtant à des mitsvoth cérémonielles dont Israël demeure le témoin jusqu’à la fin du temps. Une perspective calvinienne considère que dans un cadre chrétien, la variabilité des rites vaut pour tout commandement en son aspect cérémoniel — lié, à l’instar de l’aspect judiciaire, à des temps, lieux et traditions.

En revanche l’aspect moral, comme norme idéale, propre à orienter une éthique — « portez les fardeaux les uns des autres » —, n’est pas sujet aux variations culturelles, même si son application s’adapte aux circonstances — où l’on rejoint l’usage normatif. Sous cet angle — où l’on retrouve Paul en ses fins d’épîtres (Ga 5, 13 – 6, 10 //) —, la loi comme norme morale se déploie en vertus. À commencer par des vertus communes, que l’on retrouve chez les stoïciens, les aristotéliciens, etc. comme vertus dites naturelles — avec cependant cette caractéristique, dans la perspective chrétienne, qui est d’être enracinées dans une nature perçue en regard de la Bible. Ce que l’on retrouve chez Paul : son développement du fruit de l’Esprit (Ga 5, 22) rejoint précisément les enseignements des philosophes sur les vertus (ce que développera de la façon la plus précise Thomas d’Aquin)…

La loi naturelle est en quelque sorte « corrigée » — en regard de la loi biblique, donnée au Sinaï comme n’ayant pas d’auteur : signe de cela, le Décalogue écrit du doigt de Dieu.

*

« La loi n’est pas contre ces choses » (Ga 5, 23 — toujours l’ironie de Paul). Le divin est irreprésentable, sans garant humain de sa présence comme l'était le pouvoir (de Pharaon ou autre) dont Dieu libérait son peuple — pouvoir humain qui n'est dès lors pas non plus source de la loi ; qui ne saurait donc, selon Paul, se réduire à un phénomène humain (« charnel ») identitaire, ou, selon Luther, à des rites pénitentiels, « charnels » aussi. D’où, aux jours de Paul, aux Galates : « c’est pour la liberté que Christ nous a libérés » (Ga 5, 1).

Ouverture contemporaine : Voilà une loi, exprimée dans la Torah, qui n'a pas d'auteur qui en serait le garant, qui y serait donc potentiellement ou actuellement supérieur. Moïse n'est pas donné comme un nouveau Pharaon (ou un nouvel Hammourabi). La loi dont il témoigne ne procède pas de lui : il y est lui-même soumis ! Cela restera vrai même après l'institution de la monarchie, avec la dynastie davidique qui se caractérise par l'exigence de soumission du roi à la loi. C'est à cette tradition que se référeront les révolutionnaires puritains anglais posant la supériorité de la loi par rapport à tous : personnes privées, rois, et même Églises ; la loi reçue dans une convention (Covenant) de tous, en analogie avec la loi biblique. Une loi morale qui fait de la loi naturelle moderne une relecture philosophique de la loi morale (l’aspect universel de la loi biblique) résumée dans le Décalogue. C'est, mutatis mutandis, ce modèle que reprendront les révolutions américaine et française. Pour la révolution américaine, voir aussi l’anticipation dès les années 1630 au Rhode Island fondé par le pasteur baptiste Roger Williams. Pour la France, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789. Proclamée « sous les auspices de l’Être suprême », elle est présentée sur l’image de tables semblables à celles qui représentent le Décalogue. Ce n’est pas par hasard : don de liberté, suivi d’une loi pour que l’acquis ne se perde pas. Là encore « sous les auspices de l’Être suprême », contre tout arbitraire comme celui auquel on vient d’échapper, celui d’une monarchie absolue, se retrouve la nécessité de la vertu comme fruit l’Esprit — en toute humilité selon Paul aux Galates, d’où son ironie : « si quelqu’un se prend pour un personnage… » (Ga 6, 3).


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8) 14 & 16 mai — Éléments d’éthique. Ch. 6, 1-10 (PDF)


jeudi 4 avril 2019

Demeurer dans la liberté




Galates 5, 1-26 | (future) nouvelle TOB
1 C’est pour que nous soyons vraiment libres que Christ nous a libérés. Tenez donc ferme, et ne vous laissez pas remettre sous le joug de l’esclavage.
2 Voici ce que moi, Paul, je vous dis : si vous vous faites circoncire, Christ ne vous servira de rien.
3 Et j’atteste à nouveau à tout homme qui se fait circoncire, qu’il se doit de pratiquer l’intégralité de la loi.
4 Vous avez rendu vain votre lien au Christ, en cherchant à être justifiés par la loi ; vous êtes déchus de la grâce.
5 En effet, nous, c’est par l’Esprit, en raison de la foi, que nous accueillons ce que la justice nous fait espérer.
6 Car en Jésus Christ ni la circoncision ni l’incirconcision n’ont une force quelconque, mais la foi qui agit par l’amour.
7 Vous couriez bien ; qui vous a barré la route et empêché de vous laisser convaincre par la vérité ?
8 Cet empêchement-là ne vient pas de celui qui vous appelle ;
9 un peu de levain fait lever toute la pâte.
10 Moi, je garde confiance en vous dans le Seigneur : vous ne penserez pas autrement. Mais celui qui vous trouble supportera sa condamnation, quel qu’il soit.
11 Quant à moi, frères, si je proclame encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté ? C’est alors que le scandale de la croix serait réduit à néant !
12 Qu’ils aillent donc jusqu’à se mutiler, ceux qui sèment le désordre parmi vous.
13 Vous, frères, c’est à la liberté que vous avez été appelés ; seulement, que cette liberté ne serve pas de prétexte à la chair ; au contraire par l’amour, mettez-vous au service les uns des autres.
14 Car la loi toute entière se trouve accomplie dans cette unique parole : tu aimeras ton prochain comme toi-même.
15 Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres.
16 Je le dis : marchez par l’Esprit, et vous ne réaliserez plus ce que la chair désire.
17 Car la chair désire contre l’Esprit, et l’Esprit contre la chair ; ces deux-là s’opposent l’un à l’autre, de sorte que vous ne faites pas ce que vous voulez.
18 Mais si vous vous laissez conduire par l’Esprit, vous n’êtes pas soumis à la loi.
19 Elles sont évidentes, les œuvres de la chair : inconduite sexuelle, impureté, débauche,
20 idolâtrie, magie, haines, discorde, jalousie, emportements, rivalités, dissensions, factions,
21 envies, beuveries, orgies, et autres choses semblables ; je vous préviens, comme je l’ai déjà fait : ceux qui agissent ainsi n’hériteront pas du Royaume de Dieu.
22 Mais le fruit de l’Esprit est amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi,
23 douceur, maîtrise de soi ; contre de telles choses, il n’y a pas de loi.
24 Ceux qui sont au Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs.
25 Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi par l’Esprit.
26 Ne soyons pas remplis de vaine gloire : entre nous pas de provocations, entre nous, pas d’envie.

* * *

Pour introduction - avant le commentaire partagé en séance :

« Si vous vous faites circoncire, Christ ne vous servira de rien » (Ga 5, 2) ! Voilà, apparemment, de quoi donner raison à tous les courants, peut-être encore majoritaires dans le christianisme, qui continuent à considérer qu’au fond, le Christ a « libéré les chrétiens de la Loi » ! La vigueur des propos qu’emploie Paul pour dissuader les goïms/non-juifs galates de « compléter » leur foi en devenant juifs semble bien en effet leur donner raison. C’est pourtant dans ce genre de « raison(s) » que s’est fondée la théologie tragiquement célèbre de la substitution, selon laquelle l’Église aurait remplacé Israël. En fait un contresens !

Dans la perspective eschatologique qui fonde la mission de Paul (selon sa conviction que le règne de Dieu concernant toutes les nations est advenu avec la résurrection du Christ : toutes les nations sont appelées sans qu’elles n’aient à devenir autre que ce qu’elles sont quant à leur identité propre), les Galates n’ont pas à devenir juifs. Mais les juifs, dont l’identité vocationnelle est fondée sur la Loi qui porte cette promesse eschatologique que Paul considère comme advenue, n’ont pas non plus à devenir non-juifs ! Ce n’est pas la loi biblique, loi de liberté, qui rend esclave ! C’est conditionner l’entrée des nations dans le règne qui vient à la dimension identitaire fondée sur la Loi qui fait problème. L’aspect initial de cette identité étant la circoncision, Paul, à l’encontre de ses adversaires qui insistent pour que les Galates l’adoptent, tient fermement à leur liberté de rester Galates. Rien de plus. La dimension morale universelle de la Loi est reprise sans problème par Paul, avec son cœur reçu dans le judaïsme : « tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Ga 5, 14 / Lv 19, 18), et ses développements (Ga 5, 15-23).

S’il est illégitime d’exiger des Galates qu’ils cessent de l’être en devenant juifs parce que croyant au Christ, il l’est tout autant de délégitimer la Loi, qui rendrait « esclave », pour conduire les juifs à cesser de l’être, ou au mieux à considérer le respect des règles de la Loi en ses aspects vocationnels identitaires comme une concession aux « frères faibles », dans une lecture en contresens des conseils de Paul (alternative à l’attitude double qu’il reproche à Pierre – cf. Ga 2), développés en Romains 14 et 1 Co 8 & 10. Il n’est pas devenu superflu de respecter le rituel mosaïque ! (Comme on l’induit souvent à l’appui d’un rajout « explicatif » à un verset de Marc, ch. 7 v. 19, rajout inexistant dans les premiers manuscrits, faisant dire à Jésus qu’ « il déclarait purs tous les aliments », témoin d’un précoce glissement outrepassant la fidélité juive de Jésus — sans compter que littéralement, ce n'est pas Jésus, mais les latrines qui purifient les aliments !) Simplement le rituel mosaïque concerne les juifs — comme vocation « sacerdotale » (cf. Exode 19, 5-6) valant jusqu’à la fin du temps, selon Jésus (Matthieu 5, 18).

N’oublions pas que c’est ce contresens séculaire, adopté aussi par Luther, qui a conduit ce dernier, malgré sa large ouverture initiale envers les juifs, à son attitude hostile finale. Luther était tout prêt à accepter, pensait-il, que les juifs restent juifs… à condition qu’ils reconnaissent Jésus avec tout ce que cela supposait pour lui (et avec lui tous les prédécesseurs antiques et médiévaux avec nombre de successeurs jusqu’aujourd’hui) en termes de relativisation de Loi, perçue (dans un autre contresens) comme « ombre des biens »… « actuels » en christianisme ! Quand il s’agit d’ « ombre des biens à venir » (Colossiens 2, 17 ; Hébreux 10, 1) — toujours à venir — d’un Règne de Dieu toujours attendu (pour les uns comme pour les autres). Ce contresens-là est un des points d’origine de la théologie de la substitution. Ce contresens postulant le « dépassement » de la Loi implique a contrario, par fidélité, le non possumus juif.

Car il s’agit de considérer la non-conversion d’Israël au christianisme comme fidélité à l’alliance dont le garant est Dieu qui s’y est engagé — donnerait-on des noms hébraïques, comme « messianisme », à cette conversion ; et quelle que soit par ailleurs la possibilité légitime des changements de religions, dans tel sens ou tel autre.

Jusqu’à tout récemment, et c’est parfois encore le cas, pour des raisons dont on trouve au départ les contresens mentionnés ci-dessus, des chrétiens se sont inscrits dans l’idée que ceux des juifs de l’époque de l’Église primitive — et leurs successeurs et/ou descendants — qui n’ont pas rejoint le christianisme naissant l’ont fait par infidélité (cette idée devenue commune était même entrée dans une prière catholique du vendredi saint ! heureusement abandonnée depuis Vatican II).

Or, la réalité est largement l’inverse : la fidélité juive est fidélité à l’observance des mitsvoth de la Torah. C’est aussi ce qu’en dit Jésus. Il se trouve que très vite, l’Église primitive, du fait de sa fidélité à elle, fidélité en l’occurrence à l’envoi aux nations, a vu basculer sa démographie vers une majorité de chrétiens d’origine non-juive, entraînant ipso facto un abandon (ou perçu tel par les juifs) de l’observance de la Torah — cela très vite via l’ignorance de recommandations comme celles d’Actes 15, 19-21 ou de Paul aux Corinthiens et aux Romains (1 Co 8 & 10 et Ro 14) de s’en tenir, concernant les nations, à la loi noachide.

Une vraie fidélité juive, conforme à ce qu’en disait Jésus, à l’alliance et au Dieu qui en est le garant a donc très vite débouché sur ce non possumus juif par rapport au christianisme désormais « païen » quant à l’observance de la loi. Or il est clair que l’histoire a vu très vite dépasser la problématique d’un Paul, juif de pratique avant comme après sa rencontre du Ressuscité, pour déboucher sur un changement de religion consistant à renier la précédente. Après le non possumus juif d’un tel reniement, apparu très vite, deux vocations se sont dégagées très tôt, phénomène dont Paul estime déjà qu’il correspond à un mystère, concernant le plan de Dieu pour le salut du monde (Ro 9-11). Dès le Nouveau Testament, donc. Paul aux Romains mais aussi Jésus (notamment Mt 5, 17-19) : est-ce les chrétiens, alors que le ciel et la terre ne sont toujours pas passés, qui s’efforcent de tenir la fidélité au moindre des plus petits commandements de la Torah ? Or c’est bien de la rédemption du monde qu’il est question dans l’espérance du Royaume, où se dessinent donc ces deux vocations mystérieuses, indépendamment de ce qu’il en est du salut individuel, autre mystère, intime celui-là, de l’ordre de la relation intime entre Dieu et l’âme.

Ici aussi, quant à la relation intime de l’individu avec Dieu, comme dans l’alliance en vue de la rédemption du monde, il est question de primauté de la grâce, primauté même sur la foi — ce qui, si on l’ignore, débouche jusque sur des traductions dépassant le texte. Ainsi d’Éphésiens 2, 8 : « c’est par la grâce que vous êtes sauvés », à quoi les traductions courantes du reste du verset rajoutent « par le moyen » (de la foi), qui n’est pas dans le grec. Une bonne lecture serait : « c’est par la grâce que vous êtes sauvés par la foi » (cela souligné encore par la fin du verset : c’est un don de Dieu, ne venant pas de vous !). Ainsi lu, conformément au grec, il apparaît que la foi-même qui permet aux Éphésiens, païens, de bénéficier des fruits de l’antique alliance de grâce scellée déjà avec Abraham, est elle-même un fruit de la grâce, plutôt qu’une sorte de conditionnement, comme « le moyen », de la grâce gratuite de Dieu. Bref, quant au salut individuel des âmes, qui se distingue du plan divin de salut du monde, la grâce prime aussi, dans un mystère intime que nul ne connaît sinon Dieu et l’âme qui met sa foi en lui.

La confusion des deux plans (salut du monde et relation intime avec Dieu) a débouché, y compris dans le protestantisme, en ses mouvances les plus christocentriques héritées de Luther, sur ce qui, à l’égard d’Israël, relève du péché (le plus souvent inconscient) : juger les juifs infidèles tant qu’ils ne se convertissent pas à Jésus (c’est la position de Luther qui le fait déboucher sur ses insupportables extrémités), ce qui revient à délégitimer leur fidélité à la Torah. Les choses bougent heureusement, ce qui passe par un vrai repentir concernant ces attitudes chrétiennes…


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Commentaire : Notes de la (future) nouvelle TOB : ICI (PDF)


RP
Épître de Paul aux Galates

Église protestante unie de France / Poitiers
Étude biblique 2018-2019
Chaque 2e mardi du mois à 14 h 30
& chaque jeudi qui suit le 2e mardi à 20 h 30
7) 9 & 11 avril — Demeurer dans la liberté. Ch. 5 (PDF)


samedi 9 mars 2019

Esclavage et liberté




Galates 4, 1-31 | (future) nouvelle TOB
1 Or je dis : aussi longtemps que l’héritier est un enfant, il ne diffère en rien d’un esclave, alors qu’il est maître de tout ; 2 il est soumis à des gardiens et à des intendants jusqu’à la date fixée par son père. 3 Et nous de même, quand nous étions des enfants, nous étions esclaves, soumis aux éléments du monde. 4 Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi, 5 afin de racheter ceux qui sont sous la loi, afin que nous recevions l’adoption filiale. 6 Fils vous l’êtes bien : Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, qui crie : ‘Abba - Père’. 7 Tu n’es donc plus esclave mais fils, et si tu es fils, tu es aussi héritier, du fait de Dieu.

8 Jadis, quand vous ne connaissiez pas Dieu, vous serviez comme esclaves des dieux qui, par nature, ne le sont pas. 9 Mais maintenant que vous connaissez Dieu, ou plutôt que vous êtes connus de lui, comment pouvez-vous retourner encore à des éléments faibles et pauvres que vous voulez de nouveau servir comme esclaves ? 10 Vous observez religieusement des jours, des mois, des saisons, des années. 11 Vous me faites craindre d’avoir peiné pour vous en vain.

12 Devenez comme moi, puisque moi aussi je suis devenu comme vous, frères, je vous en prie, vous ne m’avez fait aucun tort. 13 Vous le savez bien : ce fut à l’occasion d’une maladie que je vous ai annoncé la bonne nouvelle pour la première fois. 14 Et si éprouvante que fût pour vous ma chair vous ne m’avez montré ni dédain, ni dégoût. Au contraire, vous m’avez accueilli comme un ange de Dieu, comme le Christ Jésus. 15 Où est donc passé votre bonheur ? Car je vous rends ce témoignage que, si vous aviez pu, vous vous seriez arraché les yeux pour me les donner. 16 Suis-je donc devenu votre ennemi, parce que je vous dis la vérité ?
17 L’empressement qu’ils vous manifestent n’est pas bon ; en vérité ils veulent vous détacher de moi afin de devenir eux-mêmes l’objet de votre empressement. 18 Il est bon de se voir manifester un empressement bien intentionné en tout temps, et pas seulement quand je suis présent auprès de vous. 19 Mes petits-enfants, que j’enfante à nouveau dans la douleur jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous, 20 oui, je voudrais être présent auprès de vous en ce moment et changer de ton, car je suis dans l’embarras à votre sujet.

21 Dites-moi, vous qui voulez être soumis à la loi, n’entendez-vous pas la loi ? 22 Car il est écrit qu’Abraham eut deux fils : l’un de la servante et l’autre de la femme libre. 23 Mais, celui de la servante est né selon la chair, tandis que celui de la femme libre l’est par une promesse. 24 Il y a là une allégorie, ces femmes sont en effet deux alliances. L’une, celle qui vient du mont Sinaï, engendre pour l’esclavage : c’est Agar, 25 – Agar, c’est le mont Sinaï en Arabie –, et elle correspond à la Jérusalem actuelle, puisqu’elle sert comme esclave avec ses enfants.
26 Mais la Jérusalem d’en haut est libre, et c’est elle qui est notre mère, 27 car il est écrit :
Réjouis-toi, stérile, toi qui n’enfantais pas,
éclate en cris de joie, toi qui n’as pas connu les douleurs de l’enfantement ;
car plus nombreux sont les enfants de la délaissée que les enfants de celle qui a un époux.

28 Et, vous, frères, comme Isaac, vous êtes enfants de la promesse. 29 Mais de même qu’ alors celui qui était né selon la chair persécutait celui qui était né selon l’Esprit, ainsi en est-il encore maintenant. 30 Or, que dit l’Écriture ? Chasse la servante et son fils, car il ne faut pas que le fils de la servante hérite avec le fils de la femme libre. 31 Ainsi donc, frères, nous ne sommes pas les enfants d’une esclave, mais ceux de la femme libre.

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Notes de la (future) nouvelle TOB — comme entrée à notre prochaine réflexion (surligné en gris un passage/commentaire problématique) :

4, 2 Paul évoque ici une règle du droit hellénistique : c’est le père qui déterminait l’âge de la majorité.
4, 3 Les éléments du monde sont mentionnés aussi en 4, 9, et en Col 2, 8.20. Selon la conception des anciens, les éléments matériels dont l’univers était constitué étaient des puissances à l’œuvre dans le monde, qui dominaient les êtres humains. Selon Paul, la religion gréco-romaine asservissait les humains aux forces cosmiques qu’elle divinisait. Faut-il penser aussi à l’importance donnée aux anges dans le judaïsme de l’époque qui leur attribuait le gouvernement subalterne du monde matériel et notamment des astres ? De façon polémique, Paul met sur le même plan les rites de la religion hellénistique et les rites juifs que certains prédicateurs tentaient d’imposer aux Galates convertis. En effet, les rites païens expriment une dépendance de l’être humain vis-à-vis des forces de la nature qui sont des créatures, alors que le croyant ne doit dépendre que du Dieu créateur, dont il est devenu le fils ou la fille, grâce au Christ.
4, 4 Dieu, tout au long de l’histoire, prépare le salut de l’humanité. L’image est celle d’une « plénitude du temps », d’une époque arrivant à son terme, comme celle d’un fruit porté à maturité. Par Jésus, Dieu donne son plein épanouissement à ce salut : lorsqu’il vient, les temps sont remplis, accomplis. Paul évoque la pleine humanité du « Fils envoyé par Dieu », né d’une femme, né sous la loi (litt. devenu d’une femme, devenu sous la loi). S’il vient ainsi vivre et mourir dans la chair, c’est que Dieu l’envoie pour triompher du péché et nous réconcilier avec lui ; ce faisant, il manifeste que la loi s’est condamnée elle-même en le condamnant à mort [?!] (Rm 6, 14). Elle n’a plus de prise sur ceux que l’Esprit fait vivre d’une vie nouvelle, celle du Fils de Dieu (voir 5, 18 ; Rm 6, 14). L’image de l’adoption prend la place de celle de la majorité légale pour exprimer la nouvelle condition de tous les croyants (le « nous » est inclusif) : il les fait participer à la vie du Fils unique de Dieu, en faisant d’eux des fils et des filles (voir 3, 13 ; Rm 8, 15).
4, 6 L’Esprit, qui est l’Esprit du Fils, confirme au croyant, au plus profond de son être, sa condition de fils ou de fille de Dieu et sa vie nouvelle (voir 1, 16). Il fait surgir de leur cœur l’invocation qui était celle de Jésus lui-même : « Abba, Père » (cf. Mt 14, 36).
4, 8 Dieu ne se confond avec aucune puissance, même invisible, du monde créé. La révélation de Dieu libère donc l’être humain de ces puissances qu’il est toujours tenté de diviniser. Voir Gn 1.
4, 9 Dans le langage biblique, la connaissance est une relation concrète, personnelle, intime. Paul veut dire que l’initiative de cette relation ne peut venir que de Dieu : les êtres humains ne le connaissent que parce qu’il les a aimés le premier (voir 1 Co 8, 3).
4, 10 Il est possible que Paul récuse d’un bloc la nécessité des fêtes juives en même temps que le rite du Sabbat pour les croyants venus du paganisme. Mais s’agit-il vraiment des fêtes juives ? Paul ne fait-il pas plutôt allusion à des rites d’origine pagano-helléniste en relation avec le culte des astres ? Il se pourrait que Paul ait affaire à des erreurs analogues à celles que combattra l’auteur de la lettre aux Colossiens quelques décennies plus tard (Col 2, 16-23).
4, 12 Paul imite le Seigneur qui a partagé la condition humaine, marquée par le péché, pour sauver tous les êtres humains. Il se fait tout à tous et se rend semblable à ceux à qui il annonce la « Bonne Nouvelle ». En l’occurrence il a vécu en non-Juif auprès des Galates. Voir 1 Co 9, 20-22. Si les Galates ont cherché d’autres modèles, ce n’est pas à Paul qu’ils ont fait du tort, mais à eux-mêmes.
4, 14 montré du dégoût : litt. craché. Un geste superstitieux par lequel on croit se mettre à l’abri des suites d’une mauvaise rencontre, notamment de certains malades. La maladie de Paul aurait dû éloigner les Galates de lui. Ce n’est donc pas la personne de Paul qui a attaché les Galates à la vérité de l’Évangile, mais la vérité de l’Évangile qui les a attachés à Paul. Pourquoi cette même vérité les opposerait-elle maintenant à lui ? À cause de ceux qui pervertissent l’Évangile et veulent accaparer l’affection des Galates ; comme Paul le dira en conclusion (6, 13), ils ne cherchent que leur propre gloire devant le forum du monde. Paul n’a pas été accueilli seulement comme un messager ou un ange de Dieu (en grec ange veut dire messager), voir Ga 1, 8. Il a été celui en la faiblesse de qui le Crucifié s’est révélé vivant pour eux, voir 1 Co 2, 3-5 ; 2 Co 4, 10-12.
4, 19 Voir 1 Co 4, 15. L’image ici est celle d’une naissance à la vie nouvelle ; elle se fait par « conformation » ou « configuration » au Christ serviteur (voir Ph 3, 21 ; Rm 12, 2). Les Galates doivent à Paul de vivre de la vie du Christ (2, 20), parce qu’il leur a annoncé l’Évangile, et qu’il souffre maintenant les douleurs de l’accouchement pour en maintenir la vérité (voir 2 Co 4, 10 ; Col 1, 24-25).
4, 21 Dans ce verset, Paul joue sur deux sens différents du mot loi : d’abord le régime de la loi, mode de vie dans l’obéissance à la loi qui prescrit (et notamment à la loi du Sinaï) ; puis la loi au sens des récits qui annoncent et promettent le dessein de Dieu. À ceux qui veulent suivre les prescriptions de la loi à la lettre, Paul demande de comprendre la vérité qu’elle leur révèle.
4, 24 allégorie, litt. ces choses sont dites-sous-une-autre-forme. Il ne s’agit pas d’une démonstration logique, mais d’un récit à interpréter à un second niveau de sens. Être fils d’Abraham selon la chair, comme le fils d’Agar, laisse l’être humain dans l’esclavage d’une alliance qui ne peut libérer de l’emprise du péché sur la chair ; être fils d’Abraham selon la promesse, comme Isaac, libère et fait vivre selon l’Esprit. Le parallèle porte également sur la ville où vivre : d’un côté le mont Sinaï où la loi fut donnée et la Jérusalem actuelle où elle est pratiquée, de l’autre la Jérusalem d’en haut qui donne accès à la liberté des enfants de Dieu et à l’héritage du Royaume futur. Voir 3, 18. 29 ; 5, 21 ; 6, 8. La démarche de la pensée est difficile à suivre. Paul veut opposer dans la descendance d’Abraham, la possibilité d’une filiation selon la chair qui ne peut conduire qu’à l’esclavage, et la possibilité d’une descendance selon la promesse et l’Esprit qui permet de vivre en fils. Même s’il paraît ouvrir la porte à une lecture scandaleuse qui fait de ceux qui relèvent de la loi (les Juifs) des descendants d’Agar, tandis que les croyants seraient les descendants d’Abraham, le texte doit être lu « sous une autre forme » (allègoroumena), et le lecteur est invité à comprendre que tous les descendants d’Abraham doivent d’une façon ou d’une autre passer d’un état d’esclavage lié au pouvoir du péché sur la chair, à un état de liberté et de filiation qui est la vie selon l’Esprit.
4, 26 L’association allégorique des femmes à la Jérusalem d’en haut et à la Jérusalem d’en bas s’appuie sur Es 54, 1. Selon la tradition juive, le bouleversement eschatologique que Jérusalem va connaître est pareil à celui de Sara passant de la stérilité à la fécondité. Dans la mystique juive à l’époque de Paul et par la suite, la vision des deux Jérusalem est présente, avec la prévalence de la Jérusalem d’en haut, trône et temple de Dieu. Mais le Talmud garde le souci de ne pas dissocier la Jérusalem d’en haut et celle d’en bas dans l’espérance eschatologique (TB, Taanît 5a).
4, 30 Cf. Gn 21, 10.


RP
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6) 12 & 14 mars — Esclavage et liberté. Ch. 4 (PDF)