samedi 23 mai 2020

"Demandez et vous recevrez"


Et demain dimanche, culte
ici, D'un autre côté :

et sur RCF à 9h15,
la parole du dimanche, ici
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Jean 16, 20-23a
23 En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous demandez quelque chose à mon Père en mon nom, il vous le donnera.
24 Jusqu’ici vous n’avez rien demandé en mon nom : demandez et vous recevrez, pour que votre joie soit parfaite.
25 « Je vous ai dit tout cela de façon énigmatique, mais l’heure vient où je ne vous parlerai plus de cette manière, mais où je vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père.
26 Ce jour-là, vous demanderez en mon nom et cependant je ne vous dis pas que je prierai le Père pour vous,
27 car le Père lui-même vous aime parce que vous m’avez aimé et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu.
28 Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde ; tandis qu’à présent je quitte le monde et je vais au Père. »

*


« Jusqu’ici vous n’avez rien demandé en mon nom ». Est-ce à dire seulement que jusqu’ici les disciples n’ont jamais utilisé ce qui est devenu une formule finale indispensable à la prière chrétienne, précédant le traditionnel « amen » ? Ou ce que dit Jésus ici a-t-il un sens plus profond ? Qu’est ce que demander en son nom ? Au point d’être inéluctablement exaucé — « demandez et vous recevrez ». Demander quoi, au fond ?

« Je vous ai dit tout cela de façon énigmatique, mais l’heure vient où je ne vous parlerai plus de cette manière, mais où je vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père » (v. 25) ; « de façon énigmatique », ou littéralement « de façon figurée », c’est-à-dire en images.

Ce texte est à mettre en parallèle avec Luc 11 (v. 9-13), où l’on voit au bout du compte qu’au-delà des images, il est question de demander l’Esprit saint : « demandez et vous recevrez ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira […]. Si l’un d’entre vous est père, donnera-t-il un serpent à son fils alors que celui-ci lui demande un poisson ? Ou bien lui donnera-t-il un scorpion s’il demande un œuf ? […] À combien plus forte raison le Père qui est au ciel donnera-t-il l’Esprit saint à ceux qui le lui demandent ! »

L’Esprit saint. Demander au nom de celui qui, dans notre texte, va à la croix, n’est pas demander telle ou telle chose comme, pour reprendre les images utilisées par Jésus en Luc, un poisson ou un œuf. Jésus a d’avance accepté le chemin qui le conduit à la croix, mais, on le sait, il aurait préféré un autre exaucement de son souhait d’éviter une mort atroce : « Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne » (Luc 22, 42).

En Jean, dans notre texte, il vient de le dire à ses disciples : leur affliction au moment de la mort de leur maître est chargée de la consolation de l’Esprit saint, chargée d’une joie secrète (v. 20).

Jésus leur parle à présent ouvertement, et non plus de façon figurée : toute demande adressée au Père en son nom est demande de l’Esprit saint ; pas une formule permettant de tout obtenir, mais demande de la découverte de notre vraie désir — désir de Dieu : Ps 37, v. 4, « fais de l’Éternel tes délices, et il te donnera ce que ton cœur désire » ; c’est à dire l’Éternel lui-même, tes délices, selon le vrai désir de ton cœur : son Esprit, toujours chargé de la joie qui en naît, prière toujours exaucée, de façon mystérieuse, « car le Père lui-même vous aime » — « tandis qu’à présent je quitte le monde et je vais au Père ».


RP, 23.05.2020
En direct sur RCF Poitou à 8H45 / dimanche 9h15
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Et demain dimanche, culte
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vendredi 22 mai 2020

"Votre affliction tournera en joie"



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Jean 16, 20-23a
20 En vérité, en vérité, je vous le dis, vous allez gémir et vous lamenter tandis que le monde se réjouira ; vous serez affligés mais votre affliction tournera en joie.
21 Lorsque la femme enfante, elle est dans l’affliction puisque son heure est venue ; mais lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus de son accablement, elle est toute à la joie d’avoir mis un homme au monde.
22 C’est ainsi que vous êtes maintenant dans l’affliction ; mais je vous verrai à nouveau, votre cœur alors se réjouira, et cette joie, nul ne vous la ravira.
23 Ainsi, en ce jour-là, vous ne m’interrogerez plus sur rien.

*


Au moment où l’ancien ordonnancement du monde se réjouit de penser que la croix va le débarrasser de celui qui alors le dévoile comme désordre, ses disciples pleurent, recueillant la promesse qui va leur dévoiler, et nous dévoiler, la parole des Béatitudes : « heureux ceux pleurent, ils seront consolés ».

L’Esprit de vérité est en passe de sceller dans la vie des disciples, et en nous, la promesse inouïe : au cœur même de l’affliction, va germer la joie. La résurrection va faire apparaître que Jésus mourant récapitule et élève à la vérité toute l’affliction du monde — l’Épître aux Éphésiens (ch. 1, v. 10) parlera du projet de Dieu de « récapituler toutes choses dans le Christ, ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre ».

Aujourd’hui, au jour où la croix s’approche, Jésus annonce son sens à ses disciples, sens chargé de la joie qui perce sans qu’ils ne le sachent, comparant leur affliction à celle d’une femme qui enfante. C’est l’illustration que reprendra Paul, écrivant aux Romains (ch. 8, v. 18-22) : « J’estime que les souffrances du temps présent sont sans proportion avec la gloire qui doit être révélée en nous. Car la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu : […] car elle aussi sera libérée […] pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons en effet : la création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement. »

Ce qui a été révélé au jour de l’élévation de Jésus à la gloire, sur la croix, c’est que là s’ouvre ce que ses mots ont dit à ses disciples, leur parlant de la douleur et de la joie de l’enfantement en signe de ce que toute l’affliction passée, présente et future, est donnée à relire selon l’Esprit de vérité, l’Esprit saint, qui révèle en Jésus, et en Jésus crucifié, qu’au-delà de l’affliction qui s’avance, et par l’affliction qui s’avance, est l’enfantement du monde nouveau et éternel, les nouveaux cieux et la nouvelle terre annoncés par le prophète Ésaïe, manifestés au dimanche de Pâques, et où la création entière est appelée à entrer.


RP, 22.05.2020
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jeudi 21 mai 2020

"Ascension et envoi des disciples"


À suivre aujourd'hui jeudi 21 mai à 10h30,
ici, Culte régional de l'Ascension :
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Matthieu 28, 16-20
16 Les onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne que Jésus avait désignée.
17 Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais quelques-uns eurent des doutes.
18 Jésus s'approcha d'eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre.
19 Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit,
20 leur enseignant à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du temps. »

*


Le Nom. « Au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ». Le Nom. Voilà qui, en deçà de la formule donnée aux disciples envoyés baptiser et enseigner tout ce que Jésus leur a prescrit, mobilisait forcément leur mémoire de lecteurs de la Bible.

Les onze disciples, comme les autres juifs, ne prononcent pas le Nom de Dieu, mais disent Hashem, ce qui signifie Le Nom. Car Dieu échappe à toute nomination ; il est au-delà de toutes les représentations que nous pouvons nous en faire. Les prescriptions que Jésus les enjoint d’enseigner rattachent les Onze à leur enracinement juif, dans la Bible hébraïque. Car il n’y a pas de doute que pour le même Évangile de Matthieu qui rapporte cela, Jésus leur a prescrit l’observance de la Torah — « pas un seul trait de lettre n’en passera » insistait-il.

Un moment pour les Onze, qui à la fois les lie à Israël en qui s’enracine la foi de Jésus et la leur, et qui en séparera leur avenir ; leur avenir qui, en fonction du pouvoir universel que Jésus, leur Seigneur ressuscité, annonce ici comme le sien, les enverra vers les nations auxquelles les préceptes observés par, eux, les Onze, ne seront pourtant pas imposés ! — cela aussi en fidélité à cet envoi aux nations avec ce qu'elles sont : en naîtra le christianisme qui recevra l’enseignement prescrit par Jésus d’une façon qui leur soit adaptée, qui a fait le christianisme pluriel venu jusqu’à nous ; où éclora ce nom alors nouveau : chrétiens…

Pour les onze disciples, et ceux qui les suivront, c’est de ce Nom qu’ils reçoivent leur nom, comme don du Fils, par l’Esprit saint, comme leur maître reçoit le sien du Père. Ils ne sont maîtres ni du Nom de Dieu bien sûr, ni même de leur propre Nom.

Nous ne sommes pas maîtres de nos noms, reçus d’un autre, ce qui est rappelé au baptême ; ni de ce que nos noms signifient devant Dieu, ni de ce qu’il nous confie en nous appelant par nos noms lorsqu’il nous envoie dans le monde.

Christianisme en passe de naître, pour le meilleur ou le pire… pouvons-nous nous dire parfois au bout de vingt siècles de cette histoire, emboîtant le pas à une interrogation qui est peut-être déjà celle des Onze. « Quand ils virent Jésus, les disciples se prosternèrent, mais quelques-uns eurent des doutes », dit le texte, parlant d’abord de leur doute persistant quant à la réalité de la résurrection de leur maître : mais… le pressentiment du pire possible quant à la suite du temps ne serait-il pas aussi dans ce doute ?

Alors, une promesse leur est donnée, nous est donnée : « Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du temps ».


RP, 21.05.2020
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À suivre aujourd'hui jeudi 21 mai à 10h30,
ici, Culte régional de l'Ascension :


mercredi 20 mai 2020

"Il vous fera accéder à la vérité tout entière"


À suivre demain jeudi 21 mai à 10h30,
ici, Culte régional de l'Ascension :
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Jean 16, 12-15
12 J’ai encore bien des choses à vous dire mais vous ne pouvez les porter maintenant ;
13 lorsque viendra l’Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière. Car il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira ce qu’il entendra et il vous communiquera tout ce qui doit venir.
14 Il me glorifiera car il recevra de ce qui est à moi, et il vous le communiquera.
15 Tout ce que possède mon Père est à moi ; c’est pourquoi j’ai dit qu’il vous communiquera ce qu’il reçoit de moi.

*


Au jour où Jésus adresse à ses disciples ces paroles, « il vous fera accéder à la vérité tout entière », la croix s’approche, chose incompréhensible à toutes nos sagesses. Celui qui est annoncé comme le Bien-aimé de Dieu, le maître du Royaume, peut-il mourir de la sorte ?

Voilà qui est incompréhensible et qui pourtant est le don de la vérité, qui se dévoilera comme telle au matin du dimanche de Pâques, sans qu’alors tout le sens n’en ait été saisi par les disciples. C’est l'Esprit saint, l’Esprit du Père qui vit en Jésus qui leur dévoilera la signification de la croix du Ressuscité : qui le glorifiera ! Le glorifiera ! De quoi est-il question sous ce terme dans l’évangile de Jean ? De la croix ! Il l’annonçait peu avant :  « Elle est venue, l’heure où le Fils de l’homme doit être glorifié », Jean 12, 23 ; puis aux v. 32 et 33 : «  quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » — « Par ces paroles, précise le texte, il indiquait de quelle mort il allait mourir. »

Que la crucifixion de leur maître, perçue comme terrible humiliation, soit son élévation à la gloire, les disciples, au jour où Jésus parle, ne peuvent pas le saisir. Et même l’événement du dimanche de Pâques n’est que la première ouverture vers un dévoilement dans lequel l’Esprit saint va conduire les disciples, et avec eux, nous tous. Ce qui doit venir, à commencer par la croix, au jour où Jésus parle, va être dévoilé comme entière vérité, inaccessible comme telle à nos intelligences.

La vérité de Dieu se donne dans l’humilité du Fils, une révélation qui vaut pour toute la vie humaine de Jésus, de Pâques à la Croix et à Noël, ce premier moment d’humilité du Fils de Dieu rendu infiniment proche de nous par une vérité dont nous sommes très loin mais qui porte pour nous toute consolation et à laquelle seul l’Esprit consolateur peut nous conduire.

Une vérité pleinement révélée aux Apôtres dans le Nouveau Testament, et par eux, à nous, mais qui devra être reçue et vécue par chacun dans la suite des temps et jusqu’à nous. Cela commence par le don de l’Esprit qui conduit les plus sages dans l’humilité de la vérité.

Hors cela, hors le don de l’Esprit saint, la Croix qui alors s’approche est incompréhensible, tout comme la venue en chair de la Parole éternelle — choses cachées aux sages et aux intelligents, mais révélées à l’humilité, ce don des plus petits, le don de l’Esprit saint. C’est ici que se fait connaître le Père que nul n’a jamais vu : selon que « tout ce que possède mon Père est à moi ; c’est pourquoi j’ai dit que l’Esprit vous communiquera ce qu’il reçoit de moi. »


RP, 20.05.2020
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À suivre demain jeudi 21 mai à 10h30,
ici, Culte régional de l'Ascension :


mardi 19 mai 2020

"Si je ne m'en vais pas, l’Esprit saint ne viendra pas"


À suivre jeudi 21 mai à 10h30,
ici, Culte régional de l'Ascension :
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Jean 16, 5-11
5 Mais maintenant je vais à celui qui m’a envoyé, et aucun d’entre vous ne me pose la question : “Où vas-tu ?”
6 Mais parce que je vous ai dit cela, l’affliction a rempli votre cœur.
7 Cependant je vous ai dit la vérité : c’est votre avantage que je m’en aille ; en effet, si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas à vous ; si, au contraire, je pars, je vous l’enverrai.
8 Et lui, par sa venue, il confondra le monde en matière de péché, de justice et de jugement ;
9 en matière de péché : ils ne croient pas en moi ;
10 en matière de justice : je vais au Père et vous ne me verrez plus ;
11 en matière de jugement : le prince de ce monde a été jugé.

*


Le départ de Jésus est plein de la promesse de la venue de l'Esprit : « si je ne m'en vais pas, l’Esprit saint ne viendra pas » (Jn 16, 7). Car le don de l'Esprit est le don de la présence de celui qui ne se laisse plus voir.

L’Esprit saint est celui qui nous communique cette impalpable, imperceptible présence au-delà de l'absence, et nous met dans la communion de l'insaisissable. C'est pourquoi sa venue est liée au départ de Jésus. Nous laissant la place, il nous permet alors de devenir ce à quoi Dieu nous destine, ce pourquoi il nous a créés.

Cela nous enseigne en parallèle ce qu'il nous appartient de faire désormais : devenir par l'Esprit, par son souffle mystérieux, ce que nous sommes de façon cachée ; ce à quoi nous sommes destinés, en marche vers le Royaume ; accomplissement de la Création, comme Création nouvelle en passe d’être inaugurée par la résurrection du Christ, accédant et nous faisant accéder à cette vérité, pour l’instant cachée, de nos êtres.

Il est en effet celui qui a accompli les œuvres de son Père et notre Père, il est celui en qui ne se trouve aucun mal, et il a été condamné pour cela, ce qui en soi est une injustice ! Condamné pour avoir été radicalement sans péché, parfaitement juste.

Pour l’heure, nul ne l’a perçu, mais c’est de cela que l’Esprit saint va convaincre le monde. Parce qu’il n’a pas cru en lui — rappelons-nous : « croyez au moins à cause de mes œuvres », disait Jésus (Jn 14, 11), c’est-à-dire a cause de mon accomplissement de l’enseignement du Père, de mes œuvres de justice.

Rejeter le juste est s’avérer être soi-même pécheur et injuste. Tel est le fait du monde, jugé par sa propre injustice. C’est ce que va bientôt dévoiler la croix, par laquelle Jésus va partir, dévoilement dont la compréhension sera le don de l’Esprit saint, qui sera la consolation des disciples et la source de leur participation à la vie divine.


RP, 19.05.2020
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À suivre jeudi 21 mai à 10h30,
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lundi 18 mai 2020

"Il rendra lui-même témoignage de moi"



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Jean 15, 26 – 16, 4a
26 « Lorsque viendra le Paraclet que je vous enverrai d’auprès du Père, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra lui-même témoignage de moi ;
27 et à votre tour, vous me rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement.

1 « Je vous ai dit tout cela afin que vous ne succombiez pas à l’épreuve.
2 On vous exclura des assemblées. Bien plus, l’heure vient où celui qui vous fera périr croira présenter un sacrifice à Dieu.
3 Ils agiront ainsi pour n’avoir connu ni le Père ni moi.
4 Mais je vous ai dit cela afin que, leur heure venue, vous vous rappeliez que je vous l’avais dit.

*


« Je vous enverrai d’auprès du Père l’Esprit de vérité qui procède du Père ». Jésus s’adresse ici à ses Apôtres. C’est une parole qui cependant, concerne aussi ceux qui suivront, recevant la parole des Apôtres — parmi lesquels nous sommes, car, dit Jésus, « l’Esprit de vérité qui procède du Père rendra lui-même témoignage de moi ».

« Il rendra lui-même témoignage de moi », y compris de choses incompréhensibles, à commencer par la Croix et à continuer par Noël et par toute la vie du Christ, que l’Esprit saint fait découvrir comme sagesse plus sage que le monde.

Une vérité inaccessible comme telle aux plus hautes intelligences tant l’humilité de Dieu est au-delà de toute attente, comme il était incompréhensible que Jésus mourût — et qu’il sera toujours difficile de comprendre que l’on puisse être rejeté, voire persécuté, pour n’être que témoin d’un amour plus fort que le monde, mais qui dérange au point que les persécuteurs sont persuadés de bien faire, de sauver un désordre établi réputé venir de Dieu même !

Au jour où Jésus prononce ces paroles annonçant l’Esprit de vérité à ses disciples, il est à la veille de sa mort, qu’ils ne pourront pas comprendre avant que l’Esprit ne les y guide, ne leur fasse découvrir que Dieu se donne où on ne l’attend pas : dans ce qui étant le plus humble, est plus haut que le monde.

À présent, la vérité, dont nous sommes loin, s’est approchée, rendue toute proche de nous, venue parmi nous et en nous par l’Esprit de vérité, pour nous ouvrir à toute consolation, au moment même où nous sommes en butte à l’incompréhension : notre faiblesse, celle de notre intelligence qui ne peut saisir tous les paramètres de ce qui fonde nos êtres, celle de nos maigres vertus, est la faiblesse dans laquelle s’accomplit la puissance de Dieu. Car sa puissance s’accomplit dans la faiblesse, pour que nous le recherchions dans ce qui est humble, cette sagesse cachée dans l’humilité de notre prochain, dévoilé à nous en Jésus humble et mourant, lui parole éternelle glorifiée de la sorte, de sorte que tout genou fléchisse devant le Crucifié !


RP, 18.05.2020
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dimanche 17 mai 2020

"Il demeure auprès de vous et il est en vous"


Culte et prédication in extenso
ici, D'un autre côté :
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Jean 14, 15-21 (et Ac 8, 5-8.14-17 ; 1 P 3, 15-18)
15 « Si vous m’aimez, vous vous appliquerez à observer mes commandements ;
16 moi, je prierai le Père : il vous donnera un autre Paraclet qui restera avec vous pour toujours.
17 C’est lui l’Esprit de vérité, celui que le monde est incapable d’accueillir parce qu’il ne le voit pas et qu’il ne le connaît pas. Vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous et il est en vous.
18 Je ne vous laisserai pas orphelins, je viens à vous.
19 Encore un peu, et le monde ne me verra plus ; vous, vous me verrez vivant et vous vivrez vous aussi.
20 En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père et que vous êtes en moi et moi en vous.
21 Celui qui a mes commandements et qui les observe, celui-là m’aime : or celui qui m’aime sera aimé de mon Père et, à mon tour, moi je l’aimerai et je me manifesterai à lui. »

*


Relation étrange que celle de l'Esprit et des disciples. Jésus le leur annonce : vous connaîtrez l'Esprit… parce que vous le connaissez déjà. Vous vivrez de l'Esprit parce que vous en vivez déjà ! C'est là rien d'autre que ce que ce que disent les v. 16-17 : « le Père vous donnera… l'Esprit de vérité… [cela parce que contrairement au monde,]… vous le connaissez, parce qu'il demeure près de vous et qu'il sera [ou : parce qu'il est] en vous »…

L'Esprit vous est donné, à vous en qui il demeure. Étrange ? Donné à ceux avec qui il demeure déjà, contrairement au « monde », c’est à dire à « l’apparence » — que connote le mot employé, « cosmos », qui a donné « cosmétique » —, le monde apparent donc, qui lui ne peut pas le recevoir, parce qu'il ne le connaît pas.

Est au bénéfice de l'Esprit — celui, celle, qui garde la parole de Jésus et qui, donc, est aimé du Père. Le Père et le Fils habitent en lui, elle — c'est cela le don de l'Esprit. Qui ne l’aime pas, c'est là ce qu'il appelle « le monde », ne garde pas ses paroles, étranger donc à l'Esprit. Le rapport donc est étroit entre l'Esprit de Jésus, qui est le lien au Père et au Fils, — et concrètement l'obéissance à sa parole, à ses commandements (v. 21).


C'est là la racine, en quelque sorte, de la vie de l'Esprit, un souffle humble et discret. Ce souffle de l'Esprit est répandu abondamment, comme la semence de la parabole du semeur, image de l'effusion de la Parole et de l'Esprit. Et comme le large ensemencement du semeur ne préjuge en rien de la récolte, la semence de la Parole et de l'Esprit ne préjuge pas de la germination et de l'éclosion de son fruit.

C'est de celui que nous prions, Dieu, que dépend la suite des choses, comme les Samaritains recevant l’Esprit saint, dans le texte des Actes des Apôtres, ch. 8, que nous venons d’entendre. Que vienne le jour de la promesse de Jésus : « vous recevrez l'Esprit de vérité parce que vous le connaissez, qu'il demeure en vous ». Et voici comment nous savons que nous l'avons connu, que par cet Esprit nous avons connu le Christ : c'est en gardant ses commandements — certes dans l’humilité de notre cheminement. Car dans l'Esprit qui ouvre aux nations l'accès à l'alliance, la Torah demeure le vis-à-vis par lequel la responsabilité qui ressort de notre liberté d'enfants de Dieu s'exerce dans l'humilité, à l’imitation de Jésus, comme l’enseigne la 2e épître de Pierre au ch. 3 que nous avons entendu.

Il est l'Esprit de vérité ; « celui qui dit : je l'ai connu et qui ne garde pas ses commandements est un menteur », dit la 1ère Épître de Jean (1 Jn 2, 4). Voilà qui nous contraint tous à l'humilité : qui de nous prétendra le connaître ? Notre connaissance, à la mesure de notre amour, n'est jamais que partielle, embryonnaire. Notre participation à l'Esprit de Dieu, n'est jamais que prémisse, que participation à une promesse.

C'est ainsi que, comme à des enfants, à chacun de nous s'adresse la promesse du Christ : « vous recevrez l'Esprit ». Comme les enfants, nous ne connaissons que partiel­lement, et c'est, seule, cette connaissance partielle, qui fonde notre espérance d'une plénitude toujours à venir, notre espérance de voir jaillir de nos cœurs les fleuves d'eau vive du Royaume éternel : « qui croit en moi, annonce Jésus, des fleuves d'eau vive jailliront de son sein » (Jn 7, 38). « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive » (Jn 7, 37).


RP, 17.05.2020
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Culte et prédication in extenso
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