lundi 24 octobre 2022

Genèse 34 / Dina, ses frères et Sichem




Genèse 34 / Dina, ses frères et Sichem / Châtellerault : 25 octobre / Poitiers 8 novembre 2022


Genèse 34
1 Dina, la fille que Léa avait donnée à Jacob, sortait pour retrouver les filles du pays. 2 Sichem, fils de Hamor le Hivvite, chef du pays, la vit, l’enleva, coucha avec elle et la viola. 3 Il s’attacha de tout son être à Dina, la fille de Jacob, il se prit d’amour pour la jeune fille et regagna sa confiance. 4 Sichem s’adressa à son père Hamor et lui dit : « Prends-moi cette enfant pour femme. » (TOB) — Voir la suite du ch. 34…


Manon Garcia, La conversation des sexes, philosophie du consentement, Climats Flammarion 2021, p. 74-75 : « Agir moralement implique ainsi deux devoirs différents : un devoir négatif de ne pas utiliser les autres comme des moyens et un devoir positif de les traiter comme des fins, c'est-à-dire de les reconnaître comme étant ce que Kant appelle des fins en soi [“Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais seulement comme un moyen." - Kant]. Dans le cadre d'une réflexion sur la sexualité, comme l'ont montré divers articles de philosophie féministe, ce devoir négatif peut être compris comme un devoir de ne pas traiter les autres seulement comme des objets servant à la satisfaction de notre désir ou de notre plaisir. […] l'aspect positif de la formule d'humanité demande non seulement d'agir en fonction de maximes que les autres peuvent partager, mais aussi selon des maximes dont le but est de poursuivre les fins des autres. La formule d'humanité requiert d'avoir pour les autres du respect et de l'amour. Il faut à la fois respecter leurs fins propres et les aimer pour les aider à poursuivre ces fins. Ce devoir positif est donc très exigeant [Suite…]

Vanessa Springora, Le Consentement, Grasset, 2020, p. 167 : « Une violence physique laisse un souvenir contre lequel se révolter. C’est atroce, mais solide. L'abus sexuel, au contraire, se présente de façon insidieuse et détournée, sans qu'on en ait clairement conscience. On ne parle d'ailleurs jamais d' "abus sexuel" entre adultes. D'abus de "faiblesse", oui, envers une personne âgée, par exemple, un personne dite vulnérable. La vulnérabilité, c'est précisément cet infime interstice par lequel des profils psychologiques tels que celui de G. peuvent s'immiscer. C'est l'élément qui rend la notion de consentement si tangente. Très souvent, dans les cas d'abus sexuels ou d'abus de faiblesse, on retrouve un même déni de la réalité : le refus de se considérer comme une victime. [Suite…]

Manon Garcia, op. cit, p. 106-107, citant Muriel Fabre-Magnan : « "Une vision bien éthérée de l'être humain, considéré comme omniscient et surtout transparent à lui-même, c'est-à-dire bien sûr sans inconscient" : le consentement, comme le principe d'autonomie de la volonté sur lequel il se fonde, implique un sujet rationnel, volontaire et non vulnérable, un sujet conscient à chaque instant de sa volonté et de ce qui la fonde. Or la psychanalyse, par exemple (mais plus largement les sciences sociales dans leur ensemble), met en doute la validité d'une telle représentation de la personne en agent libre, rationnel et volontaire. » [Suite…]

Cf. aussi…

PS : cf. Catharine A. MacKinnon, Le viol redéfini. Vers l'égalité, contre le consentement, éd. Climats, 2023. Extrait, p. 151 : "Dans la réalité sociale, creuset des significations, le sexe qui est vraiment désiré ou voulu ou bienvenu n'est pas qualifié de 'consenti'. Il n'a pas besoin de l'être ; sa mutualité y est partout inscrite dans l'enthousiasme et la réciprocité." [Suite…]


Roland Poupin, Étude biblique / catéchisme adultes 2022-2023

Violence et guerres : la Bible, l’Histoire et nous



Église protestante unie de France / 2022-2023
(Poitiers, 5 rue des Écossais / Châtellerault, 1 rue Adrienne Duchemin)
Poitiers : à 14h 30 et à 18h 30 le 2e mardi du mois (sauf décembre et février et/ou indications autres)
Châtellerault : à 17h 00 le 4e mardi du mois (sauf indications autres)
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samedi 22 octobre 2022

"Enseigne-nous à prier"




Emil Cioran, De l'Inconvénient d'être né :
« De quel droit vous mettez-vous à prier pour moi‭ ? Je n'ai pas besoin d'intercesseur, je me débrouillerai seul. De la part d'un misérable, j'accepterais peut-être, mais de personne d'autre, fût-ce d'un saint.‭ »

Charles Finney‭ :
«‭ Désirez-vous que nous priions pour vous‭ ? Non, car je vois que vos prières ne sont pas exaucées.‭ »

Albert Schweitzer‭ :
«‭ Lorsque nous pardonnons à nos ennemis, nous nous glorifions de notre grandeur d'âme‭ ; quand nous rendons service à celui qui a besoin de nous, nous admirons notre générosité.‭ » (Vivre, Albin Michel, 1995, p. 162)
«‭ Une chrétienté prêchant l'amour du prochain n'a pourtant pas protesté immédiatement contre l'esclavage, la torture, les procès en sorcellerie, toutes sortes d'atrocités qu'elle a non seulement cautionnées, mais commises. […] "Ce souvenir devrait […] défendre à jamais [le christianisme] de toute arrogance […]".‭ » (Laurent Gagnebin, Albert Schweitzer, DDB, 1999, p. 113 - cit. Schweitzer, Ma vie et ma pensée, Albin Michel, 1966, p. 261)
Schweitzer parle de faillite de la civilisation. « Quelle est la cause d'une telle situation ? Schweitzer ne se lasse pas de le démontrer et de le répéter : il s'agit d'un vide, d'un refus, d'une perte, d'une chute de… l'esprit. » (Gagnebin, op. cit., p. 70)

Marc 11, 24 :
«‭ Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir.‭ »

Jacques 4, 1-2 :
« ‭Vous […] avez des querelles et des luttes, et vous ne possédez pas, parce que vous ne demandez pas.‭ ‭Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions.‭‭ »

Calvin :
« les Psaumes du prophète David, comme l’écrivait Tertullien, [sont] plus sûrs que les improvisations. »

Luc 11, 1-4 :
‭« Jésus priait un jour en un certain lieu. Lorsqu’il eut achevé, un de ses disciples lui dit‭ : Seigneur, enseigne-nous à prier, comme Jean l’a enseigné à ses disciples.‭
‭Il leur dit : Quand vous priez, dites‭ : Père‭ ! Que ton nom soit sanctifié‭ ; que ton règne vienne.‭
‭Donne-nous chaque jour notre pain de ce jour‭ ;‭
‭pardonne-nous nos péchés, car nous aussi nous pardonnons à quiconque nous offense‭ ; et ne nous induis pas en tentation.‭‭ »

Matthieu 6, 6-13 :
Quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret‭ ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.‭
‭En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.‭
‭Ne leur ressemblez pas‭ ; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez.‭
‭Voici donc comment vous devez prier‭ : Notre Père qui es aux cieux‭ ! Que ton nom soit sanctifié‭ ;‭
‭que ton règne vienne‭ ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.‭
‭Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour‭ ;‭
‭pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ;‭
‭ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du malin. [Car c’est à toi qu’appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen‭ !‭]


R. Poupin, Poitiers, 22.10.22
Rencontre des cp / consistoire du Poitou — Église priante

mardi 13 septembre 2022

Genèse 3-6 / fratricide et corruption




Genèse 3-6 / fratricide et corruption (Gn 4 – Caïn et Abel) / Châtellerault : 20 septembre / Poitiers 11 octobre 2022


Hébreux 11, 4 : “‭C’est par la foi qu’Abel offrit à Dieu un sacrifice plus excellent que celui de Caïn ; c’est par elle qu’il fut déclaré juste, Dieu approuvant ses offrandes ; et c’est par elle qu’il parle encore, quoique mort.‭”

Philon d'Alexandrie Cinzia Arruzza : « [On trouve chez Philon d'Alexandrie] l'élaboration de la notion du péché de superbe [orgueil] en tant qu'amour de soi, opposé à l'amour de Dieu, par exemple dans De Sacrificiis Abelis et Caini, 52, 2-57 et dans Quod deterius potiori insidiari soleat, 32, 4-6, où le péché de superbe explique la conduite de Caïn. Celui-ci représente en fait l'amour de soi, la paresse et la négligence dans la reconnaissance envers Dieu : en remerciant Dieu pour les fruits de son travail seulement “après quelques jours” [v. 3] et non pas “tout de suite”, il refuse de reconnaître le rapport de dépendance qui le lie à Dieu, il ne reconnaît pas les fruits de son travail en tant que don du Créateur. Cette forme de superbe, qui, comme le refus de l'invitation au banquet de noces, consiste dans le fait de privilégier sa propre individualité et son autosuffisance par rapport à la dépendance envers le Créateur, peut être associée aussi à la nature de la chute des créatures rationnelles chez Origène. Pourtant, c'est dans la négligence qu'il faut chercher la source de cette superbe, qui en est de quelque façon l'effet. »
(Cinzia Arruzza, “Le refus du bonheur : négligence et chute dans la pensée d'Origène”, p. 268, in Revue de Théologie et de Philosophie, 141 (2009), p. 261-272)


René Girard

Dans Des choses cachées depuis la fondation du monde, René Girard révèle que son point d’arrivée, la lecture des textes bibliques, les premiers textes religieux où les victimes émissaires sont innocentées, est la source de la théorie mimétique. [...] il suffit de lire la Bible, livre plein de bruit et de fureur, où la violence est omniprésente, mais qui prend ses distances avec les sacrifices et, surtout, révèle le mécanisme du bouc émissaire.
Il suffit de comparer deux mythes semblables, celui du meurtre d’Abel par Caïn et celui de Remus par Romulus : dans les deux cas, le meurtre est « fondateur ». Dans le mythe romain, Remus est coupable, il est tué parce qu’il a été transgresseur en dépassant la limite inscrite par son frère sur le sol. [...] Dans la légende biblique, Dieu s’adresse à Caïn et l’accuse d’avoir tué Abel : « Le sang de ton frère crie du sol vers moi. » Le dieu ne naît donc pas ici du lynchage fondateur. A la différence du mythe, la Bible accuse la violence des hommes et révèle l'innocence de la victime.
[…] Le véritable sujet des mythes n’est pas un héros, mais des frères ennemis (la réciprocité violente des doubles) provoquant le phénomène du bouc émissaire, qui résout la crise. Or, la vérité biblique, en révélant l’innocence des victimes émissaires, dérègle le « mécanisme victimaire » et l’empêche de fonctionner. On ne peut avoir des « boucs émissaires » et s’en servir que si l’on ignore qu’on les a.


Marie Balmary

Extrait de : Marie Balmary, “La GPA devant la Bible”, in Martine Segalen, Nicole Athea, dir., Les marchés de la maternité, Odile Jacob 2021 :

Dans bien des traductions de la Bible [on lit] (Genèse 3, 16) : « Tu enfanteras dans la douleur ». Phrase lourde de conséquences pour d'innombrables générations de femmes. Un mot essentiel a tout simplement disparu dans plusieurs traductions tant juives que chrétiennes, et dans toutes les langues que j'ai pu examiner. D'autres versions ont du moins gardé le même nombre de mots : « Tu enfanteras dans la douleur des fils. » Même quand le mot « fils » n'a pas été purement et simplement supprimé, il n'est pas certain qu'il soit entendu à la hauteur de l'importance qu'il a ici. La phrase mérite qu'on s'y arrête. Elle apparaît comme une des conséquences de la transgression de l'interdit divin, au jardin d'Éden. […] Mot à mot, je lis dans le texte hébreu : Dans la peine et le chagrin, tu enfanteras des fils. La traduction « douleur » est contestable. Car le mot etsev (« chagrin », « peine ») et ses dérivés sont employés aussi pour l'homme. Il ne peut donc s'agir des souffrances de l'accouchement… [Suite…]
[…]
Et l'homme connut Ève sa femme ; et elle conçut, et enfanta Caïn ; et elle dit : J'ai acquis (qaniti) un homme avec l'Éternel (YHWH).
Pas besoin d'être psychanalyste pour entendre les erreurs d'Ève. Sa parole inverse la mise au monde, annule la naissance ; par la parole, elle reprend l'enfant en elle : « J'ai acquis un homme ». Pas un enfant, non : un homme. Pas avec le père de l'enfant - Adam n'est pas nommé -, mais avec Dieu. Le mot « fils » n'apparaît pas. L'enfant est inclus dans le verbe de sa mère à la première personne (qaniti, j'ai acquis »). Et cette possession est son nom même : Caïn (qayin). Comment pourrait-il un jour parler en son propre nom pour signer son offrande, par exemple, ce qu'effectivement il ne pourra faire ? Que fait Dieu dans la phrase d'Ève ? Il n'est pas le sujet d'un verbe, il n'est pas reconnu, il est utilisé. Il a servi à ce qu'elle forme/possède/acquière cet « homme ». Le seul sujet, c'est elle. Dieu : un donneur, un père porteur ?
[64] Le mot fils n'apparaît ni pour Caïn ni pour Abel. Qu'ils ne soient pas « fils » fera qu'ils ne pourront être frères. Ni filiation ni fraternité : reste un meurtrier et un mort. Chagrin. [Suite…]

(Marie Balmary, “La GPA devant la Bible” (extrait), in Les marchés de la maternité, p. 62-65) [Suite…]


Roland Poupin, Étude biblique / catéchisme adultes 2022-2023

Violence et guerres : la Bible, l’Histoire et nous



Église protestante unie de France / 2022-2023
(Poitiers, 5 rue des Écossais / Châtellerault, 1 rue Adrienne Duchemin)
Poitiers : à 14h 30 et à 18h 30 le 2e mardi du mois (sauf décembre et février et/ou indications autres)
Châtellerault : à 17h 00 le 4e mardi du mois (sauf indications autres)
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vendredi 5 août 2022

Malentendu universel




« Le monde ne marche que par le malentendu » (Baudelaire)
« Le mieux est peut-être de ne pas s'expliquer » (Cioran)

samedi 9 juillet 2022

Des portes de la mort...




1 Rois 22, 29-37
‭Le roi d’Israël [Achab] et Josaphat, roi de Juda, montèrent à Ramoth en Galaad.‭
‭Le roi d’Israël dit à Josaphat : Je veux me déguiser pour aller au combat ; mais toi, revêts-toi de tes habits. Et le roi d’Israël se déguisa, et alla au combat.‭
‭Le roi de Syrie avait donné cet ordre aux trente-deux chefs de ses chars : Vous n’attaquerez ni petits ni grands, mais vous attaquerez seulement le roi d’Israël.‭
‭Quand les chefs des chars aperçurent Josaphat, ils dirent : Certainement, c’est le roi d’Israël. Et ils s’approchèrent de lui pour l’attaquer. Josaphat poussa un cri.‭
‭Les chefs des chars, voyant que ce n’était pas le roi d’Israël, s’éloignèrent de lui.‭
‭Alors un homme tira de son arc au hasard, et frappa le roi d’Israël au défaut de la cuirasse. Le roi dit à celui qui dirigeait son char : Tourne, et fais-moi sortir du champ de bataille, car je suis blessé.‭
‭Le combat devint acharné ce jour-là. Le roi fut retenu dans son char en face des Syriens, et il mourut le soir. Le sang de la blessure coula dans l’intérieur du char.‭
‭Au coucher du soleil, on cria par tout le camp : Chacun à sa ville et chacun dans son pays !‭
‭Ainsi mourut le roi, qui fut ramené à Samarie ; et on enterra le roi à Samarie.‭

Auparavant…

1 Rois 22, 19-23 & 28
‭Michée [avait] dit : Écoute donc la parole de l'Éternel ! J’ai vu l'Éternel assis sur son trône, et toute l’armée des cieux se tenant auprès de lui, à sa droite et à sa gauche.‭
‭Et l'Éternel dit : Qui séduira Achab, pour qu’il monte à Ramoth en Galaad et qu’il y périsse ? Ils répondirent l’un d’une manière, l’autre d’une autre.‭
‭Et un esprit vint se présenter devant l'Éternel, et dit : Moi, je le séduirai.‭
‭L’Éternel lui dit : Comment ?‭ Je sortirai, répondit-il, et je serai un esprit de mensonge dans la bouche de tous ses prophètes. L’Éternel dit : Tu le séduiras, et tu en viendras à bout ; sors, et fais ainsi !‭
‭Et maintenant, voici, l’Éternel a mis un esprit de mensonge dans la bouche de tous tes prophètes qui sont là. Et l'Éternel a prononcé du mal contre toi.‭ […]
‭Et Michée dit : Si tu reviens en paix, l'Éternel n’a point parlé par moi. Il dit encore : Vous tous, peuples, entendez !‭

Farid ud-Dîn Attar - 1140-1230 -, Ce soir à Samarcande :
Il y avait une fois, dans Bagdad, un Calife et son Vizir. Un jour, le Vizir arriva devant le Calife, pâle et tremblant :
« Pardonne mon épouvante, Lumière des Croyants, mais devant le Palais une femme m’a heurté dans la foule. Je me suis retourné : et cette femme au teint pâle, aux cheveux sombres, à la gorge voilée par une écharpe rouge était la Mort. En me voyant, elle a fait un geste vers moi. Puisque la mort me cherche ici, Seigneur, permets-moi de fuir me cacher loin d’ici, à Samarcande. En me hâtant, j’y serai avant ce soir. »
Sur quoi il s’éloigna au grand galop de son cheval et disparut dans un nuage de poussière vers Samarcande. Le Calife sortit alors de son Palais et lui aussi rencontra la Mort. Il lui demanda :
« Pourquoi avoir effrayé mon Vizir qui est jeune et bien-portant ? »
- Et la Mort répondit :
« Je n’ai pas voulu l’effrayer, mais en le voyant dans Bagdad, j’ai eu un geste de surprise, car je l’attends ce soir à Samarcande. »

Ésaïe 38, 1-6
‭En ce temps-là, Ézéchias fut malade à la mort. Le prophète Ésaïe, fils d’Amots, vint auprès de lui, et lui dit : Ainsi parle l'Éternel : Donne tes ordres à ta maison, car tu vas mourir, et tu ne vivras plus.‭
‭Ézéchias tourna son visage contre le mur, et fit cette prière à l'Éternel :‭
‭Ô Éternel ! souviens-toi que j’ai marché devant ta face avec fidélité et intégrité de cœur, et que j’ai fait ce qui est bien à tes yeux ! Et Ézéchias répandit d’abondantes larmes.‭
‭Puis la parole de l'Éternel fut adressée à Ésaïe, en ces mots :‭
‭Va, et dis à Ézéchias : Ainsi parle l'Éternel, le Dieu de David, ton père : J’ai entendu ta prière, j’ai vu tes larmes. Voici, j’ajouterai à tes jours quinze années.‭

Luc 22, 42
« Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne.‭ »

RP, Méditation cp Châtellerault, 9.07.2022

samedi 7 mai 2022

Cantique des Cantiques



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Chapitre 1


(1) Cantique des Cantiques qui est pour Salomon
שִׁיר הַשִּׁירִים, אֲשֶׁר לִשְׁלֹמֹה


[La Shoulamite]

(2) Il m'embrassera des baisers de sa bouche...


Car ta tendresse est meilleure que le vin !

(3) Pour le parfum d'excellence de tes onctions
répandant ton Nom sur le "oui" des jeunes filles qui t'aiment,

(4) enlève-moi auprès de toi, courons.


(Le roi m’ayant emmenée dans ses appartements.)


Nous nous égayerons et nous réjouirons en toi ;
nous nous souviendrons de ta tendresse plus que du vin.
Il est juste que l'on t'aime.



(5) Noire je suis, et belle, filles de Jérusalem,
comme les tentes de Kédar, comme les tentures de Salomon.

(6) Ne pensez pas que je sois sombre, c'est le soleil qui m’a regardée.


Les fils de ma mère, irrités contre moi, m'ont fait travailler dans leurs vignes.
Ma vigne à moi je ne pouvais pas m'en occuper !


(7) Dis-moi, toi qu’aime mon âme,
où tu pais ton troupeau, où tu le fais reposer à midi ;
car pourquoi serais-je voilée
auprès des troupeaux de tes compagnons ?


(8) Si tu ne le sais pas, toi la plus belle des femmes,
suis les traces des troupeaux,
et mène paître tes chevreaux près des cabanes de bergers.


*


(9) ‭Ô mon amie, pouliche des chars de Pharaon,

(10) ‭La beauté de tes joues entre les pendentifs,
Ton cou en ses colliers de perles !

(11) ‭Nous te ferons des colliers d’or, Avec des points d’argent. —‭


(12) (‭Tandis que le roi est dans son entourage,)


*



Mon nard exhale son parfum.‭

(12) ‭Mon bien-aimé est un bouquet de myrrhe,
Qui repose entre mes seins.‭

(12) ‭Mon bien-aimé est une grappe de troëne
Des vignes d’En-Guédi. —‭


(15) ‭Que tu es belle, mon amie, que tu es belle !
Tes yeux sont des colombes. —‭


(16) ‭Que tu es beau, mon bien-aimé, que tu es plaisant !
Notre lit, c’est la verdure. —‭

(17) ‭Les poutres de nos maisons sont des cèdres,
Nos lambris sont des cyprès. —




Chapitre 2


(1) Je suis un narcisse de Saron, Un lys des vallées. —‭


‭(2) Comme un lys au milieu des épines, Telle est mon amie parmi les jeunes filles. —‭


(3) ‭Comme un pommier au milieu des arbres de la forêt,
Tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes.
J’ai désiré m’asseoir à son ombre,
Et son fruit est doux à mon goût.‭

(4) ‭Il m’a fait entrer dans la maison du vin ;
Et la bannière qu’il déploie sur moi, c’est l’amour.‭

‭(5) Soutenez-moi avec des gâteaux de raisins,
Fortifiez-moi avec des pommes ;
Car je suis malade d’amour.‭

(6) ‭Que sa main gauche soit sous ma tête,
Et que sa droite m’embrasse ! —‭


*


[Aux filles de Jérusalem]

(7) Je vous en conjure, filles de Jérusalem,
Par les gazelles et les biches des champs,
Ne réveillez pas, ne réveillez pas l’amour, Avant son bon vouloir. —‭


*


[La Shoulamite]

(8) C’est la voix de mon bien-aimé !
Le voici, il vient, Sautant sur les montagnes,
Bondissant sur les collines.‭

(9) ‭Mon bien-aimé est semblable à la gazelle Ou au faon des biches.
Le voici, il est derrière notre mur,
Il regarde par la fenêtre, Il regarde par le treillis.‭

(10) ‭Mon bien-aimé parle et me dit :


Lève-toi, mon amie, ma belle, et va pour toi !‭

(11) ‭Car voici, l’hiver est passé ; La pluie a cessé, elle s’en est allée.‭

(12) Les fleurs paraissent sur la terre, Le temps de chanter est arrivé, Et la voix de la tourterelle se fait entendre dans nos campagnes.‭

(13) Le figuier embaume ses fruits,
Et les vignes en fleur exhalent leur parfum.
Lève-toi, mon amie, ma belle, et va pour toi !‭

(14) Ma colombe, qui te tiens dans les fentes du rocher,
Qui te caches dans les parois escarpées,
Fais-moi voir ton visage, Fais-moi entendre ta voix ;
Car ta voix est douceur, ton visage est harmonie.‭


*


(15) ‭Prenez-nous les renards, Les petits renards qui ravagent les vignes ;
Car nos vignes sont en fleur.‭


*


[La Shoulamite]

(16) Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui ;
Il paît parmi les lys.‭

(17) ‭Avant que le jour se rafraîchisse, et que les ombres fuient,
Retourne !… sois semblable, mon bien-aimé,
A la gazelle ou au faon des biches,
sur les montagnes qui nous séparent.




Chapitre 3 ‭


(1) Sur ma couche, pendant les nuits,
J’ai cherché celui que mon cœur aime ;
Je l’ai cherché, et je ne l’ai point trouvé…‭

(2) ‭Je me lèverai, et je ferai le tour de la ville,
Dans les rues et sur les places ;
Je chercherai celui que mon cœur aime…
Je l’ai cherché, et je ne l’ai point trouvé.‭

(3) ‭Les gardes qui font la ronde dans la ville m’ont rencontrée :
Avez-vous vu celui que mon cœur aime ?‭

‭(4) A peine les avais-je passés, Que j’ai trouvé celui que mon cœur aime ;
Je l’ai saisi, et je ne le lâcherai point
Jusqu’à ce que je l’aie amené dans la maison de ma mère,
Dans la chambre de celle qui m’a conçue. — ‭


*


[Aux filles de Jérusalem]‭

‭(5) Je vous en conjure, filles de Jérusalem, Par les gazelles et les biches des champs, Ne réveillez pas, ne réveillez pas l’amour, Avant son bon vouloir. —‭


*


[Les filles de Jérusalem]

(6) ‭Qui est celle qui monte du désert, Comme des colonnes de fumée,
Au milieu des vapeurs de myrrhe, d’encens,
de tous les aromates des marchands ? —‭


(7) ‭Voici la litière de Salomon,
Et autour d’elle soixante vaillants hommes, Des plus vaillants d’Israël.‭

(8) ‭Tous sont armés de l’épée, Sont exercés au combat ;
Chacun porte l’épée sur sa hanche, En vue des alarmes nocturnes.‭

(9) ‭Le roi Salomon s’est fait une litière De bois du Liban.‭

(10) ‭Il en a fait les colonnes d’argent,
Le dossier d’or, Le siège de pourpre ;
Au milieu est une broderie, œuvre d’amour Des filles de Jérusalem.‭

‭(11) Sortez, filles de Sion, regardez Le roi Salomon,
Avec la couronne dont sa mère l’a couronné
Le jour de ses fiançailles, Le jour de la joie de son cœur. —



Chapitre 4 ‭


 

(1) Que tu es belle, mon amie, que tu es belle !
Tes yeux sont des colombes, Derrière ton voile.
Tes cheveux, un troupeau de chèvres,
Suspendues aux flancs de la montagne de Galaad.‭

(2) ‭L'éclat de ton sourire, un troupeau de brebis, 
remontant de l’abreuvoir ;
Toutes portent des jumeaux, Aucune n’est stérile.‭

‭(3) Tes lèvres, un fil cramoisi, ta bouche est harmonie ;
Ta joue, une moitié de grenade, Derrière ton voile.‭

(4) ‭Ton cou est comme la tour de David, Bâtie pour être un arsenal ;
Mille boucliers y sont suspendus, Tous les boucliers des héros.‭

‭(5) Tes deux seins sont deux faons,
jumeaux d’une gazelle, Qui paissent au milieu des lys.‭
‭Avant que le jour se rafraîchisse, Et que les ombres fuient,
J’irai à la montagne de la myrrhe, à la colline de l’encens.‭

‭(7) Ma toute belle, mon amie, Et il n’y a point en toi de défaut.‭

(8) ‭Viens avec moi du Liban, ma fiancée, Viens avec moi du Liban !
Regarde du sommet de l’Amana, Du sommet du Senir et de l’Hermon, Des tanières des lions, Des montagnes des léopards.‭

‭(9) Tu me ravis le cœur, ma sœur, ma fiancée,
Tu me ravis le cœur par chacun de tes regards,
Par chaque collier de ton cou.‭ ‭


‭(10) Que de charmes dans ta tendresse, ma sœur, ma fiancée !
Ta tendresse vaut mieux que le vin,
Tes parfums sont plus suaves que tous les aromates !‭

‭(11) Tes lèvres distillent le miel, ma fiancée ;
Il y a sous ta langue du miel et du lait,
La senteur de tes vêtements est comme celle du Liban.‭

(12) ‭Tu es un jardin fermé, ma sœur, ma fiancée,
Une source fermée, une fontaine scellée.‭

(12) ‭Tes effluves, un paradis de grenades,
les fruits les plus excellents, Les troënes et le nard ;‭

(12) ‭Le nard et le safran, le roseau aromatique et le cinnamome,
tous les arbres à encens ;
La myrrhe et l’aloès, les meilleurs aromates.


*


[La Shoulamite]

(15) ‭C'est une fontaine des jardins, 

 Une source d’eaux vives, Des ruisseaux du Liban.‭


(16) Lève-toi, Boréas ! viens, Notos, brise du Midi !
Soufflant sur mon jardin, et que les parfums s’en exhalent ! —
Que mon bien-aimé entre dans son jardin,
Et qu’il mange de ses fruits excellents ! —

‭



Chapitre 5 ‭


(1) J’entre dans mon jardin, ma sœur, ma fiancée ;
Je cueille ma myrrhe avec mes aromates,
Je mange le rayon de douceur de mon miel,
Je bois mon vin avec mon lait… —
Mangez, amis, buvez, enivrez-vous de tendresse ! —‭


(2) ‭Je dors, mais mon cœur veille…
C’est la voix de mon bien-aimé, qui frappe :
— Ouvre-moi, ma sœur, mon amie, Ma colombe, ma parfaite !
Car ma tête est couverte de rosée,
Mes boucles sont pleines des gouttes de la nuit. 

‭(3) J’ai ôté ma tunique ; comment la remettrais-je ?
J’ai lavé mes pieds ; comment les salirais-je ?‭ —‭


(4) ‭Mon bien-aimé a passé la main dans la fente,
Et mes entrailles se sont émues pour lui.‭

(5) ‭Je me suis réveillée pour ouvrir pour mon bien-aimé ;
mes mains ruisselant de myrrhe,
mes doigts répandant la myrrhe
Sur le loquet du verrou.‭


‭(6) Je me suis ouverte pour mon bien-aimé ;
Et mon bien-aimé s’en était allé, il avait disparu,
Mon âme sortie de moi à sa parole.
Je l’ai cherché, et je ne l’ai point trouvé ;
Je l’ai appelé, et il ne m’a point répondu.‭


‭(7) Les gardes qui font la ronde dans la ville m’ont rencontrée ;
Ils m’ont frappée, ils m’ont blessée ;
Ils m’ont enlevé mon voile, les gardes des murs.‭


*



[Aux filles de Jérusalem]

(8) ‭Je vous en conjure, filles de Jérusalem,
Si vous trouvez mon bien-aimé,
Que lui direz-vous ?… Que je suis malade d’amour. —‭


*


[Les filles de Jérusalem]

(9) ‭Qu’a ton bien-aimé de plus qu’un autre, Ô la plus belle des femmes ?
Qu’a ton bien-aimé de plus qu’un autre,
Pour que tu nous conjures ainsi ? —


*


[La Shoulamite]

‭(10) Mon bien-aimé est transparent et vermeil ; Il se distingue entre dix mille.‭

‭(11) Sa tête est de l’or pur ;
Ses boucles sont flottantes, Noires comme le corbeau.‭

‭(12) Ses yeux sont comme des colombes au bord des ruisseaux,
Se baignant dans le lait, Reposant au sein de l’abondance.‭

‭(12) Ses joues sont comme un parterre d’aromates, Une couche de plantes odorantes ; Ses lèvres sont des lys, D’où découle la myrrhe.‭

(12) ‭Ses mains sont des sphères d’or, Garnies de chrysolithes ;
Son corps est de l’ivoire poli, Couvert de saphirs ;‭

(15) ‭Ses jambes sont des colonnes de marbre blanc,
Posées sur des bases d’or pur.
Son aspect est comme le Liban, Distingué comme les cèdres.‭

(16) ‭Sa saveur n’est que douceur,
Et toute sa personne est pleine de charme.
Tel est mon bien-aimé, tel est mon ami, Filles de Jérusalem ! —


*


Chapitre 6

(1) ‭Où est allé ton bien-aimé, Ô la plus belle des femmes         
        De quel côté ton bien-aimé s’est-il dirigé ?
        
        Nous le chercherons avec toi.‭


‭(2) Mon bien-aimé est descendu à son jardin, Au parterre d’aromates,
Pour paître dans les jardins, Et pour cueillir des lys.‭

(3) ‭Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi ;
Il paît parmi les lys. —‭


*



‭(4) Tu es belle, mon amie, comme Thirtsa,
harmonieuse comme Jérusalem,
Mais terrible comme des troupes sous leurs bannières.‭

‭(5) Détourne de moi tes yeux, car ils me troublent.
Tes cheveux, un troupeau de chèvres,
Suspendues aux flancs de Galaad.‭

(6) ‭L'éclat de ton sourire, un troupeau de brebis,
remontant de l’abreuvoir ;
Toutes portent des jumeaux, Aucune n’est stérile.‭

‭(7) Ta joue, une moitié de grenade, Derrière ton voile…‭


‭(8) Il y a soixante reines, quatre-vingts concubines,
Et des jeunes filles sans nombre.‭

(9) ‭Une seule est ma colombe, ma parfaite ;
Elle est l’unique de sa mère,
La préférée de celle qui lui donna le jour.
Les jeunes filles la voient, et la disent heureuse ;
Les reines et les concubines aussi, et elles la louent. —‭


(10) ‭Qui est celle qui apparaît comme l’aurore,
Belle comme la lune, pure comme le soleil,
Mais terrible comme des troupes sous leurs bannières ? —‭


*


[La Shoulamite]

(11) ‭Je suis descendue au jardin des noyers,
pour voir la verdure de la vallée,
Pour voir si la vigne pousse, si les grenadiers fleurissent.‭

‭(12) Je ne sais, mais mon âme m’a rendue semblable aux chars d’Aminadab. —‭


*


Chapitre 7

(1) Tourne-toi, tourne-toi, Shoulamite !
        Tourne-toi, laisse-toi contempler !
        Laisse-toi contempler, royale Shoulamite,
        rythmant en contredanse
(2) la beauté de tes pas en chausses de princesse !


*


Aux courbes de tes cuisses
est un joyau façonné au doigté d'un orfèvre —

(3) c'est au bas de ton ventre
une coupe en croissant de lune
où le vin parfumé ne saurait pas manquer !

— ton ventre, un mont de blé que parsèment des lys…  

(4) Tes seins sont deux faons, jumeaux d’une gazelle,

(5) et le port de ton cou, une tour en ivoire !

Tes yeux, aussi profonds que les lacs de Heshbon, portes de Bath-Rabbim, luisent en ton visage, une tour du Liban qui guette vers Damas.

(6) Couronne de ta tête — altière : un mont Carmel ! —, tes nattes empourprées ont capturé un roi, enchaîné à leurs flots !


(7) Splendeur, ma toute belle, mon amour, mes délices !

(8) Dressée comme un palmier ! tes seins en sont les fruits.

(9) J'ai rêvé 
        mes mains remontant le palmier pour en saisir les fruits,
        tes seins, "ces grappes de ma vigne" ;
        le parfum de tes effluves, leur arôme de pommes
(10) m'enivrant de ta saveur comme du meilleur vin...


*


[La Shoulamite / la Pacifiée]

... Il se répand pour mon bien-aimé,
coulant suavement entre nos lèvres ensommeillées.


(11) Je suis à mon bien-aimé et c'est moi qu'il désire.


(12) Viens, mon bien-aimé, sortons,
allons passer la nuit dans les fleurs de henné.

(13) Au petit matin nous irons dans les vignes,
voir si le fruit bourgeonne, si la fleur s'ouvre,
si les grenadiers fleurissent.
Là je te donnerai ma tendresse.

(14) Les pommes d'amour libèrent leur senteur.
À notre porte sont tant de fruits exquis, des nouveaux, des anciens !
Mon bien-aimé, je les ai réservés pour toi.




Chapitre 8 ‭

(1) Oh ! Que n’es-tu mon frère, Allaité des seins de ma mère !

Je te rencontrerais dehors, je t’embrasserais,
Et l’on ne me mépriserait pas.‭

‭(2) Je veux te conduire, t’amener à la maison de ma mère ;
Tu me donneras tes instructions,
Et je te ferai boire du vin parfumé,
Du moût de mes grenades.‭

‭(3) Que sa main gauche soit sous ma tête,
Et que sa droite m’embrasse ! —‭


*


‭ [Aux filles de Jérusalem]‭

(4) Je vous en conjure, filles de Jérusalem,
Ne réveillez pas, ne réveillez pas l’amour, Avant son bon vouloir. —‭


*


‭(5) Qui est celle qui monte du désert, Appuyée sur son bien-aimé ? —
Je t’ai réveillée sous le pommier ;
Là ta mère t’a enfantée,
C’est là qu’elle t’a enfantée, qu’elle t’a donné le jour. —‭


*


[La Shoulamite]

(6) ‭Mets-moi comme un sceau sur ton cœur,
Comme un sceau sur ton bras ; 

          Car l’amour est fort comme la mort,
La passion est inflexible comme le séjour des morts ;
Ses ardeurs sont des ardeurs de feu, Une flamme de l’Éternel.‭

‭(7) Les grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour,
Et les fleuves ne le submergeraient pas ;


Quand un homme offrirait tous les biens de sa maison contre l’amour,
Il ne s’attirerait que le mépris.‭


(8) ‭Nous avons une petite sœur, Qui n’a point encore de seins ;
Que ferons-nous de notre sœur, Le jour où on la recherchera ?‭

(9) ‭Si elle est un mur, Nous bâtirons sur elle des créneaux d’argent ;
Si elle est une porte, Nous la fermerons avec une planche de cèdre. —‭

‭(10) Je suis un mur, Et mes seins sont comme des tours ;
J’ai été à ses yeux comme celle qui trouve la paix [pacifiée — Shoulamite].‭


(11) ‭Salomon avait une vigne à Baal-Hamon ;
Il remit la vigne à des gardiens ;
Chacun apportait pour son fruit mille sicles d’argent.‭


(12) ‭Ma vigne, qui est à moi, je la garde.


A toi, Salomon, les mille,
Et deux cents à ceux qui gardent le fruit ! —‭


‭(12) Habitante des jardins ! Des amis prêtent l’oreille à ta voix. Daigne me la faire entendre ! —‭


(12) ‭Fuis, mon bien-aimé !
Sois semblable à la gazelle ou au faon des biches,
Sur les montagnes des aromates !



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Traduction revue RP