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jeudi 17 novembre 2022

Exode / esclavage et libération




Exode / esclavage et libération (cf. Exode 15) / Châtellerault : 22 novembre ; Poitiers : 6 décembre

Exode 15
1 Alors, avec les fils d’Israël, Moïse chanta ce cantique au SEIGNEUR. Ils dirent‭ : «‭ Je veux chanter le SEIGNEUR, il a fait un coup d’éclat. Cheval et cavalier, en mer il les jeta.
2 Ma force et mon chant, c’est le SEIGNEUR. Il a été pour moi le salut. C’est lui mon Dieu, je le louerai‭ ; le Dieu de mon père, je l’exalterai.
3 Le SEIGNEUR est un guerrier. Le SEIGNEUR, c’est son nom.‭ »
(TOB) — Cf. la suite du ch. 15…

«‭ Le Saint béni soit-Il, ne se réjouit pas de la chute du méchant. […] Les anges de Service voulurent entonner un chant (au passage de la mer Rouge) mais le Saint béni soit-Il leur dit‭ : “Mes créatures se noient dans la mer et vous voulez chanter devant Moi ?”‭ » (Meguila 10b)

*

Raphaël Draï, La Sortie d'Egypte‭ : L'invention de la liberté, Fayard 1986. 4e de couv. extrait‭ :

« Il y a près de trente-cinq siècles, les Bnei Israël, sous la conduite de Moïse, sortaient d'Egypte.

On s'accorde, depuis lors, à faire de cette sortie un des événements fondateurs de l'histoire de l'humanité. Mais a-t-on jamais, au-delà des interprétations avancées (apparition d'un peuple dans l'histoire, invention du monothéisme, etc.), véritablement perçu la dimension essentielle de l'événement : l'invention de la liberté ?

Contraignant Pharaon à leur ouvrir les portes pour qu'ils quittent l'Egypte, les Juifs, par ce mouvement sans précédent, rejettent pour la première fois l'ordre esclavagiste qui semblait pourtant inscrit dans la nature des choses ; ils proclament la primauté de l'Etat de droit sur l'arbitraire idolatrique ; ils récusent, en offrant une alternative politique et religieuse, la cosmocratie pharaonique dans son principe et ses mythologies extrémistes ; ils dénoncent la folie de l'exercice absolu du pouvoir qui peut se porter jusqu'au génocide. […] »


(Cf. ici : R. Draï, Sortir - complètement - d'Egypte ; et ici : extraits de : R. Draï, La Sortie d'Egypte‭ : L'invention de la liberté ; proposés par Jean-Paul Sanfourche. Voir aussi l'article de Sonia Sarah Lipsyc, Des femmes de l'Exode à l’éveil féministe au regard de la tradition juive.)

*

Liliane Crété, Les puritains, Quel héritage aujourd'hui ? Olivétan 2012. 4e de couv. extrait :

« En France, le terme puritain est employé régulièrement pour dénigrer tout ce qui est anglo-saxon, anglophone ou américain. Au début du XXe siècle aussi, il était de bon ton d’associer le puritanisme à tout ce qui n’allait pas en Amérique. Les Français ont suivi le mouvement en confondant le puritain d’hier avec le capitaliste avide et le moraliste évangélique d’aujourd’hui.

Mais qui connaît la véritable identité des puritains ? Hérauts de la démocratie ? Rabat-joie ? Assoiffés de vérité évangélique ? Un modèle social voué au seul travail, bannissant les plaisirs, accompagné d’un projet politique théocratique ? […]

Le puritanisme est fortement marqué par son époque. Parce que les puritains se sont assigné la tâche de purifier non seulement l'Église, mais tous les rouages de la société […]. C’est seulement en les replaçant dans le temps et l’espace qui furent les leurs, que l’on peut comprendre leur mentalité, leur comportement et leurs motivations. […] »


*

Dans l'Angleterre du XVIIe siècle, où les puritains remettent en question un système où une Église et un pouvoir qui y est lié font clef de voûte de la Cité et posent comme alternative la supériorité de la loi, et sur les princes et sur les Églises. De façon équivalente, en France, sous l'Ancien Régime, une religion majoritaire faisait clef de voûte de la cité : le protestantisme minoritaire y a connu plus d'un siècle de clandestinité (de la révocation, en 1685, de l’Édit de tolérance dit Édit de Nantes, à un nouvel Édit de tolérance en 1687). Le judaïsme était toléré, au prix de vexations diverses. Le protestantisme et le judaïsme portent en France l'héritage historique de minorités persécutées ou ghettoïsées.

Les choses changent lors de la Révolution française, où les représentants de la minorité protestante vont réclamer pour le protestantisme et pour le judaïsme, plus que la tolérance, la liberté.

Député à l'Assemblée constituante de 1789, le pasteur Rabaut Saint-Étienne sera le porte-parole de cette revendication. Rabaut Saint-Étienne a joué un rôle significatif dans l'adoption de l'article X de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 (qui est en arrière-plan de l'article XVIII de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948) dans la forme qui est la sienne : « nul de doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi ». L'incise « même religieuses » est due au pasteur Rabaut Saint-Étienne : nous voulons la liberté et pas seulement la tolérance.

L’articulation entre tolérance et liberté, qui ne relève pas d'une majorité qui octroierait cette tolérance à des minorités, apparaît dans la la fin de l'article X : « pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi ».

La minorité protestante, sortant alors de la clandestinité et de la persécution, se reconnaît ainsi dans une revendication de liberté, et pas seulement de tolérance, qui vaut pour toutes les autres minorités (comme en 1789 pour les juifs) – selon la lecture que les protestants persécutés faisaient des textes de la Bible hébraïque rappelant l'exigence de respect de la dignité de quiconque : « car toi aussi tu as été étranger au pays de l'esclavage » (texte classique – Deutéronome 10, 19).

*

Une question de vocabulaire

La visée ouverte par la Tora va au-delà d'un simple déplacement géographique, elle libère de l'esclavage, de tous les esclavages, faisant sortir de Mitsraïm (l'exiguïté) celui, celle, qui reçoit la libération. La Tora de la sortie de la captivité fait de l'humain un célébrant du Nom au-delà de tout nom, le Nom qui le rachète comme il rachète toute la nature qu’il révèle ainsi comme sa Création… Égypte incluse. Car le mot Égypte n'est pas le mot Mitsraïm, exiguïté, mais est la transcription, à l'époque hellénistique, soit à partir du IIIe s. av. JC, du mot égyptien pour Memphis : "tabernacle / demeure de l'âme (le ka) de Ptah" (à savoir le Créateur). Ce n’est pas d'Égypte (le mot Égypte est donc positif), mais de Mitsraïm (exiguïté), que sort le peuple captif.

À l'époque que donne la Bible pour l’Exode, l’Égypte ne s'appelle pas non plus elle-même Mitsraïm, mais (entre autres) Kemet, ici aussi un nom positif, qui désigne la noirceur de sa terre fertile et/ou de la peau de ses habitants comme peuple solaire. Quel pays s’auto-désignerait comme pays de l’exiguïté, ou de l’esclavage ? C’est bien de Mitsraïm, de l’enfermement, de l’exiguïté, qu’est libéré le peuple réduit en esclavage et pas d’une zone géopolitique qui s’appelera plus tard Égypte. Sans compter qu’à l’époque donnée par la Bible pour l’Exode, la terre de Canaan, où demeureront les Hébreux, est elle-même dans la zone géopolitique des Pharaons. En ce sens aussi, le peuple ne sort pas d’Égypte, mais de Mitsraïm, de l’esclavage.

Or, grecque, la Bible des LXX a traduit Mitsraïm par Égypte, mot conservé ensuite par toutes les traductions, oubliant le sens respectif de chacun de ces mots, tabernacle de l’âme du Créateur dans un cas, pays de l’esclavage, de l’enfermement, dans l’autre. Où l’Égypte, belle expression, devient terme négatif. Sachant qu’une grande partie des juifs de l'époque hellénistique sont des Égyptiens, participant de la vocation universaliste hellénistique, et y trouvant son fondement dans la Révélation de l’Exode, se glisse une ambivalence avec l’ambivalence que reçoit le terme Égypte. Ambivalence qui a pu être notée par les autres Égyptiens, non-juifs, jusqu’à ceux qui ont pu y trouver un prétexte pour le premier pogrom anti-juif connu des historiens, fait d’une population égyptienne d’avant le christianisme, dans la première moitié du Ier siècle de l'ère chrétienne.

À la même époque, un Philon d'Alexandrie travaille à une philosophie universaliste, selon une exégèse biblique nourrie de la pensée des grands philosophes grecs, exégèse qui nourrira ensuite l’exégèse chrétienne, de l'Antiquité au Moyen ge. Cela n'est peut-être pas non plus sans lien avec la perception positive de l'Égypte à l'occasion de la redécouverte depuis la Renaissance de textes comme ceux de la tradition hermétiste, perception positive s'appuyant sur Actes 7, 22 (‭"Moïse instruit dans toute la sagesse des Égyptiens").

Importance d'être conscient de tout cela, quand on utilise invariablement le beau mot d’Égypte pour évoquer les situations d’enfermement dont libère le Nom dont personne n’est maître. Pourquoi ne pas faire l’effort de traduire le Mitsraïm biblique par “pays de l’esclavage”, ou, mieux peut-être, “lieux de l’esclavage” ? Sachant que le mot de Mitsraïm a vocation de signifier la libération universelle promise par le Dieu libérateur de toute sa Création… Où l’ambivalence d’un mot reçoit le côté positif de l’ambivalence : « L’Éternel, le maître de l’univers, les bénira en disant : “Bénis soient l’Égypte [Mitsraïm], mon peuple, l’Assyrie, que j’ai créée de mes mains, et Israël, mon héritage !” » (Ésaïe 19, 25)


Roland Poupin, Étude biblique / catéchisme adultes 2022-2023

Violence et guerres : la Bible, l’Histoire et nous



Église protestante unie de France / 2022-2023
(Poitiers, 5 rue des Écossais / Châtellerault, 1 rue Adrienne Duchemin)
Poitiers : à 14h 30 et à 18h 30 le 2e mardi du mois (sauf décembre et février et/ou indications autres)
Châtellerault : à 17h 00 le 4e mardi du mois (sauf indications autres)
3) Exode / esclavage et libération (cf. Exode 15) / Châtellerault : 22 novembre ; Poitiers : 6 décembre 2022 - version imprimable


lundi 18 décembre 2017

Esclavage et promesse de liberté




L'Exode d’Israël s'ancre et débouche sur une conception inédite des relations avec le divin : le divin est irreprésentable (cf. Ex 3), sans garant humain de sa présence (il la garantit lui-même ! « Je serai ») comme l'est alors le monarque  ; le monarque n’est donc pas non plus source de la loi, ni les dieux représentés.

Voilà donc dès lors une loi, exprimée dans la Torah, qui n'a pas d'auteur qui en serait le garant connu, qui serait donc potentiellement ou actuellement supérieur à la loi. Moïse n'est pas donné comme un nouveau Pharaon ou un nouvel Hammourabi. La loi dont il témoigne ne procède pas de lui ni de dieux représentables : il est lui-même soumis à la loi ! Cela restera vrai même après l'institution de la monarchie, avec la dynastie davidique qui se caractérise par l'exigence de soumission du roi à la loi.

C'est à cette tradition que, bien plus tard, se référeront les révolutionnaires puritains anglais posant la supériorité de la loi par rapport à tous : personnes privées, rois, et même Églises ; la loi reçue dans une convention (Covenant) de tous, en analogie avec la loi biblique. C'est, mutatis mutandis, ce modèle que reprendront les révolutions américaine et française. Pour la révolution américaine, voir aussi l’anticipation décrite par Jean Baubérot (« Les protestants ont-ils inventé la laïcité ? », L’Obs, oct. 2017) dès les années 1630 au Rhode Island fondé par le pasteur baptiste Roger Williams.

En commun, un « plus jamais ça » – plus jamais l’esclavage dont libère « celui qui est et sera » –, que l'on retrouve en arrière-plan dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 (« Être suprême »), ou plus tard dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. Plus jamais l'esclavage, plus jamais l’arbitraire absolutiste, plus jamais les idéologies comme le racisme… Les rédacteurs des textes modernes sont conscients de cet enracinement (des droits « tenus pour acquis » – Déclaration d’Indépendance américaine, 1776) : la liberté est donnée après la captivité ou l'oppression quelle qu'elle soit. Elle met fin à une situation devenue insupportable, l’esclavage, l'oppression, l'arbitraire. La loi qui accompagne l’acquisition de la liberté a pour fonction d’éviter au peuple de retomber dans l’esclavage ou toute autre situation catastrophique. La liberté est garantie par le fait que la loi est donnée comme n’ayant pas d’auteur qui puisse en réclamer la paternité, pas de pouvoir qui en serait la source, comme celui qui s’est avéré esclavagiste.

Le peuple français de l'Ancien Régime connaissait une situation d’oppression et d’arbitraire sous une royauté absolue. En 1789, la situation devient insupportable. Un sursaut y met fin. Pour garantir la liberté reçue, une loi est proclamée, un fondement, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Proclamée « sous les auspices de l’Être suprême », elle est présentée sur l’image de tables semblables à celles qui représentent le Décalogue. Ce n’est pas par hasard : don de liberté, suivi d’une loi pour que l’acquis ne se perde pas. Là encore « sous les auspices de l’Être suprême », contre tout arbitraire comme celui auquel on vient d’échapper, celui d’une monarchie absolue.

Au XXe siècle, l’Europe, et, à travers elle, le monde, ont failli s’autodétruire. On a tenté d’exterminer des populations – principalement les juifs, et d'autres. Le chaos semble avoir atteint un point de non-retour. Mais comme dans un sursaut, le monde reçoit à nouveau la liberté. Une loi est proclamée, une nouvelle Déclaration de droits humains, universelle – c’est à dire valable pour tous les êtres humains. Même modèle que dans les deux cas précédents : chaos – libération – loi. Avec des éléments nouveaux soulignés face à de nouvelles menaces.


RP
Les choses de la fin

Église protestante unie de France / Poitiers
Catéchisme pour adultes 2017-2018
Chaque 3e mardi du mois à 14 h 30
& chaque jeudi qui suit le 3e mardi à 20 h 30
3) 19 & 21 décembre — Esclavage et promesse de liberté (PDF ici)


dimanche 10 décembre 2017

Sortir d’Égypte




Alors que la Genèse se termine avec un récit d’exil à l’autre terme du récit de la création, le livre de l’Exode se présente comme récit de libération de cet exil, récit d’un exode dont le maître d’œuvre est Dieu, appelant pour cela Moïse – au ch. 3. Fin du monde de la captivité, de l’exiguïté (Mitsraïm). Promesse de liberté… Apparaît un Dieu qui rejoint le peuple, qui est avec le peuple au cœur de sa détresse, qui promet qu’il sera avec lui au cœur de l’épreuve – pour le conduire à la vie nouvelle, cachée en Lui. Cette présence inconditionnelle est révélée avec son Nom…

Ainsi dans le commentaire de Rachi :
« La montagne de ha-Eloqim. Le texte [Exode 3, 1] anticipe sur l’avenir (Deutéronome 22).
Dans une flamme (belavath) de feu. Dans le cœur (lév) du feu, comme dans : « au cœur du ciel » (Deutéronome 4, 11) ; « au cœur du chêne » (2 Samuel 18, 14).
Du milieu du buisson. Et non d’un autre arbre plus imposant, comme le suggère (Psaume 91, 15) : « Je suis avec lui dans la détresse [c’est-à-dire dans l’humiliation] » (Midrach tan‘houma 14).
Car j’ai su ses douleurs. Comme dans : « Eloqim sut » (supra 2, 25). C’est-à-dire : Car j’ai appliqué mon cœur à comprendre et à connaître ses souffrances. Je ne me suis pas caché les yeux, je ne me suis pas bouché les oreilles pour ne pas entendre leur cri.
Et maintenant, va, et je t’enverrai vers Pharaon. Et si tu m’objectes : « A quoi cela servira-t-il ? »… Et fais sortir mon peuple – Les paroles que tu prononceras produiront leur effet, et tu les feras sortir de là.
Qui suis-je. Quelle importance possédé-je, pour parler aux rois ?
Et que que je fasse sortir les fils d’Israël. Et même si je possédais de l’importance, en quoi Israël a-t-il mérité que Tu accomplisses pour lui un miracle et que je les fasse sortir de l’Égypte ?
Il dit : Parce que je serai avec toi. Il commence par répondre à la première question, puis à la seconde : « Pour ce que tu as dit : “ Qui suis-je, pour que j’aille chez Pharaon ?”, ce n’est pas de toi qu’il s’agit, mais de moi : “Parce que je serai avec toi”, et “ceci”, à savoir l’apparition à laquelle tu as assisté au buisson, “te sera le signe que c’est moi qui t’ai envoyé” que tu mèneras à bien la mission que je te confie. De même que tu as vu le buisson exécuter sans se consumer la mission que je lui ai confiée, de même rempliras-tu ma mission sans dommage pour toi. Quant à ta seconde question : “En quoi Israël a-t-il mérité de pouvoir sortir d’Égypte ?”, cette sortie a pour moi une grande importance, car ils recevront la Tora sur cette montagne trois mois après leur sortie d’Égypte ». Autre explication de : « parce que je serai avec toi, et ceci…” : « Ce fait même » que tu réussiras ta mission “sera pour toi le signe” annonciateur [de l’accomplissement] d’une autre promesse. Car je te promets que, lorsque tu les auras fait sortir d’Égypte, “vous adorerez Eloqim sur cette montagne-ci” et y recevrez la Tora. Voilà le mérite que possède Israël. » Nous trouvons un autre exemple du même style dans : « Et ceci “sera pour toi le signe” que vous mangerez cette année le regain… » (Ésaïe 37, 30), à savoir que la chute de Sénnachérib sera pour toi le signe [de l’accomplissement] d’une autre promesse : votre terre, actuellement stérile et improductive, j’en bénirai le regain.
Je serai qui serai. Moi qui suis avec eux dans la détresse présente, je serai avec eux dans leur asservissement par d’autres empires. Mochè a dit à Hachem : « Maître de l’univers ! Pourquoi faut-il que je leur parle d’une autre souffrance ? Ils ont bien assez de celle-ci ! » Hachem a répondu : « Tu as raison ! “Ainsi parleras-tu aux enfants d’Israël… « Je serai » [sans : « qui serai », allusion à leurs souffrances futures] m’a envoyé auprès de vous ” » (Berakhoth 9b).
Cela est mon Nom pour toujours (le‘olam). Le mot le‘olam [= pour toujours] est écrit sans la lettre waw, pour qu’on puisse le lire : le‘além [« tel est mon Nom destiné à être “caché” »], à ne pas prononcer comme il est écrit (Pessa‘him 50a ; Chemoth raba). »

*

Cf. Maimonide, Guide des Égarés I, 63 : « […] "Et s’ils me disent: Quel est son nom, que leur dirai-je ?" (Exode 3, 13). Jusqu'où cette question, anticipée par Moïse, était-elle appropriée, et jusqu'où était-il justifié de chercher à se préparer à la réponse ? Moïse avait raison de dire : "Mais voici, ils ne me croiront pas, car ils diront: Le Seigneur ne t'est pas apparu" (ibid., 1) ; car n'importe quel homme réclamant l'autorité d'un prophète doit s'attendre à rencontrer une telle objection tant qu'il n'a pas donné une preuve de sa mission. Encore une fois, si la question, à première vue, se rapportait seulement au nom, comme une simple expression des lèvres, le dilemme suivant se présenterait : soit les Israélites connaissaient le nom, soit ils ne l'avaient jamais entendu : si le nom leur était connu, ils n'y percevraient aucun argument en faveur de la mission de Moïse, sa connaissance et leur connaissance du nom divin étant les mêmes. Si, d'autre part, ils ne l'avaient jamais entendu mentionné, et si la connaissance de celle-ci devait prouver la mission de Moïse, quelle preuve auraient-ils que c'était vraiment le nom de Dieu ? De plus, après que Dieu eut fait connaître ce nom à Moïse et lui eut dit : "Va rassembler les anciens d'Israël... et ils écouteront ta voix" (ibid., 16-18) […]. La question "Quel est Son nom" signifie "Qui est cet Être qui, d'après ta croyance, t'a envoyé ?" La phrase, "Quel est son nom" […] veut dire, quelle idée doit être exprimée par le nom ? […] - Le nom Shadday signifie "celui qui suffit" ; c'est-à-dire qu'il n'a besoin d'aucun autre être pour effectuer l'existence de ce qu'il a créé, ou sa conservation: Son existence est suffisante pour cela. D'une manière similaire, le nom Hasin implique "force" […]. Il en va de même pour le «roc», qui est un homonyme […]. Il est donc clair que tous ces noms de Dieu sont des appellatifs, ou sont appliqués à Dieu par voie d'homonymie […], la seule exception étant le Tétragrammaton, le Shem ha-meforash (le nomen proprium de Dieu), qui n'est pas un appellatif ; il ne dénote aucun attribut de Dieu et n'implique rien sauf Son existence. L'existence absolue inclut l'idée de l'éternité, c'est-à-dire la nécessité de l'existence. »

*

Rachi :
« Ils écouteront ta voix. Dès lors que tu leur tiendras ce langage : « Je me suis souvenu de vous » [du verset 16, comportant la répétition (« souvenir, je me suis souvenu »)]. Car ils savent que c’est par ce signe, qui remonte à l’époque de Jacob et de Joseph, qu’ils seront délivrés (Chemoth raba). Jacob leur avait fait dire : « Eloqim vous visitera et vous fera monter de ce pays » (Genèse 50, 24), et Joseph leur avait dit : « Eloqim manifester se manifestera, et vous ferez monter mes ossements d’ici ! » (Gn 50, 25).
Le roi d’Égypte ne vous donnera pas la permission d’aller. Si je ne lui montre pas « une main forte », c’est-à-dire : aussi longtemps que je ne lui aurai pas fait connaître ma main puissante, il ne vous permettra pas de partir.
Il ne vous donnera pas. Comme le rend le Targoum Onqelos : « il ne laissera pas », comme dans : « c’est pourquoi je ne t’ai pas laissé approcher d’elle » (Genèse 20, 6) ; « mais Eloqim n’a pas permis qu’il me fît du tort » (Genèse 31, 7). Le verbe « donner », dans ces exemples, signifie : « procurer la possibilité ». Selon d’autres commentateurs, l’expression : « et pas d’une main forte » signifie : « ce n’est pas parce que Sa main est puissante ». Car dès que « j’aurai étendu ma main et frappé l’Égypte… après cela on vous renverra ». Le Targoum Onqelos le rend aussi par : « et non pas parce que Sa force est puissante ». Cette explication m’a été donnée par rabi Ya‘aqov fils de rabi Mena‘hem. »

S’annonce la fin de l’épreuve, la fin de la détresse, par la présence de celui qui est et qui sera (avec toi).


RP
Textes de fin du monde

Église protestante unie de France / Poitiers
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3) 12 & 14 décembre - Sortir d’Égypte – Genèse 50, 15-21 / Exode 3 (PDF ici)


lundi 11 janvier 2016

Au buisson ardent



Exode 3, 1-15
1 Moïse faisait paître le troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiân. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb.
2 L’ange du SEIGNEUR lui apparut dans une flamme de feu, du milieu du buisson. Il regarda : le buisson était en feu et le buisson n’était pas dévoré.
3 Moïse dit : « Je vais faire un détour pour voir cette grande vision : pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ? »
4 Le SEIGNEUR vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! »
5 Il dit : « N’approche pas d’ici ! Retire tes sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte. »
6 Il dit : « Je suis le Dieu de ton père, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob. » Moïse se voila la face, car il craignait de regarder Dieu.
7 Le SEIGNEUR dit : « J’ai vu la misère de mon peuple en Egypte et je l’ai entendu crier sous les coups de ses chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances.
8 Je suis descendu pour le délivrer de la main des Egyptiens et le faire monter de ce pays vers un bon et vaste pays, vers un pays ruisselant de lait et de miel, vers le lieu du Cananéen, du Hittite, de l’Amorite, du Perizzite, du Hivvite et du Jébusite.
9 Et maintenant, puisque le cri des fils d’Israël est venu jusqu’à moi, puisque j’ai vu le poids que les Egyptiens font peser sur eux,
10 va, maintenant ; je t’envoie vers le Pharaon, fais sortir d’Egypte mon peuple, les fils d’Israël. »
11 Moïse dit à Dieu : « Qui suis-je pour aller vers le Pharaon et faire sortir d’Egypte les fils d’Israël ? » –
12 « JE SUIS avec toi, dit-il. Et voici le signe que c’est moi qui t’ai envoyé : quand tu auras fait sortir le peuple d’Egypte, vous servirez Dieu sur cette montagne. »
13 Moïse dit à Dieu : « Voici ! Je vais aller vers les fils d’Israël et je leur dirai : Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous. S’ils me disent : Quel est son nom ? – que leur dirai-je ? »
14 Dieu dit à Moïse : « JE SUIS QUI JE SERAI. » Il dit : « Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : JE SUIS m’a envoyé vers vous. »
15 Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : Le SEIGNEUR, Dieu de vos pères, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, m’a envoyé vers vous. C’est là mon nom à jamais, c’est ainsi qu’on m’invoquera d’âge en âge. »


RP
Traditions religieuses et spiritualités

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4) 12 & 14 janvier 2016 - Hébraïsme et cultes ambiants proche-orientaux (PDF)


dimanche 22 mai 2011

Le sens olfactif et la symbolique du parfum



"Marie, ayant pris une livre d'un parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus, et elle lui essuya les pieds avec ses cheveux; et la maison fut remplie de l'odeur du parfum." (Jean 12, 3)


Le nard — le mot est le même dans le grec de l’évangile — est l’un des plus anciens parfums orientaux connus. Il s’agit, sous sa forme d’huile, d’un liquide de couleur ambrée. Il vient d’Inde. L’huile de nard est extraite d’une plante, qui pousse dans les montagnes himalayennes — en Inde, au Népal et au Tibet. Une variété proche, est appelée nard chinois. Il vient donc de loin, d’autant plus rare et coûteux.

Le nard est, en dehors de ses applications comme huile, utilisé aussi pour fabriquer de l’encens. Son utilisation est très ancienne. Elle fait partie intégrante de la tradition indienne ; et elle était considérée en l’Égypte ancienne, au Moyen-Orient et dans la Rome antique, comme un parfum de luxe. Pline, dans son Histoire Naturelle, en dénombre douze espèces. Bref, et selon de nombreux textes anciens, le nard considéré comme un produit de grande valeur, monétaire — et spirituelle, d’où son usage dans de nombreux rites religieux.

Et on le trouve donc mentionné dans la Bible : dans le Cantique des Cantiques (1:12 et 4:13), en Marc, ou dans le texte qui en est proche, de Jean (12, 3) — où la femme versant le nard est nommée : c’est Marie de Béthanie, sœur de Marthe et Lazare.

Voilà qui met un peu en lumière le geste de cette femme, et de son geste devenu geste d’Évangile, relaté, comme a dit Jésus, dans le monde entier. On a là, avec la mention du nard, parfum rare et venant de loin, et de son grand prix, qui parle de sa qualité unique, un écho du Cantique des Cantiques :

Mon nard exhale son parfum.
Mon bien-aimé est pour moi un bouquet de myrrhe. (Cantique 1, 12-13)

Moi, je me lève pour ouvrir à mon bien-aimé !
Et mes mains distillent de la myrrhe,
et mes doigts de la myrrhe fluide,
sur les paumelles du verrou (Cantique 5, 5)


Apparaît ici un second parfum, la myrrhe, ce qui donne, avec les autres parfums mentionnés par le Cantique — l'aloès, le safran, le roseau aromatique, le cinnamome (qui serait la canelle) importé aussi d’Orient, … — autant d’essences d’une composition, qui souligne, comme le grand prix du flacon de nard de l’Evangile, ce que le parfum a d’unique.

La myrrhe, elle, est une gomme-résine extraite des arbustes. L'arbuste, de la famille des térébinthacées, n'existait pas en Palestine. Il était importé d'Arabie, moins loin que l’Inde, mais en qualifiant de coût tout de même.

La myrrhe était utilisée chez les Égyptiens (notamment pour l'embaumement des défunts).
L'essence de myrrhe était souvent associée à d'autres parfums.

La myrrhe provient de la sève qui découle, soit librement, soit des blessures faites à l’écorce d’un arbrisseau, comme des larmes. Une fois à l’air libre, celles-ci se dessèchent et donnent une résine bien connue sous le nom de myrrhe. Cette résine répand une odeur agréable. Celle qui s’écoule librement de l’arbre est appelée myrrhe franche ou découlante (Ex. 30:23). C’est probablement la même qui est appelée la myrrhe limpide, fluide (Cant. 5:5) du Cantique des Cantiques, qui cite la myrrhe plusieurs fois.

Enfin les mages venus de l’orient apportaient parmi leurs trésors de la myrrhe.

Avant cela, la myrrhe est souvent mentionnée dans les Écritures. Elle est mentionnée en premier parmi les aromates entrant dans la composition de l’huile de l’onction qui était répandue sur le sanctuaire, sur ses ustensiles et sur les sacrificateurs.

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Depuis l’épisode des mages, la myrrhe symbolise, avec l’encens, un autre parfum — non olfactif —, celui du nom de Jésus ; le futur parfum qui s’exhalera de ses souffrances ; des larmes qu’il versera, de ses blessures, de ses meurtrissures… Puisqu’à l’autre terme de sa vie, c’est dans une mixtion de myrrhe et d’aloès (produit d’un arbre — cf. les arbres d’aloès dans Nb 24:6, plantés par le Seigneur) — que Joseph d’Arimathée et Nicodème ont enveloppé le corps de Jésus lorsqu’ils l’eurent déposé dans le sépulcre neuf ; sépulcre qui n’a pas connu la corruption et duquel n’est monté qu’un parfum précieux, une bonne odeur ; sépulcre qui n’aura rien à rendre au jour de la résurrection de ceux qui se sont endormis.

Une huile parfumée, huile, image de l’Esprit donc… Comme l’huile de l’onction qui était répandue sur le tabernacle, sur tous ses ustensiles et sur la tête d’Aaron et de ses fils… Auxquels font écho les parfums que le Christ trouve dans son jardin, chez les siens, comme ceux qui sont mentionnés dans le Cantique des cantiques. Mais concernant le Christ, la référence nous a fait passer au-delà des sens. Où le parfum devient symbole. Car le parfum du Christ est au-delà même du sens olfactif : « Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ, et qui répand par nous en tout lieu l'odeur de sa connaissance ! » (2 Co 2, 14.) Symbole que les aromates et les encens, d’un parfum qui est au-delà de tout parfum, d’un encens qui répand sa fumée au-delà de nos sens.

Quelques-uns de ces aromates du Cantique, signe du tabernacle céleste sont ainsi aussi mentionnés dans l’Exode, ch. 30, décrivant le tabernacle construit selon le modèle céleste contemplé par Moïse.

Exode 30, 22-33
22 Le SEIGNEUR adressa la parole à Moïse :
23 « Procure-toi aussi des aromates de première qualité : — de la myrrhe fluide : cinq cents sicles ; — du cinnamome aromatique : la moitié, soit deux cent cinquante ; — du roseau aromatique : deux cent cinquante ; —
24 de la casse : cinq cents, en sicles du sanctuaire, avec un hîn d'huile d'olive.
25 Tu en feras l'huile d'onction sainte, mélange parfumé — travail de parfumeur ; ce sera l'huile d'onction sainte.
26 Tu en oindras la tente de la rencontre, l'arche de la charte,
27 la table et tous ses accessoires, le chandelier et ses accessoires, l'autel du parfum,
28 l'autel de l'holocauste et tous ses accessoires, la cuve et son support.
29 Tu les consacreras, et ils seront très saints ; tout ce qui y touchera sera saint.
30 Aaron et ses fils, tu les oindras aussi et tu les consacreras pour qu'ils exercent mon sacerdoce.
31 Tu parleras ainsi aux fils d'Israël : Ceci est l'huile d'onction sainte ; d'âge en âge, elle est pour moi.
32 On n'en mettra sur le corps de personne ; vous n'imiterez pas sa recette, car elle est sacrée et elle restera sacrée pour vous.
33 Celui qui imitera ce mélange et en mettra sur un profane sera retranché de sa parenté. »


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Pourquoi cette rigueur quant à l’unicité ? On le sait : un parfum a toujours quelque chose d’unique, désignant celui ou celle, qui, par son parfum particulièrement, est perçu comme unique. On connaît la fonction mémorielle du sens olfactif. À un parfum, une odeur, remonte, de notre mémoire, un lieu que l’on avait quitté il y a des années, une personne que l’on avait perdue de vue. Un effluve, et tout remonte à la surface. C’est bien lui, c’est bien elle, c’est bien cette terre là, ce pays là, ce village là.

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Souvenez-vous, dans la Genèse… « Jacob s'approcha et l’embrassa. Et Isaac sentit l'odeur de ses vêtements et il le bénit en disant: "Voici, l'odeur de mon fils est comme l'odeur d'un champ qu'a béni le Seigneur !" » (Genèse 27, 27.) Quand Isaac, aveugle, demande à Jacob de l'embrasser avant de lui accorder la bénédiction qui revenait à Esaü, c'est pour le reconnaître à son odeur. Et Jacob trompe le flair d'Isaac en revêtant les vêtements d'Esaü.

Il sera prescrit que l’on ne reproduise pas pour un autre usage le parfum consacré au culte biblique. Il y a là quelque chose d’unique, qui doit rester unique, comme, en écho, se révèle unique celui ou celle qui est fait selon l’image de Dieu.

Unicité que l’on retrouve dans le parfum de l’encens qui fume devant Dieu, donnant son nom même au mot parfum, enraciné par son étymologie dans la fumée de l’encens, ce mélange unique parfumant le culte de sa fumée, ne se trouvait que dans le sanctuaire.

Exode 30, 34 & 1-9
34 Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Procure-toi des essences parfumées : storax, ambre, galbanum parfumé, encens pur, en parties égales.
35 Tu en feras un parfum mélangé — travail de parfumeur — salé, pur, sacré.
36 Tu en réduiras un morceau en poudre pour en mettre un peu devant la charte dans la tente de la rencontre, là où je te rencontrerai. Pour vous, il sera très saint.
37 Et ce parfum que tu feras, vous n'utiliserez pas sa recette à votre usage ; tu le tiendras pour consacré au SEIGNEUR.
38 Celui qui en fera une imitation pour jouir de son odeur sera retranché de sa parenté. »


1 « Tu feras un autel où faire fumer le parfum ; tu le feras en bois d'acacia.
2 Une coudée pour sa longueur, une coudée pour sa largeur — il sera carré — deux coudées pour sa hauteur. Ses cornes feront corps avec lui.
3 Tu le plaqueras d'or pur — le dessus, les parois tout autour et les cornes — et tu l'entoureras d'une moulure en or.
4 Tu lui feras des anneaux d'or, au-dessous de la moulure, sur ses deux côtés — tu en feras sur ses deux flancs — pour loger les barres servant à le lever.
5 Tu feras les barres en bois d'acacia et tu les plaqueras d'or.
6 Tu le placeras devant le voile qui abrite l'arche de la charte — devant le propitiatoire qui est sur la charte — là où je te rencontrerai.
7 Aaron y fera fumer le parfum à brûler ; matin après matin, quand il arrangera les lampes, il le fera fumer.
8 Et quand Aaron allumera les lampes au crépuscule, il le fera fumer. C'est un parfum perpétuel devant le SEIGNEUR, d'âge en âge. 9Vous n'y offrirez pas de parfum profane.


Unique devant Dieu (Cantiques des Cantiques — extraits) :

Ton amour vaut mieux que le vin,
tes parfums ont une odeur suave ;
ton nom est un parfum qui se répand ;
c'est pourquoi les jeunes filles t'aiment. (1, 2-3)

Mon nard exhale son parfum.
Mon bien-aimé est pour moi un bouquet de myrrhe,
Qui repose entre mes seins. (1, 12-13)

Le figuier embaume ses fruits,
et les vignes en fleur exhalent leur parfum. (2, 13)

Qui est celle qui monte du désert,
comme des colonnes de fumée,
au milieu des vapeurs de myrrhe et d'encens
et de tous les aromates des marchands ? (3, 6)

Avant que le jour se rafraîchisse,
et que les ombres fuient,
j'irai à la montagne de la myrrhe
et à la colline de l'encens. (4, 6)

Comme ton amour vaut mieux que le vin,
et combien tes parfums sont plus suaves que tous les aromates ! (4, 10)

Les troènes avec le nard ;
Le nard et le safran, le roseau aromatique et le cinnamome,
avec tous les arbres qui donnent l'encens ;
la myrrhe et l'aloès… (4, 13-14)

Lève-toi, aquilon ! viens, autan !
Soufflez sur mon jardin, et que les parfums s'en exhalent ! (4, 16)

J'entre dans mon jardin, ma sœur, ma fiancée ;
je cueille ma myrrhe avec mes aromates, (5, 1)

Ses joues sont comme un parterre d'aromates,
une couche de plantes odorantes ;
ses lèvres sont des lis, d'où découle la myrrhe. (5, 13)

Mon bien-aimé est descendu à son jardin,
au parterre d'aromates. (6, 2)

Les mandragores répandent leur parfum, (7, 13)

et je te ferai boire du vin parfumé,
du moût de mes grenades. (8, 2)

Sois semblable à la gazelle ou au faon des biches,
sur les montagnes des aromates ! (8, 14)


Unique parfum de vie : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14, 6) — le texte de ce jour : — « Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé Jésus-Christ. » (Jean 17, 3). Effluve unique de l’Unique devant Dieu… Qui nous dévoile à notre tour comme autant d’uniques au parfum unique devant Dieu déployant la richesse de sa création.

R.P.
Fête de printemps,
Vence 22.05.11
Antibes 5.06.11