mardi 28 janvier 2020

"Ils nous ont témoigné une humanité peu ordinaire"



Actes 27, 18 - 28, 10 ; Psaume 107, 8-9.19-22.28-32 ; Marc 16, 14-20

Actes 27, 18 - 28, 10
(Ch. 27) 18 Le lendemain, comme nous étions toujours violemment secoués par la tempête, on jetait du fret
19 et, le troisième jour, de leurs propres mains les matelots ont affalé le gréement.
20 Ni le soleil ni les étoiles ne se montraient depuis plusieurs jours ; la tempête, d’une violence peu commune, demeurait dangereuse : tout espoir d’être sauvés nous échappait désormais.
21 On n’avait plus rien mangé depuis longtemps quand Paul, debout au milieu d’eux, leur a dit : « Vous voyez, mes amis, il aurait fallu suivre mon conseil, ne pas quitter la Crète et faire ainsi l’économie de ces dommages et de ces pertes.
22 Mais, à présent, je vous invite à garder courage : car aucun d’entre vous n’y laissera la vie ; seul le bateau sera perdu.
23 Cette nuit même, en effet, un ange du Dieu auquel j’appartiens et que je sers s’est présenté à moi
24 et m’a dit : “Sois sans crainte, Paul ; il faut que tu comparaisses devant l’empereur et Dieu t’accorde aussi la vie de tous tes compagnons de traversée !”
25 Courage donc, mes amis ! Je fais confiance à Dieu : il en sera comme il m’a dit.
26 Nous devons échouer sur une île. »
27 C’était la quatorzième nuit que nous dérivions sur l’Adriatique ; vers minuit, les marins ont pressenti l’approche d’une terre.
28 Jetant alors la sonde, ils ont trouvé vingt brasses [une brasse = 1,85 mètre ; soit 37 mètres de profondeur] ; à quelque distance, ils l’ont jetée encore une fois et en ont trouvé quinze [soit env. dix mètres de moins].
29 Dans la crainte que nous ne soyons peut-être drossés [entraînés] sur des récifs, ils ont alors mouillé quatre ancres à l’arrière et souhaité vivement l’arrivée du jour.
30 Mais, comme les marins, sous prétexte de s’embosser [s’attacher] sur les ancres de l’avant, cherchaient à s’enfuir du bateau et mettaient le canot à la mer,
31 Paul a dit au centurion et aux soldats : « Si ces hommes ne restent pas à bord, vous, vous ne pourrez pas être sauvés. »
32 Les soldats ont alors coupé les filins du canot et l’ont laissé partir.
33 En attendant le jour, Paul a engagé tout le monde à prendre de la nourriture : « C’est aujourd’hui le quatorzième jour que vous passez dans l’expectative sans manger, et vous ne prenez toujours rien.
34 Je vous engage donc à reprendre de la nourriture, car il y va de votre salut. Encore une fois, aucun d’entre vous ne perdra un cheveu de sa tête. »
35 Sur ces mots, il a pris du pain, a rendu grâce à Dieu en présence de tous, l’a rompu et s’est mis à manger.
36 Tous alors, reprenant courage, se sont alimentés à leur tour.
37 Au total, nous étions deux cent soixante-seize personnes à bord.
38 Une fois rassasiés, on a allégé le bateau en jetant le blé à la mer.
39 Une fois le jour venu, les marins ne reconnaissaient pas la terre, mais ils distinguaient une baie avec une plage et ils avaient l’intention, si c’était possible, d’y échouer le bateau.
40 Ils ont alors filé les ancres par le bout, les abandonnant à la mer, tandis qu’ils larguaient les avirons de queue ; puis, hissant au vent la civadière [voile carrée à l’avant du navire], ils ont mis le cap sur la plage.
41 Mais ils ont touché un banc de sable et y ont échoué le vaisseau ; la proue, enfoncée, est restée prise, tandis que la poupe se disloquait sous les coups de mer.
42 Les soldats ont eu alors l’idée de tuer les prisonniers, de peur qu’il ne s’en échappe à la nage.
43 Mais le centurion, décidé à sauver Paul, les a empêchés d’exécuter leur projet ; il a ordonné à ceux qui savaient nager de sauter à l’eau les premiers et de gagner la terre.
44 Les autres le feraient soit sur des planches soit sur des épaves du bateau. Et c’est ainsi que tous se sont retrouvés à terre, sains et saufs.

(Ch. 28) 1 Une fois hors de danger, nous avons appris que l’île s’appelait Malte.
2 Les autochtones nous ont témoigné une humanité peu ordinaire. Allumant en effet un grand feu, ils nous en ont tous fait approcher, car la pluie s’était mise à tomber, et il faisait froid.
3 Paul avait ramassé une brassée de bois mort et la jetait dans le feu, lorsque la chaleur en a fait sortir une vipère qui s’accrocha à sa main.
4 A la vue de cet animal qui pendait à sa main, les autochtones se disaient les uns aux autres : « Cet homme est certainement un assassin ; il a bien échappé à la mer, mais la justice divine ne lui permet pas de vivre. »
5 Paul, en réalité, a secoué la bête dans le feu sans ressentir le moindre mal.
6 Eux s’attendaient à le voir enfler, ou tomber raide mort ; mais, après une longue attente, ils ont constaté qu’il ne lui arrivait rien d’anormal. Changeant alors d’avis, ils répétaient : « C’est un dieu ! »
7 Il y avait, dans les environs, des terres qui appartenaient au premier magistrat de l’île, nommé Publius. Il nous a accueillis et hébergés amicalement pendant trois jours.
8 Son père se trouvait alors alité, en proie aux fièvres et à la dysenterie. Paul s’est rendu à son chevet et, par la prière et l’imposition des mains, il l’a guéri.
9 Par la suite, tous les autres habitants de l’île qui étaient malades venaient le trouver, et ils étaient guéris à leur tour.
10 Ils nous ont donné de multiples marques d’honneur et, quand nous avons pris la mer, ils avaient pourvu à nos besoins.

Marc 16, 14-20
14 Ensuite, il se manifesta aux Onze, alors qu’ils étaient à table, et il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient vu ressuscité.
15 Et il leur dit : « Allez par le monde entier, proclamez l’Évangile à toute la création.
16 Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamné.
17 Signes, en revanche, [des envoyés] pour ceux qui auront cru, ces [signes des envoyés les] accompagneront en mon nom : [les envoyés] chasseront les démons, ils parleront des langues nouvelles,
18 ils prendront dans leurs mains des serpents, et s’ils boivent quelque poison mortel, cela ne leur fera aucun mal ; ils imposeront les mains à des malades, et ceux-ci seront guéris. »
19 Donc le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu.
20 Quant à eux, ils partirent prêcher partout : le Seigneur agissait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.

*

« Ils nous ont témoigné une humanité peu ordinaire » (Ac 28, 2). Ce sont les mots qu’ont retenus nos frères et sœurs maltais préparant cette célébration œcuménique 2020. « Ils », à savoir, dans le texte, « les autochtones », maltais du 1er siècle donc, accueillant avec une humanité rare des naufragés échoués sur leur terre. Comment ne pas penser, avec nos frères et sœurs maltais, à notre actualité méditerranéenne, avec ses réfugiés, naufragés s’échouant sur les côtes européennes ? Or, ce que nous enseignent les textes que nous avons entendus c’est que nous, humanité, serons sauvés tous ensemble, ou condamnés tous ensemble…

Le texte des Actes des Apôtres nous fait toucher du doigt que l’accueil, avec cette humanité peu ordinaire qu’ont montrée les Maltais, est un bénéfice… pour ceux qui accueillent ! Cela a été un bénéfice pour les Maltais du premier siècle ! Chose que l’on ne sait pas à l’avance, comme les Maltais des Actes des Apôtres ne l’ont d’abord pas su. On ne sait pas par où Dieu nous fait advenir ses dons… L’Épître aux Hébreux le dit ainsi : « certains ont logé des anges sans le savoir » (Hé 13, 2). En écho, le constat des Maltais à propos de Paul en Ac 28, 6 : « c’est un dieu », selon leur vocabulaire propre, c’est-à-dire ; en termes bibliques, un ange, messager de Dieu ! Cela après qu’ils eussent pensé — Ac 28, 4-6 : « Cet homme est certainement un assassin… » Accueille-t-on, avec humanité, une menace, comme le disent certains, comme la menace d’une vipère que l’on réchauffe en son sein, ou accueille-t-on sans le savoir notre salut ? — porté alors par Paul, considéré d’abord comme « un assassin », suite à ce signe néfaste : une vipère.

*

« La chaleur [du feu préparé par les Maltais] en a fait sortir une vipère qui s’accrocha à [la] main [de Paul]. À la vue de cet animal qui pendait à sa main, les autochtones se disaient les uns aux autres : "Cet homme est certainement un assassin ; il a bien échappé à la mer, mais la justice divine ne lui permet pas de vivre." » (Ac 28, 3-4). Mais non ! La vipère ne lui fait aucun mal. C’est donc plutôt « un dieu », un ange. Ce qui se confirme par les guérisons qu’il opère (Ac 28, 3-9) — où, nous, lecteurs de la Bible, retrouvons les signes accompagnant les Apôtres selon Marc (16, 20) : « le Seigneur agissait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient » — selon la promesse de Jésus (Mc 16, 17-18), dont il convient de la lire comme faisant suite à l’annonce (au verset qui précède, v. 16) de la menace d’une condamnation, pour la renverser : « en revanche, signes pour ceux qui auront cru, ces [signes des envoyés les] accompagneront en mon nom : [les envoyés] chasseront les démons, ils parleront des langues nouvelles, ils prendront dans leurs mains des serpents, et s’ils boivent quelque poison mortel, cela ne leur fera aucun mal ; ils imposeront les mains à des malades, et ceux-ci seront guéris. »

Ce sont bien les envoyés, ici Paul, qui opèrent les signes, pas les Maltais, qui eux, en sont bénéficiaires (« signes pour ceux qui auront cru », rapporte Marc 16, 17-18).

En parallèle, comme après coup, l’Épître aux Hébreux rappelle, au passé (ch. 2, 3b-4) : « […] un pareil salut, qui commença à être annoncé par le Seigneur, puis fut confirmé pour nous par ceux qui l’avaient entendu, et fut appuyé aussi du témoignage de Dieu par des signes et des prodiges, des miracles de toute sorte, et par des dons de l’Esprit Saint répartis selon sa volonté » — où l’on retrouve notre « finale longue » de Marc, ch. 16, 19-20 : « le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils partirent prêcher partout : le Seigneur agissait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient. »

Bref, on a affaire à des signes de la fin (i.e. eschatologiques). Des signes de ce que le Royaume qui s’est approché en Jésus s’est approché de nous par la Parole de ses envoyés : des signes miraculeux accompagnent dans la Bible les temps où le Royaume s’approche. Ils n’adviennent qu’en ces temps-là, depuis Moïse et les Prophètes : lors du don de la Loi (signes opérés par Moïse et ses successeurs), au temps des Prophètes bibliques (Élie, puis Élisée), lors de la venue du Règne de Dieu en Jésus (par Jésus, puis les Apôtres).

Signes du Royaume. Ce qui se confirme par le texte des Actes des Apôtres que nous avons entendu — où nous est montré un Paul devenu quasi « capitaine » du navire dans la tempête pour le conduire à bon port ! Dans l’espérance du Royaume promis.

*

Vous êtes-vous posé la question ? Actes ch. 27 à 28 : Où est passé le capitaine ? C’est Paul, prisonnier, captif de l’armée romaine, qui prend les commandes ! Cf. ch. 27, 9-12 : « […] il devenait désormais dangereux de naviguer, puisque le Jeûne [Yom Kippour — septembre : Paul est juif et Actes un texte juif] était déjà passé. Paul a voulu donner son avis : "Mes amis, leur a-t-il dit, j’estime que la navigation va entraîner des dommages et des pertes notables non seulement pour la cargaison et le bateau, mais aussi pour nos personnes." Le centurion néanmoins se fiait davantage au capitaine et au subrécargue [i.e. l’agent de l’affréteur du navire] qu’aux avertissements de Paul [et on peut le comprendre ! Paul, un prisonnier : de quoi se mêle-t-il ?!]. Comme le port, en outre, se prêtait mal à l’hivernage, la majorité a été d’avis de reprendre la mer ».

Et voilà que plus loin, dans le texte que nous avons entendu, c’est carrément le prisonnier qui prend les commandes. Annonce d’un monde nouveau et pas prise de pouvoir — Paul reste un prisonnier !

Ac 28 v. 20 : « la tempête, d’une violence peu commune, demeurait dangereuse : tout espoir d’être sauvés nous échappait désormais ». (Et on peut penser à d’autres tempêtes, comme la menace écologique actuelle, en lien avec la crise entraînant des guerres et des réfugiés.)

*

Cf. Mc 16, 16 : « qui croira […] sera sauvé, qui ne croira pas sera condamné ». Croire ce que l’on n’a pas vu, mais que d’autres ont vu (Mc 16, 14). Aujourd’hui croire aussi par la Parole qui nous vient par l’autre Église, par les autres Églises. Au-delà de chacun, cela concerne toute la création (v. 15) — pour les deux aspects : être sauvé ou être condamné ! Cela se confirme par la précision du texte mentionnant le baptême : « qui croira et sera baptisé sera sauvé, qui ne croira pas sera condamné ». La précision concernant le baptême, « et sera baptisé », indique une participation : être baptisé signifie participer à un corps, et en l’occurrence, pour une mission, si ce corps est l’Église, puisque le mot traduit dans la Bible grecque l’hébreu Qahal, signifiant « appelée », appelée pour une mission concernant toute la création (v. 15) — menacée d’être condamnée, mais appelée à être sauvée. Dans Actes 28 : « aucun d’entre vous n’y laissera la vie ; seul le bateau sera perdu » (ch. 28 v. 22). Condamnés ou sauvés tous ensemble, pour traverser la même tempête, dans le même bateau provisoire. Rassasiés par un même pain rompu, comme au jour de la Pâque, pour la traversée de la mer au jour de l’Exode, la traversée de la mort au jour de la croix : Paul « prit du pain, rendit grâce à Dieu en présence de tous, le rompit et se mit à manger. Tous alors, reprenant courage, s’alimentèrent à leur tour » (ch. 28 v. 35-36).

Tous dans le même bateau, Actes 28, 30-32 : « comme les marins, sous prétexte de s’embosser [s’attacher] sur les ancres de l’avant, cherchaient à s’enfuir du bateau et mettaient le canot à la mer [i.e. pour se sauver seuls !], Paul a dit au centurion et aux soldats : "Si ces hommes ne restent pas à bord, vous, vous ne pourrez pas être sauvés. Les soldats ont alors coupé les filins du canot et l’ont laissé partir." » Écho à nouveau dans l’Épître aux Hébreux (ch. 12 v. 14) : « sans la sanctification, nul ne verra le Seigneur » — la sanctification des uns vaut ici pour tous : sans elle, personne ne verra le Seigneur…

Plus loin, au livre des Actes, ch. 28 v. 41-44 : « tandis que la poupe se disloquait sous les coups de mer, les soldats ont eu alors l’idée de tuer les prisonniers, de peur qu’il ne s’en échappe à la nage. Mais le centurion, décidé à sauver Paul, les a empêchés d’exécuter leur projet ; il a ordonné à ceux qui savaient nager de sauter à l’eau les premiers et de gagner la terre. Les autres le feraient soit sur des planches soit sur des épaves du bateau. Et c’est ainsi que tous se sont retrouvés à terre, sains et saufs. » — Saufs ! Sauvés ! Tous… Telle est la promesse qui nous est renouvelée dans les textes que nous avons lus, et les signes qui nous y sont relatés : nous n’échapperons à la menace qui pèse sur nous tous ; nous ne traverserons l’épreuve qui nous concerne tous que par la confiance en la Parole qui peut nous sauver, et cela concrètement, via les signes que nous en ont donnée les premiers témoins du Christ, et nous ne recevrons ce salut que tous ensemble, comme témoins ensemble et œcuméniques, pour le bénéfice de tous.


RP, Châtellerault, Semaine de l’Unité, 20 janvier 2020



Samuel Barber - Adagio for Strings | Leonard Bernstein / New York Philharmonic


lundi 13 janvier 2020

Évangile selon Matthieu - Les Douze et leur mission



Lire Matthieu ch. 8-12

(Voir ICI, tableau des citations de la Bible des Septante dans l’Évangile de Matthieu)


Suivre Jésus (8,1-9,38)
• Descente de la Montagne (8, v. 1)
• Guérison d’un lépreux (8, v. 2-4)
• Guérison du serviteur du centurion, de la belle-mère de Pierre, etc. Ésaïe 53 (8, v, 5-17)

• Pour suivre Jésus (8 v. 18-22)
• La tempête apaisée (8 v. 23-27)
• Les démonisés de Gadara (8 v. 28-34)
• Guérison d’un paralysé (9 v. 1-8)

• L'appel de Matthieu, etc. (9 v. 9-17)
• La fille du chef et la femme qui souffrait d'hémorragies (9 v. 18- 26)
• Guérison de deux aveugles, etc. (9 v. 27-34)

• Foules sans berger et moisson abondante (9 v. 35-38)

Discours d'envoi en mission (10,1-11,1)
• L'envoi des disciples (10 v. 1-15)
• Instructions et avertissements aux disciples (10 v. 16 – 11 v. 1)

Paroles et gestes de Jésus (11,2-12,50)
• La question de Jean le Baptiste (11 v. 2-19)
• Malheur à Chorazin et Bethsaïda (11 v. 20-24)
• Ce qui est caché aux sages et aux savants… et joug (11 v. 25-30)


• Épis arrachés le jour du sabbat (12 v. 1-8)
• Guérisons le jour du sabbat, etc.(12 v. 9-21)
• Béelzéboul et le péché contre l'Esprit (12 v. 22-32)

• Ce que dit la bouche déborde du cœur, etc. (12 v. 33-45)
• La mère et les frères de Jésus (12 v. 46-50)


RP
Évangile selon Matthieu

Église protestante unie de France / Poitiers
Étude biblique / catéchisme adultes 2019-2020
– 1ère part. Chaque 2e mardi du mois à 14 h 30
& chaque jeudi qui suit le 3e mardi à 20 h 30
– 2ème part. Chaque 3e mardi du mois à 14 h 30
& chaque jeudi qui suit le 2e mardi à 20 h 30
4 — Les Douze et leur mission (Mt ch. 8-12)
(Poitiers : 14 & 16 + 21 & 23 janvier / Châtellerault : 28 janvier) (PDF)



vendredi 6 décembre 2019

Évangile selon Matthieu - Le Sermon sur la montagne




Lire Matthieu ch. 5 à 7
Le Sermon sur la montagne (PDF ici)

(Voir ICI, tableau des citations de la Bible des Septante dans l’Évangile de Matthieu)


• Les Béatitudes (Mt 5, 1-12)
• Sel de la terre et lumière du monde (Mt 5, 13-15)
• Pérennité de la Loi et des Prophètes (Mt 5, 17-48)

• Observance du cœur (Mt 6, 1-18)
• Notre Père (Mt 6, 9-13)
• Servir Dieu ou Mammon (Mt 6, 19-33)

• Ne jugez pas (Mt 7, 1-6)
• Demandez et vous obtiendrez (Mt 7, 7-12)
• La porte étroite (Mt 7, 13-23)
• Sur le roc (Mt 7, 24-29)


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3 — Le Sermon sur la montagne (Mt ch. 5-7)
(Poitiers : 10 & 12 + 17 & 19 décembre / Châtellerault : vendredi 20 décembre) (PDF)



jeudi 7 novembre 2019

Évangile selon Matthieu - Début du ministère de Jésus




Lire Matthieu ch. 3 et 4
Prédication de Jean et début du ministère de Jésus (PDF ici)

(Voir ICI, tableau des citations de la Bible des Septante dans l’Évangile de Matthieu)


• Prédication de Jean le Baptiste
Ésaïe 40 (LXX)
Cf. Ézéchiel 36
(Cf. 2 Rois 1, 2-8)
Cf. Engeance de vipères et poils de chameau

• Baptême de Jésus
Cf. Accomplir toute justice

• Jésus au désert et tentations/épreuves
Deutéronome (LXX)
Dt 8, 3
  Psaume 90, 11 (LXX)
Dt 6, 16
Dt 6, 13 (cf. Lc 4, 6 ; Jn 12, 31 & 16, 11 ; 2 Co 4, 4)
Cf. Épreuve au désert

• Arrestation de Jean le Baptiste et retour de Jésus en Galilée
Ésaïe 8, 23 – 9, 1 (mixte LXX / Bible hébraïque)

• Appel des disciples et début de ministère
Cf. La vocation des disciples


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2 — Début du ministère de Jésus (Mt ch. 3-4) — (Poitiers : 12 & 14 + 19 & 21 novembre / Châtellerault : 26 novembre) (PDF)


vendredi 4 octobre 2019

Évangile selon Matthieu - L'enfance de Jésus




Lire Matthieu ch. 1 et 2
L'enfance de Jésus (PDF ici)

Généalogie (cf. Genèse 2, 4)
Depuis Abraham – 3 fois 14 générations :
Abraham → David / David → exil / exil → Jésus.
4 femmes – Tamar, Rahab, Ruth, « la femme d’Urie » : un seul point commun, 4 femmes des nations, étrangères d’une façon ou d’une autre selon la Bible et/ou (Tamar) selon la traduction juive. Cf. Genèse 38 ; Josué 2 ; Ruth (notamment 4, 12) ; 2 Samuel 11-12 : Bath-Shéva référée à son mari Urie (le Hittite) est ainsi désignée comme femme des nations.
Cf. envoi aux nations. Derniers mots de Matthieu (28, 19-20).
(Voir ICI, tableau des citations de la Bible des Septante dans l’Évangile de Matthieu)

L'annonce à Joseph
Cf. Ésaïe 7, 14 (LXX)
Cf. Noël, un presque rien pour le salut du monde

Venue des mages (prêtres des nations)
Cf. Nombres 24
Cf. Cheminement de Mages
À Bethléem. Cf. Michée 5, 1

Fuite en Égypte
Exil et retour.
Cf. Osée 11, 1

Massacre des innocents
Cf. Jérémie 31, 15
Cf. Exode / Hérode // Pharaon

Installation à Nazareth
Nazoréen – cf. Nombres 6, 1-8 ; Psaume 132 (131), 18 (LXX) ; Juges 13, 5 ; Ésaïe 11, 1 ; Zacharie 6, 12, etc. ?


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& chaque jeudi qui suit le 2e mardi à 20 h 30
1 — Introduction. Origines et Promesse (Mt ch. 1-2) - (Poitiers : 8 & 10 + 15 & 17 octobre / Châtellerault : 22 octobre) (PDF)


vendredi 7 juin 2019

Aux Galates - Post-scriptum




Galates 6, 11-18 | TOB 2010
11 Voyez ces grosses lettres : je vous écris de ma propre main !
12 Des gens désireux de se faire remarquer dans l’ordre de la chair, voilà les gens qui vous imposent la circoncision. Leur seul but est de ne pas être persécutés à cause de la croix du Christ ;
13 car, ceux-là mêmes qui se font circoncire n’observent pas la loi ; ils veulent néanmoins que vous soyez circoncis, afin de tirer fierté de votre chair.
14 Pour moi, non, jamais d’autre fierté que la croix de notre Seigneur Jésus Christ ; par elle, le monde est crucifié pour moi, comme moi pour le monde.
15 Car, ce qui importe, ce n’est ni la circoncision, ni l’incirconcision, mais la nouvelle création.
16 Sur ceux qui se conduisent selon cette règle, paix et miséricorde, ainsi que sur l’Israël de Dieu.
17 Dès lors, que personne ne me cause de tourments ; car moi, je porte en mon corps les marques de Jésus.
18 Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit, frères. Amen.

* * *

(11) - « Grosses lettres » ? / post scriptum entier sans secrétaire ?

(12) - « Persécution » ? De la part des strict-observants ? Ou référence au fait que Rome veut des appartenances religieuses bien tranchées ? — Les juifs sont dotés par Rome de droits spécifiques que les chrétiens non-juifs n’ont pas, étant dès lors classés parmi les « superstitieux », adeptes d’une religion illégale pour Rome. D’où la tentation d’entrer dans les cadres romains en faisant circoncire les prosélytes, entrant par là dans le cadre légal ; tandis que la prédication de Paul ouvre sur une réalité en frontière, ipso facto en risque d’illégalité et donc de persécution ?

(13) - Ce qui importe n’est pas de l’ordre des identités de ce temps (la « chair »), mais est précisément en frontière, signe de ce qu’il est un autre temps, déjà là dans la foi, bien que, relevant de l’invisible, pas encore là…

(14) - Le point d’insertion en ce temps de l’autre temps, l’autre « éon », le temps éternel, est la croix ; qui ôte toute légitimité à se glorifier d’identités temporelles (« le monde crucifié pour moi, comme moi pour le monde »).

(15) - Circoncision ou incirconcision deviennent deux façons d’identités temporelles, relevant de cette (désormais ancienne) création.

(16) - L’Israël historique, relève, jusqu’à la fin du temps, de cette création-ci, Israël parfaitement légitime jusqu’à la fin du temps. L’Église en train de naître relève aussi, comme réalité visible, de cette création temporelle. Ainsi, l’ « Israël de Dieu » n’est pas l’Église, relevant elle aussi du temps, mais le peuple spirituel transcendant les identités temporelles, Israël éternel que signifie et symbolise l’Israël temporel dont l’Alliance s’ouvre, via l’Église, aussi aux nations ; le rôle d’Israël vaut donc ainsi jusqu’à la fin du temps (en total accord avec Matthieu / 5, 18).

(17) - « Marques » : litt. « stigmates ». Pas à la façon de François d’Assise ! Mais façon de dire à nouveau la « crucifixion » au monde, avec le Christ, via une allusion probable aux coups que Paul rappelle à plusieurs reprises avoir reçus au cours de sa mission.

(18) - Bénédiction : « avec votre esprit » — façon de souligner la participation des Galates au monde futur.


RP
Épître de Paul aux Galates

Église protestante unie de France / Poitiers
Étude biblique 2018-2019
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9) 11 & 13 juin — Post-scriptum. Ch. 6, 11-18


vendredi 10 mai 2019

Paul aux Galates - Éléments d’éthique




Galates 6, 1-10 | TOB 2010
1 Frères, s’il arrive à quelqu’un d’être pris en faute, c’est à vous, les spirituels, de le redresser dans un esprit de douceur ; prends garde à toi : ne peux-tu pas être tenté, toi aussi ?
2 Portez les fardeaux les uns des autres ; accomplissez ainsi la loi du Christ.
3 Car, si quelqu’un se prend pour un personnage, lui qui n’est rien, il est sa propre dupe.
4 Mais que chacun examine son œuvre à lui ; alors, s’il y trouve un motif de fierté, ce sera par rapport à lui-même et non par comparaison à un autre.
5 Car c’est sa propre charge que chacun portera.
6 Que celui qui reçoit l’enseignement de la Parole fasse une part dans tous ses biens en faveur de celui qui l’instruit.
7 Ne vous faites pas d’illusions : Dieu ne se laisse pas narguer ; car ce que l’homme sème, il le récoltera.
8 Celui qui sème pour sa propre chair récoltera ce que produit la chair : la corruption. Celui qui sème pour l’Esprit récoltera ce que produit l’Esprit : la vie éternelle.
9 Faisons le bien sans défaillance ; car, au temps voulu, nous récolterons si nous ne nous relâchons pas.
10 Donc, tant que nous disposons de temps, travaillons pour le bien de tous, surtout celui de nos proches dans la foi.

* * *

« Vous, les spirituels » (Ga 6, 1). Indice, après « si vous vous mordez les uns les autres » (Ga 5, 15), de ce que Paul use de l’ironie.

Cf. Ps 143 / Ga 2, 16. Personne n’étant juste devant Dieu, Paul, avec le Psalmiste, enseigne de s’en tenir à la seule fidélité de Dieu. Appliqué au Christ crucifié, le Psaume le révèle comme celui qui a traversé la violence de la croix dans cette seule confiance. Nous voilà donc sauvés, en lui, par sa seule confiance : sauvés par la foi du Christ, confiant en la foi/fidélité de Dieu. Est-ce à dire que sous cet angle « chacun fait fait fait, ce qui lui plaît… », selon la chanson ? C’est ce qui a été reproché à nombre de pauliniens, y compris à Luther et aux protestants en général…

Luther n’a pas manqué de s’en amuser : « Il y a des fois où il faut boire un bon coup et prendre ses ébats et s'amuser, bref, commettre quelques péchés, en haine et mépris du diable… Je boirai donc parce que tu le défends et même je boirai un bon coup ! Il faut toujours faire ce que Satan défend ! Oh ! Si je pouvais enfin imaginer quelque énorme péché pour décevoir le diable et qu'il comprenne que je ne reconnais aucun péché, que ma conscience ne m'en reproche aucun. » (Martin Luther, Correspondance) Apparemment loin de Paul décrivant « les œuvres de la chair » (Ga 5, 19-21) ! Luther marcionite (antinomiste / ennemi de la Loi) ? C’est ce dont on l’a accusé dans sa lecture de Paul. En fait une façon de dire (avec Paul !) que la loi n’a pas pour fonction de lier les consciences libérées par la foi de Dieu / du Christ, que ce soit au plan identitaire qu’elle induit, ou en regard de pratiques pénitentielles au XVIe siècle. La loi n’est pas rejetée pour autant. Chaque épître paulinienne, y compris Galates, se termine par des conseils de comportement renvoyant… à la loi (cf. Ga 5, 14).

Contradiction de Paul ? Car la question de l’observance de ce qu’enseigne la Bible en matière de comportement demeure ! (cf. Ga 6, 2-5.) Où apparaît le fameux et réformateur « 3e usage de la loi », formalisé par Calvin et dans sa lignée : trois usages de la loi — pédagogique, politique et normatif, selon une distinction appuyée sur la distinction de trois aspects de la loi : judiciaire, cérémoniel et moral.

L’aspect judiciaire est cet aspect de la loi qui, selon sa primauté par rapport aux pouvoirs, se concrétise dans une vie de la Cité gérée de façon jurisprudentielle, donc souple — correspondant à l’usage politique. Cet aspect est perçu, quant à la lettre de la loi, comme correspondant à des temps et à une culture donnée : par exemple les formes de gouvernements, qui sont variables selon les lieux (on n'est plus avant l’exil de 586 av. JC !). On en dira la même chose quant à l’aspect cérémoniel (les cérémonies religieuses de la loi) perçu lui aussi, quant à sa lettre, comme correspondant à un temps et/ou à une culture donnée. Où l’on retrouve le propos de Paul aux Galates : la pratique des rites varie selon les lieux, les temps et les circonstances. Ainsi, quant à l’aspect cérémoniel, on ne pratique pas aujourd’hui de sacrifices d’animaux dans le Temple de Jérusalem — de toute façon détruit (on est après l'an 70) ; les sacrifices correspondant pourtant à des mitsvoth cérémonielles dont Israël demeure le témoin jusqu’à la fin du temps. Une perspective calvinienne considère que dans un cadre chrétien, la variabilité des rites vaut pour tout commandement en son aspect cérémoniel — lié, à l’instar de l’aspect judiciaire, à des temps, lieux et traditions.

En revanche l’aspect moral, comme norme idéale, propre à orienter une éthique — « portez les fardeaux les uns des autres » —, n’est pas sujet aux variations culturelles, même si son application s’adapte aux circonstances — où l’on rejoint l’usage normatif. Sous cet angle — où l’on retrouve Paul en ses fins d’épîtres (Ga 5, 13 – 6, 10 //) —, la loi comme norme morale se déploie en vertus. À commencer par des vertus communes, que l’on retrouve chez les stoïciens, les aristotéliciens, etc. comme vertus dites naturelles — avec cependant cette caractéristique, dans la perspective chrétienne, qui est d’être enracinées dans une nature perçue en regard de la Bible. Ce que l’on retrouve chez Paul : son développement du fruit de l’Esprit (Ga 5, 22) rejoint précisément les enseignements des philosophes sur les vertus (ce que développera de la façon la plus précise Thomas d’Aquin)…

La loi naturelle est en quelque sorte « corrigée » — en regard de la loi biblique, donnée au Sinaï comme n’ayant pas d’auteur : signe de cela, le Décalogue écrit du doigt de Dieu.

*

« La loi n’est pas contre ces choses » (Ga 5, 23 — toujours l’ironie de Paul). Le divin est irreprésentable, sans garant humain de sa présence comme l'était le pouvoir (de Pharaon ou autre) dont Dieu libérait son peuple — pouvoir humain qui n'est dès lors pas non plus source de la loi ; qui ne saurait donc, selon Paul, se réduire à un phénomène humain (« charnel ») identitaire, ou, selon Luther, à des rites pénitentiels, « charnels » aussi. D’où, aux jours de Paul, aux Galates : « c’est pour la liberté que Christ nous a libérés » (Ga 5, 1).

Ouverture contemporaine : Voilà une loi, exprimée dans la Torah, qui n'a pas d'auteur qui en serait le garant, qui y serait donc potentiellement ou actuellement supérieur. Moïse n'est pas donné comme un nouveau Pharaon (ou un nouvel Hammourabi). La loi dont il témoigne ne procède pas de lui : il y est lui-même soumis ! Cela restera vrai même après l'institution de la monarchie, avec la dynastie davidique qui se caractérise par l'exigence de soumission du roi à la loi. C'est à cette tradition que se référeront les révolutionnaires puritains anglais posant la supériorité de la loi par rapport à tous : personnes privées, rois, et même Églises ; la loi reçue dans une convention (Covenant) de tous, en analogie avec la loi biblique. Une loi morale qui fait de la loi naturelle moderne une relecture philosophique de la loi morale (l’aspect universel de la loi biblique) résumée dans le Décalogue. C'est, mutatis mutandis, ce modèle que reprendront les révolutions américaine et française. Pour la révolution américaine, voir aussi l’anticipation dès les années 1630 au Rhode Island fondé par le pasteur baptiste Roger Williams. Pour la France, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789. Proclamée « sous les auspices de l’Être suprême », elle est présentée sur l’image de tables semblables à celles qui représentent le Décalogue. Ce n’est pas par hasard : don de liberté, suivi d’une loi pour que l’acquis ne se perde pas. Là encore « sous les auspices de l’Être suprême », contre tout arbitraire comme celui auquel on vient d’échapper, celui d’une monarchie absolue, se retrouve la nécessité de la vertu comme fruit l’Esprit — en toute humilité selon Paul aux Galates, d’où son ironie : « si quelqu’un se prend pour un personnage… » (Ga 6, 3).


RP
Épître de Paul aux Galates

Église protestante unie de France / Poitiers
Étude biblique 2018-2019
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8) 14 & 16 mai — Éléments d’éthique. Ch. 6, 1-10